le Grand Tour des Écrins par les glaciers

Le Grand Tour des Écrins par les glaciers

Le Tour des Écrins est l’un des plus prestigieux GR de France.
Avec l’impulsion du Parc National des Écrins, une grande campagne de valorisation de cet itinéraire est en cours sous l’appellation « Grand Tour des Écrins ».

le grand tour des écrins

Comme pour le Tour du Mont Blanc que nous avons parcouru ensemble, j’aimerais promouvoir un « nouveau » Tour des Ecrins, une itinérance au long cours qui rendrait une visite de courtoisie aux glaciers des Écrins et aux recoins les plus cachés du massif.
Embarquement imminent pour un très long voyage !

le grand tour des écrins

Un « nouveau » Grand Tour des Écrins
par les glaciers…

Je rêve d’un itinéraire original qui s’écarterait du tracé du GR® 54 pour s’approcher au plus près des glaciers en des détours particulièrement intéressants pour le randonneur montagnard.
Et, je voudrais valoriser une pratique singulière, un entre-deux un peu mystérieux, un peu compliqué aussi ou hasardeux. Entre la randonnée ++, souvent hors sentier et avec des passages escarpés (que l’on pourrait aussi appeler crapahuter) et l’alpinisme facile nécessitant peu de matériel (à part piolet, crampons et la corde bien-sûr). ne pas oublier, une bonne aisance en terrain à chamois et sur la neige.
Forcément, l’influence de Pascal Sombardier est bien présente dans cette envie d’une pratique « différente » de la randonnée. J’adore les « Sombarderies », tellement inspirantes et surprenantes… Et la première étape commence d’ailleurs par « la Vire à La Pierre »

Avec ce Grand Tour des Écrins par les glaciers, nous sommes aussi dans la continuité de notre ouvrage « Alpes Secrètes » aux Éditions Glénat, avec Gérard Guerrier.
D’ailleurs, Il a signé le chapitre sur le versant Nord de la Meije, « du refuge du Promontoire au refuge de l’Aigle » qui sera aussi notre dernier itinéraire de ce GTE par les glaciers !

Alpes secrètes
Une belle histoire à poursuivre…

Pourtant, je ne pense pas que les instances officielle de notre Parc National des Écrins voient ce style de pratique avec bienveillance. Eux, qui comme en Vanoise, préfèrent « parquer » tous les randonneurs sur le même grand sentier et réduire discrètement (mais le plus possible) la dispersion de l’Homo Sapiens montagnard dans la zone centrale du parc.

J’espère juste me tromper… Et je vous invite à lire cet article sur le Pas La Rosse

Pour moi, cet alpinisme (dit facile) reste une belle manière de découvrir la richesse et la sauvageté (la Wilderness) des Écrins. Découvrir et apprendre à vivre cette Wilderness de manière respectueuse et discrète me semble un moyen pédagogique fort pour une prise de conscience de la fragilité et de la nécessité de protection de notre environnement naturel…, dans nos choix  personnels et nos gestes du quotidien.

Les glaciers sont d’ailleurs un marqueur particulièrement sensible de l’évolution du climat. Les voir directement, concrètement disparaitre, saison après saison, ne peut pas laisser indifférents les montagnards qui les fréquentent avec attention et constance.

le tour des écrins
Le Glacier et le Glacier Noir, coeur du massif.
C’est l’objectif de la saison 2 du Grand Tour des Écrins par les glaciers.

Le Grand Tour des Écrins par les glaciers
Période et Itinéraires.

La période idéale pour découvrir les glaciers des Écrins est bien sûr le début de la saison d’été et même l’avant-saison, avec le mois de juin et le début du mois de juillet.
Ce qui nécessite une modification de nos habitudes et une réorganisation de nos temps libre dédiés à la montagne. Ce décalage de nos temps de pratique est une manière de mieux vivre le réchauffement climatique pour valoriser les meilleurs périodes d’enneigement.

Car la neige reste l’élément indispensable pour parcourir dans de bonnes conditions de plaisir et de sécurité cet entre-deux de l’étage alpin.

Parcourir la montagne en juin est également une belle manière d’honorer l’effort des gardiens de refuge qui débutent leur estive dès que possible.
Valoriser les nombreux refuges du massif est un bel enjeux de ce Grand Tour des Écrins par les glaciers, car ils ont chacun leur caractère particulier, leur histoire et une équipe d’accueil singulière où la personnalité du gardien (ou de la gardienne) à une grande place.

la revue Alpe

Les refuges font  définitivement partie du territoire de la montagne et un superbe numéro de la revue « L’Alpe » vient de leur être dédié, une lecture passionnante pour s’imprégner de la dimension culturelle de la montagne.
Je pense également à notre chapitre sur le Pelvoux et les ingénieurs géodésistes dans « Alpes Secrètes » à défaut d’avoir abordé le sujet brulant des Vaudois en Val Losia. Mais nous y reviendrons pour la saison 3 de ce Grand Tour des Écrins. Promis…

le refuge de l'Aigle
Jef, gardien du Refuge de l’Aigle.
Un Haut Lieu du massif que je visite régulièrement, à pied ou à ski.
coolidge

Le personnage de Coolidge est également un très beau fil directeur de cette déambulation entre Dauphiné, Oisans et Écrins… Une petite fenêtre sur l’histoire et l’invention de l’alpinisme au début du siècle précédent. Une manière aussi d’inviter les écrits de Gilles Modica sur ce grand bonhomme qui a quasi tout inventé par chez nous !

le grand tour des écrins par les glaciers
Et tout là-haut, le glacier des Violettes. Savez-vous à qui ont doit ce nom ?

