CSV

CSV, les témoignages des utilisateurs…

Après deux ans d’expérimentation de la Cartographie Systémiques des Vigilances, avec les voyageurs qui m’ont accompagné dans cette recherche-action, leurs mots expriment le sens profond de cette CSV. Voici leurs témoignages sans filtre, qui seront ultérieurement analysés, pour un prochain article.

Didier, 1ère expérience du Gribouillon en 2020, Beaufortain en 2022

En suivant le lien, j’arrive sur la page de la dernière représentation de la CSV. L’emplacement du croquis est au centre, entouré et en interaction avec tout ce qui va influencer et construire notre projet de randonnée. On est loin des premiers gribouillons  que Paulo nous faisait élaborer avec Jean Paul il y a deux ans entre le refuge du Pic du Mas de la Grave et le refuge du Goléon. J’avais beaucoup apprécié les modifications qui s’opèrent en nous lorsque par le biais  du dessin, on tente une représentation vivante de l’itinéraire. Le dessin traduit directement ce que l’on ressent.  Trait appuyé lorsque l’on est sur, léger , hésitant à certains endroits, preuve qu’il va falloir être vigilant ou prendre une décision, en pointillé car on sent le danger.

Il y a plusieurs façons de dessiner le schéma. On peut faire le dessin (itinéraire/relief) au fur et à mesure,  du début en allant vers la fin de l’itinéraire. À l’inverse, je préfère projeter sur le papier ( à coup de hachures, croix, petits points) la morphologie du terrain qui nous intéresse ( falaises, rochers, forêts) et avoir une vue globale , pour ensuite effectuer le tracé au crayon, en fonction du débat que nous avons eu entre nous (météo, durée,  pente à 30 vues sur IphiGéNie,  regards sur le paysage  etc. ..) Avec les couleurs, on termine de donner les ambiances que l’on va vivre, en mode détendu ou vigilant. En fait, on fait déjà en accéléré le parcours, et « un homme averti en vaut deux » dit le dicton.

La transformation qui s’opère en nous ( le néophyte) c’est que l’on prend conscience de la morphologie et que grâce au dessin le relief est gravé en nous. C’est incroyable comme le fait d’avoir déjà réalisé par la représentation physique et mentale le trajet avec ses interrogations nous aide une fois sur le terrain. On est toujours un peu  surpris de ce que l’on découvre, on fait appel à la mémoire,  on valide le schéma qui reste gravé en nous et on le corrige. C’est presque un jeu.

Après le passage de la brèche dans le brouillard, le rognon apparait sur la droite : mais oui c’est bien ça. Dans le Beaufortin, longeant cette falaise qui disparaît dans la forêt, je devine où est le passage puisque je l’ai pratiqué mentalement.

Le gribouillon, le schéma qui synthétise les éléments essentiels de notre progression par le dessin se grave en nous et nous fait prendre conscience des moments clés que nous allons vivre ensemble.

Alors oui, le dessin, schématique , ludique, pédagogique, préalable à nos futures randonnées fera partie de nos prochaines sorties…

Mag, GTA 2021 & 2022

C’est quoi pour moi la CVS ?

La CSV, c’est pour moi l’outil presque idéal.

Pourquoi presque ?

Parce que je suis très mauvaise en outils informatiques, et que je les utilise mal. C’est pour moi un double effort que d’utiliser Iphigénie via mon smartphone : avant tout parce que je viens en montagne pour rêvasser en contemplant des paysages merveilleux, pas pour retourner systématiquement vers mon téléphone qui me rappelle tous ces écrans que j’utilise tous les jours au travail (pour moi, les vacances, c’est grand air et pas d’écran !), ensuite parce qu’Iphigénie n’est pas très intuitif et me demande un gros effort intellectuel pour savoir l’utiliser de façon très basique (et des coups de main des copains).

Pourquoi Idéal ?

1/ CVS vecteur de mémorisation : parce que préparer un itinéraire nécessite de superposer plusieurs paramètres complexes (topo, nivo, glacio…) qu’il m’est très difficile de mémoriser sans passer par l’écrit. Ce « gribouillon » me permet de mieux visualiser et mémoriser l’étape de la journée. 

2/ CVS vecteur de méthodologie : parce que la superposition des étapes de la CVS permet justement d’envisager tous ces paramètres complexes à prendre en compte (BERA, topo, nivo…) sans en omettre.

3/ CVS vecteur de montée en compétence, par le partage et le collectif : toutes les réflexions sont mises en commun, on apprend énormément des idées, apports, et même bourdes des autres avec qui on construit la CVS du lendemain. Impossible de ne pas progresser dans ces conditions !

Quelle est mon utilisation de la CVS ? 

En haute montagne comme en montagne (herbe à vache !), sans Paulo, je pratique une simili CVS (= un CVS très simplifié). Je n’ai pas forcément les stabilos, mais je prends le temps de bien consulter le BERA, et je fais un petit croquis carto mettant notamment en avant les zones de vigilance. Ma principale difficulté est que je n’ai pas de compétence en nivologie, donc je ne me sens pas du tout autonome sans guide, et ma CVS est très incomplète. Dans ce cas, je fais des sorties très faciles, avec des amis plus compétents. La logique « faire une CVS avant une sortie » me semble intégrée, sa réplicabilité dans toute sa complexité est pour moi encore difficilement accessible, c’est donc une CVS simplifiée. 

Je précise que l’élaboration de la CVS est un moment énergivore pour moi, puisque je dois travailler sur des compétences que je maîtrise mal et qui me demande un vrai effort intellectuel (surtout après une grosse journée d’efforts). Je précise aussi que ça peut être pour moi un petit moment d’appréhension car je sens bien que sur certains sujets je « patine » un peu par manque de compétence. Mais l’apport de la CVS est bien supérieur à ces contraintes.

Véro, GTA 2022

Pour moi c’est très utile car :

  1. je peux calibrer ma journée (surtout côté nourriture et effort…) voir même le raid, car à Bonneval on a commencé à faire une csv moins complète mais de l’ensemble du séjour. (Ce qui me permet de gérer l’effort sur 12 jours).
  2.  j’apprécie mieux ma journée car je sais ce qui m’attend. Ex la montée à Valsorey j’ai galèré en bas mais dans ma tête je savais que je devais garder de l’énergie pour la fin. Et j’ai même apprécié cette dernière montée…
  3. je prends conscience des dangers de la montagne et sur quel terrain je vais évoluer.

Pour moi, c’est parfois long le temps que l’on consacre à la csv car cela me demande de la concentration. Heureusement à la cabane de Valsorey, Paulo a fait cela rapidement sans que nous intervenions car perso j’étais crevée.

Et la deuxième semaine c’était le top car comme nous arrivions plus tôt au refuge on pouvait se reposer, avoir un moment pour soit et du coup j’étais plus réceptive a nos échanges quand on faisait la csv ( même si dans les moments de pause je lisais, regardais la montagne et que je préparais même la journée du lendemain…)

Je pense qu’il faut garder en mémoire cette gestion du temps sur un long raid même si ce n est pas facile sur le terrain.

Pour les glaciers ce n’est pas encore très claire pour moi. Quand nous faisons la csv toutes les vigilances se mélangent et je ne m’en sort pas trop sur ton dessin.

J’ai une petite suggestion que j’avais utilisé sur mes dessins à partir des vignettes.

C’est de rajouter une couleur (le bleu) qui nous montre quand nous sommes sur le glacier. Et de rajouter +si nous sommes en mode Détendu ++ en mode Méfiant et +++ en mode Alerté. Ainsi on voit bien la différence entre la nivo, la carto et le glacier.

Bien sur que je vais utiliser la csv, et je crois même que je vais l’utiliser avec mon filleul quand nous allons nous promener dans les Fagnes (en Belgique).

Jean-Michel, GTA 2022

« En ce qui concerne la CSV, je souhaite effectivement me l’accaparer et la partager avec « mon groupe » de randonneurs / montagnards. La méthode offre la possibilité de Faire, de Partager et de Confronter.

Faire, car cette méthode conduit à illustrer, identifier les différentes vigilances. Celà permet d’intégrer davantage les points remarquables d’un itinéraire, risque carto, risque nivologique, de préparer le sac à dos … De ce fait, elle facilite une plus grande mémorisation de l’itinéraire qui ne se résume plus à un « simple itinéraire » mais à un exercice de mémorisation, plus poussé, des caractéristiques du terrain fréquenté et son corollaire de gestion « évènementiel »  de la sortie.

L’usage systématique des fonds de carte avec les pentes à 30° est un plus que je n’avais pas, jusqu’alors, identifié, considérant que ma lecture des courbes de niveaux suffisait à évaluer la meilleure Itinérance. La lecture terrain est plus approfondie voir même facilitée.

Briefing et débriefing, si j’ai goûté avec toi leurs intérêts. Ces étapes sont des moments de partage de construction indispensables. Certains moments, ils m’ont paru un peu long… »

Dom, acteur de la CSV depuis son origine, Refuge du PMG 2022, GTA 2019/2021/2022

C’est clairement pour moi le moyen de construire ensemble le projet, d’augmenter mes compétences et la sécurité de tous. J’adhère complètement à la démarche. Ceci dit la mise en œuvre n’est pas si simple :

  • C’est un travail d’analyse carto, de mise à l’épreuve de ses connaissances et de partage avec d’autres personnes. On peut en connaître certaines mais pas forcément et se « livrer » à cet exercice avec d’autres, demande un temps d’apprentissage de l’outil lui même et de construction d’une certaine confiance entre les membres du groupe. Ça ne se décrète pas, ça se construit plus ou moins vite. 
  • La CSV demande un minimum d’énergie disponible. Après une grande journée en montagne, j’ai aussi besoin d’un temps perso. Si on arrive tard ce qui a été parfois le cas pendant la GTA de cette année, je suis plus spectateur de la préparation que véritablement impliqué. Je crois que parfois c’est possible de ne pas la faire. Si le groupe est épuisé, le niveau d’implication sera minimum et donc on perd le sens premier de la démarche.
  • Le passage à l’écrit, au dessin est une autre histoire. Cette année je n’ai pas pris le crayon ou les stabilos une seule fois ! Je ne sais pas trop pourquoi.

Peut-être le plus difficile reste le débriefing. Que s’autorise-t-on à dire à ce moment là de nos questionnements et multiples états affectifs ?

La vision de ma journée de ski est radicalement différente lorsqu’il y a eu une CSV. J’ai prévu dans mes projets de randonnée/alpinisme avec mes amis de la mettre en œuvre.

CSV RETEX

Au refuge de Chanrion, durant le débriefing de notre journée Valsorey/Plateau du couloir/Chanrion. Un RETEX positif de cette journée est également en ligne sur les facteurs humains et le débriefing. Qu’en pensez-vous ?

Basile & Fanny, Beaufortain 2022, mais aussi Chamonix-Zermatt en été 2021.

J’ai eu la chance de « partir sur des bases saines », en découvrant la CSV alors même que je débutais le ski de randonnée. J’ai donc tout de suite acquis des automatismes, dont le plus évident me semble être le recours constant (avant/pendant/après la course) à Iphigénie et à l’identification des pentes à 30°.  

Cela m’a semblé si évident que j’ai été surpris en skiant plus tard avec des amis de découvrir que même s’ils utilisaient Iphigénie, ils n’avaient pas connaissance de cette couche faisant figurer les pentes. Je ne sais d’ailleurs pas si, malgré leur expérience pratique, ils avaient connaissance de ce seuil « critique » des 30° à partir desquels apparaît le risque avalanche. 

Plus généralement, j’apprécie particulièrement le fait que chaque participant puisse être au courant de l’itinéraire avant la course, des points de passage nécessitant une attention particulière, et je note qu’on intègre vraiment mieux ces éléments par l’acte de dessiner, donc faites-le ! On se pose nécessairement moins de questions si on ne fait que regarder rapidement la carte en s’imaginant le tracé avant (voire pendant, en « impro ») la course. C’est vrai au niveau individuel, mais aussi et surtout au niveau collectif : en se pliant à l’exercice, on « se » pose les questions, mais surtout on les pose à haute voix ! C’est important, parce que cela permet : 

  • d’apprendre des réponses des autres participants des choses qu’on n’aurait pas forcément pensé ou osé demander en dehors de cette préparation dédiée ; 
  • de faire vivre l’intelligence collective du groupe : chacun de son côté, on n’aurait pas forcément identifié tel danger ou telle pente plus intéressante à skier. On peut donc imaginer un itinéraire bis, un objectif bonus si les conditions sont réunies ou au contraire une remise en question de la pertinence de la sortie… Il me semble alors important de mettre en place un cadre bienveillant dans lequel on ose faire part de ses doutes. Et c’est forcément plus facile la veille autour d’une table qu’au départ au moment de chausser ! 
  • Une difficulté que j’ai notée : une fois en dehors du groupe avec lequel j’ai appris cette pratique, quand l’on se met à skier avec des amis, qui ont dans mon cas plus d’années d’expérience du ski de randonnée, il est difficile de mettre en place cette méthode, qui demande forcément de passer un minimum de temps ensemble en amont. On a vite fait de se mettre d’accord au téléphone la veille sur le sommet visé, puis de se retrouver au parking… J’imagine que ce serait plus facile à formaliser si j’étais naturellement leader parmi les pratiquants avec qui je skie, mais ce n’est aujourd’hui pas mon cas, tant par ma petite expérience que par la moindre connaissance du massif où je skie. Selon les personnes avec qui l’on skie, on peut s’inhiber, craindre de passer pour le « cafiste » qui en fait un peu trop ou qui n’est pas rassuré, voire n’a pas confiance dans ses partenaires. Gageons que cela viendra avec le temps. Je reste persuadé que même en version « dégradée », pas aussi formalisée, on gagne à passer 5 ou 10 minutes à discuter ensemble des objectifs, de l’itinéraire et des conditions du jour.

J’ai aussi posé la question à Fanny, pour qui l’utilisation de cette méthode permet :

  • De mettre tout le monde autour de la table et de donner à chacun le même niveau de connaissance
  • En découpant par morceau l’itinéraire cela permet de se préparer psychologiquement aux parties qui peuvent être plus difficiles et de les appréhender avec plus de sérénité
  • De ne rien oublier par rapport aux risques possibles et ainsi de les limiter au maximum
  • De limiter le facteur humain !!

Fanny insiste elle aussi sur le fait qu’elle aimerait avoir plus de leadership pour l’utiliser plus tard, ça et le check des DVA : « finalement même si on est des débutants en ski de rando, cela ne doit pas être une excuse pour se passer d’une bonne méthode et d’un bon partage des données de la sortie. »

Christine, Beaufortain 2022, mais aussi Haut Tour des Écrins en été 2021.

J’en ai bien compris l’intérêt. Pour que cela marche bien, il faut vraiment aller au bout, c’est à dire ne pas rester spectateur, examiner avec précision la carte puis s’engager  dans le schéma ou le gribouillon. C’est l’étape difficile pour moi qui rechigne à dessiner. Cela permet de visualiser la sortie du lendemain, de bien en comprendre les étapes ( par exemple pour une longue sortie, découper la sortie en étapes, savoir quand les efforts seront à fournir, savoir gérer ses forces du moment, garder de l’énergie pour la descente, etc…)

Peut-être aussi cela permet de ne pas se laisser tenter par des passages ou descentes qui nous attirent « à l’oeil »  mais qui peuvent présenter des dangers.

Bien sûr, IphiGéNie nous permet de savoir exactement où l’on est et si l’on a respecté la route prévue. Le seul souci est de s’obliger à sortir le téléphone relativement souvent. Ce qui peut rendre la montée ou la descente moins fluide. 

Guy M., traversée Goléon /Pic du Mas de La Grave 2022

Préparation :  Pour moi, cette méthode reflète parfaitement ta démarche participative du « Faire ensemble », elle permet aux différents participants, quelque soit le niveau, de prendre part au projet, à la course, de découvrir au travers du « gribouillon » tous les paramètres nécessaires pour sa bonne conduite en toute sécurité (Itinéraire, BERA, météo, matériel, horaires, etc…) et ainsi de gérer et appréhender dans les meilleures conditions le projet, l’itinéraire. Elle permet de figer sur le papier tous ces paramètres au travers de mots, de schémas, de dessin…un p’tit dessin parfois vaut mieux qu’un grand discours!!… Certes, cette préparation demande pour chaque participant de l’attention, une implication personnelle, mais permet au final de créer une cohésion de groupe, ainsi qu’une entraide  réciproque en fonction des connaissances et compétences de chacun.

Application :  L’utilisation et connaissance de l’application IphiGénie n’est, pour moi, pas très intuitive et  conviviale, mais l’utilisation des fonds de cartes avec les pentes à 30° est plus aisée que la lecture de courbes de niveau sur la carte « papier », surtout sur le terrain, à condition de bien charger son « portable »!!. Les WP permettent de valider l’itinéraire, le dénivelé, les points de passage.

Débriefing : Au retour, le débriefing est certainement le plus fastidieux, mais à l’apéro autour d’une bière, il est important d’échanger, de comparer, de partager le ressenti de chacun, noter les + et – de la journée…C’est un moment important…! 

Conclusion : Lorsque je pars avec des copains en ski de rando, une préparation « sommaire » est faite entre nous, autour d’une carte, mais pas dans ce niveau de détail et de préparation, ni même de formalisation sur un « gribouillon »…J’en ai discuté à mon retour avec 2 copains, et j’envisage de leur proposer pour l’hiver prochain, à voir aussi pour l’appliquer différemment sur des projets en été…

CSV témoignages
Dans le Vallon de la Buffe. La neige est belle... !

Guy C., Goléon 2021, perf 2022 au refuge du Pic du Mas de La Grave

J’ai découvert la CSV pour la première fois en 2021 au cours d’une semaine de perfectionnement au ski de randonnée.  Nous avons préparé, mes compagnons et moi, guidés par Paulo, toutes nos sorties grâce à ce nouvel « outil ».

Une année plus tard, j’ai souhaité approfondir mes connaissances. Je suis donc naturellement reparti une nouvelle semaine avec Paulo. Là encore, nous avons mis en pratique la CVS pour chacune de nos sorties.

Ce que j’en retiens, c’est qu’il s’agit d’un outil simple, complet et terriblement efficace. Il ritualise désormais la préparation de mes sorties : de l’analyse du BERA à l’itinéraire complet sur Iphigénie en passant par le « gribouillon ». Ce dernier me permet de coucher sur le papier mon itinéraire, ses points de vigilance et de décision. Je peux ainsi le partager avec mes amis de façon à ce qu’eux aussi soient parties prenantes.  Iphigénie, quant à lui, ne me quitte plus. La visualisation des pentes de plus de 30° est activée, les épingles sont judicieusement placées et tous les points de décision sont clairement identifiés.

Grâce à la CSV, je suis désormais en mode détendu 95% du temps !

Philippe, Emparis 2022

D’abord un élément de curiosité mais surtout des fondements pédagogiques sérieux et une mise en perspective de la sociologie du groupe et du rapport à l’expertise

La csv en premier remet l’expert au niveau des autres en lui demandant d’objectiver l analyse du projet / de la course. En faire qq chose de concret l obligeant à décrire ce qui est envisagé et donner des éléments clairs : topos/ nivologie / météo / état du groupe / timing. Cela donne beaucoup de transparence sur les compétences du « leader » et les choix ou alternatives envisages

Pour les membres du groupe cela oblige à contribuer, à se former, à comprendre et à expliciter / dire ce dont on a envie ce dont on a besoin nos capacités du moment.

Je dirai que c’est un outil de convergence ou le LEADER mets ses compétences et ses éléments de choix à disposition des autres et pour les membres une obligation de faire monter leur compétences mêmes si leurs contributions sont minimes.  C’est un excellent outil pour tous les publics autonomes ou débutants chacun y mets ou y trouve des éléments pour progresser 

Je pourrai écrire des heures sur le sujet et au passage, et j’ai beaucoup aimé la roue de Demming !!! 

Philippe, Emparis 2022 & Chamoissière 2022

J’ai découvert la CSV voila 2 ans. 

J’ai pris beaucoup d’intérêt à cet outil parce que collaboratif ; l’invitation à la réflexion et aux suggestions est facilitée grâce aux différents items de la CSV. La CSV c’est aussi le débriefing journalier, moment propice pour échanger et faire part de ses ressentis, de son vécu. Cette démarche associée à une application telle que hiPhiGénie permet à chaque participant de prendre sa part en tant qu’acteur de la sortie. Du coup, notre attention envers les autres participants est plus en éveil, pétrie d’une plus grande empathie qui peut aller des encouragements au délestage d’un sac trop lourd. Ça m’a également invité à développer ma connaissance de la nivologie.

Ma pratique s’en trouve enrichie et surement plus sécure

Mag, Chamoissière 2022

CSV. Ou Cartographie Systémique des Vigilances. Ou gribouillon, en langage un peu moins formel mais finalement assez imagé … J’aime mieux quand c’est pas trop formel !

En pratique, j’y vois un moyen facile, concret et lisible par tous, de schématiser un itinéraire en montagne et la prise de risque qui lui est associée. Un outil inclusif de réflexion collective, facilitant la communication et les échanges d’expériences. Ne nécessitant qu’un stylo, quelques surligneurs, et une feuille de papier. Que demander de plus ? Bon d’accord, la météo du jour et un outil carte disponible pour tous (normal non ?), un peu de temps avant et après (5 à 10 minutes si on est efficace: ça va !), de la communication (la base quoi !), et un poil de motivation (trop facile !).

Pour moi, c’est une chouette façon de désacraliser le rôle du leader, d’ouvrir la porte au partage des compétences, et donc de progresser et s’autonomiser en douceur sur terrain engagé ! Parce que c’est à mon sens beaucoup plus gratifiant et constructif quand on comprend ce qui est décidé et fait, quel que soit le rôle initial dans le groupe ! 

A utiliser sans modération ?! Pour ma part dès que possible en montagne pour sûr: alpi, randonnée à ski ou pas à ski, escalade … Mais peut-être également à garder en permanence dans un coin de ma tête, même lorsque je reviens dans un environnement un peu plus plat, parce que finalement, le quotidien peut aussi être un itinéraire engagé, non ? 

Maurice, Chamoissière 2022

Pour la cartographie systémique des vigilances en ski de rando : je trouve utile d’ anticiper l’itinéraire et de tenir compte des différents paramètres: relief, nivologie, météo, visibilité, participants.

C’est d ‘autant plus nécessaire que les itinéraires prévus ne sont pas les itinéraires « classiques » et indiqués par un tracé bleu sur IGN. L’utilisation d’IphiGeNie et le Lead alterné pour faire la trace responsabilisent et forment les participants.

 Voici des suggestions pour améliorer l’efficacité de la CSV:

  • Plutôt qu’une feuille blanche, utiliser des photocopies de ton « croquis carto modes de vigilance points de décision » avec les cases à remplir ensemble.
  • S’efforcer que les participants soient tous du même côté de la feuille à remplir.
  • Il me semble qu’il manque une dimension naturaliste voire écologique des points de vigilances: faune, flore, géologie… où pourrait être indiqué par exemple la limite supérieure des arbres, les oiseaux ou mammifères, des traces de l’activité humaine que l’on est susceptible de découvrir…

Le déplacement en montagne ne serait-il seulement qu’une épreuve physique à plusieurs, en bonne intelligence, dans de beaux paysages?

Pierre, guide

Je me permets ce retour sur la CSV après avoir testé le concept sur quelques sorties avec mes clients. Et je suis un convaincu du « faire ensemble ».

Je me suis inspiré de tes travaux et j’ai mis au point ma propre csv. Ne me sentant pas d’animer une préparation de course avec tes compétences, j’ai « mâché » un peu le travail à mes clients en leur proposant un guide plus directif et un exemplaire du BERA perso de l’ANENA. Je te joins un exemplaire de mes essais de csv.

Mon premier constat c’est qu’avec certains clients je n’ai eu aucune écoute pour ce genre de travail (les « anciens » en général), « nous on préfère suivre sans réfléchir c’est toi le guide ».  Mais en général le travail est bien fait et cela m’a amené à gérer mes sorties plus sereinement et peut-être plus en accord avec ce qu’attendaient mes clients.

En tout cas, je débute dans cette démarche avec la seule prétention d’être plus performant, sécurit et serein. 

CSV exemple
L'exemple d'une CSV personnalisée. Tout est possible ! L'important étant de produire un document réalisé avec le groupe.

Maxime, WE ANENA « Comprendre la trace en ski de randonnée »

Pendant la formation, certains éclaircissements sur ma pratique ont pu être apportés. 

La formation. La réunion des conditions favorisant les avalanches, l’évolution du flocon de neige au cours des changements météo en particulier m’ont permis d’appréhender plus sereinement mes sorties suivantes, mais avec une dose de réflexion supplémentaire.

La Carto des vigilances était un aspect très intéressant. En permettant au groupe de poser la sortie « à plat » en amont, en réfléchissant collectivement sur les difficultés éventuelles de la sortie, le groupe s’améliore, la sécurité aussi.

C’est difficile à mettre en place dans mon groupe de partenaires, car cela bouscule des habitudes bien en place. Dans notre secteur (Annecy et ses alentours), nous fonctionnons beaucoup « à l’habitude », certaines courses sont presque des réflexes tellement elles ont été faites et donc la CSV tourne vite à un « ce sera bon là-haut, t’en fais pas, je connais ».

La CSV fut en revanche bien utile lors d’un raid en Belledonne, où aucun des membres du groupe n’avait mis les skis dans le secteur. Même un court temps de discussion permet d’organiser les choses et d’anticiper les difficultés.

Personnellement, j’ai été convaincu de l’utilité du partage des connaissances au sein du groupe, du besoin de planifier ensemble le projet en amont.

Gaël, le Tour de la Meije "revisité"

Nous avons utilisé la CSV avec Paulo lors du Tour de la Grande Ruine (initialement de la Tour de la Meije), raid sur 4 jours. Retour d’expérience en 2 temps :

Le premier à titre personnel : Je trouve cette approche/usage très intéressante car la CSV permet de formaliser et de centraliser les différents éléments/indicateurs disponibles pour préparer une course. Mettre par écrit permet de prendre plus son temps dans la préparation, de mieux « se projeter » sur un terrain inconnu, et de mieux mémoriser les passages alerte/détente. Meilleure décomposition de la sortie, et des hypothèses de ce qu’on va rencontrer. En résumé : la CSV et les 4 jours ont été un grand enrichissement, à nous de les faire fructifier. 

A titre de groupe : Que du bon, on partage et on se projette ensemble, timing, organisation, craintes, risques, solutions. Et c’est vrai que c’est idéal sur un raid, on prend le temps, on débrief la journée et on prépare la suivante…

Est-ce que je compte l’utiliser à titre personnel ? Oui, pour le coup le terme Gribouillon me sera plus approprié vu mes talents de dessinateur ^^

1 réflexion sur “CSV, les témoignages des utilisateurs…”

  1. Ping : CSV, un RETEX sur les facteurs humains.

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