Le Grand Tour des Écrins par les glaciers.
Un crapahuté inspirant et techniquement engagé…

Le Tour des Écrins par les glaciers est avant tout de l’alpinisme facile, accessible à des randonneurs-montagnards en bonne forme physique. 
Il nous faudra également un matériel adapté (et une page du site reprendra ce sujet), mais surtout avec les connaissances techniques indispensable à connaitre et à mettre en oeuvre. Des connaissances et « savoir-faire » qui ne seront pas compliqués à acquérir en chemin, surtout dans le cadre de ce « faire ensemble en alpinisme » qui me va si bien. Et surtout avec des petites cordées de deux évoluant en réversible.
Chaque séjour sera donc aussi un temps de formation, d’initiation à l’alpinisme dans un niveau T4 et F à PD.

Voici une page qui décrit le fonctionnement de ce « faire ensemble en alpinisme » et qu’il nous faudra aussi compléter au fil des saisons.

Il nous faudra être capable de nous adapter aux conditions de neige qui peuvent (qui changeront…) très rapidement en fonction de l’isotherme zéro du jour (ou plutôt de la nuit !). Les nouvelles petites raquettes Snowplak développées par J.M. Frénée & Sébastien Escande seront certainement d’une belle utilité.

Un outil certainement indispensable en ce début d’été.

Taille du groupe et fonctionnement.
C’est l’un des éléments clefs de la qualité de notre voyage en altitude. Trois petites cordées de deux personnes seraient l’idéal. Soit un groupe de 6 personnes, avec moi.
Pas besoin de compétences alpinistiques particulières. Il suffit d’avoir une bonne forme physique et surtout d’avoir envie d’apprendre et de s’engager vraiment.

Au fil des ans, les différentes saisons que je vais proposer, comme autant d’étapes pour boucler ce Tour des Écrins par les glaciers, ne sont surtout pas un « produit d’agence » classique ou formaté. Au contraire, il s’agit bien d’un projet à vivre ensemble et à co-construire ensemble. Chacun est donc impliqué dans le bon déroulement de notre histoire en prenant exemple sur mon fonctionnement actuel en ski de randonnée. 

le tour des écrins
En montant au refuge de l’Aigle, il faut rejoindre le haut du glacier du Tabuchet.

Tour des Écrins par les glaciers
Cartes, topo et itinéraires

Comme en hiver, IphiGéNie nous accompagnera forcément pour faciliter nos déplacements.
Le livre de Sebastien Constant « Voies normales et classiques des Écrins »  est un outil indispensable à notre progression. Et j’en profite ici pour féliciter le Seb de ce travail de documentation d’une grande qualité. C’est un travail colossal et une belle énergie de partage.

le topo des écrins

Le projet du Parc National des Écrins

Le programme « Grandes Itinérances Alpines dans les Écrins » a pour objectif de faire connaître et valoriser les patrimoines naturels, culturels et paysagers du massif des Écrins, en proposant une offre qualifiée d’itinérance au travers de plusieurs pratiques et pour différentes publics francophones et anglophones. Il fait suite au programme « Grand Tour des Ecrins » porté par le Parc National des Ecrins et cofinancé par l’Europe et l’État de 2015 à 2017. Il se déroulera de 2019 à 2021, portera également la marque « Grand Tour des Ecrins » et sera cofinancé par l’Europe, l’Etat et la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. 

Il va poursuivre le travail de qualification de l’itinérance à l’échelle du massif pour consolider l’existant et mettre en place de nouveaux séjours. La valorisation et la structuration d’itinérances inédites au travers de nouvelles pratiques, telles que l’alpinisme (!!! ?), activité identitaire du massif, fait partie des grandes nouveautés de ce nouveau programme !

Un Grand Tour des Ecrins à VTT est aussi en ligne de mire. Il proposera un séjour ceinturant le massif dans l’aire d’adhésion du Parc national et offrira un parcours de villages en vallées sur des sentiers d’exception.

La recherche d’une offre d’itinérance toujours plus pertinente en lien avec les tendances actuelles et s’appuyant sur des outils actuels et performants est un des facteurs de réussite de ce nouveau projet, au même titre que la forte concertation avec les territoires et l’ensemble des acteurs concernés.

Le déploiement de ce programme est effectué sous couvert d’un comité de pilotage associant des services de l’État, des Régions, des Départements, les filières de randonnées et d’hébergements. Les actions de structuration de séjours itinérants sont réalisées en lien étroit avec les Espaces Valléens (Communautés de communes et leur offices de tourisme) et les socioprofessionnels (hébergeurs, agences, accompagnateurs, taxis…).

Quatre axes de travail permettront de mettre en place ces nouvelles itinérances :

  • Accompagnement de la qualification des itinérances sur les balcons des Ecrins et développement d’offres en alpinisme
  • Innovations digitales au service de l’itinérance
  • Accroître la notoriété des itinéraires/séjours du massif et sensibiliser les clientèles
  • Travaux sur sentiers

le GR 54
Roger Canac, l’un des « inventeurs » du Tour des Écrins, le futur GR® 54.
Crédit : Grand Tour des Écrins
le tour des écrins

La naissance d’un itinéraire de légende…

Un sentier « rêvé » par Roger Canac, guide de haute montagne et instituteur écrivain : « on faisait déjà le Tour du Mont-Blanc… Alors pourquoi pas le Tour du massif des Ecrins ? « 
Pendant l’hiver 1962 – 1963, quelques copains s’organisent avec les moyens du bord pour définir un tracé sur une carte puis un itinéraire praticable : contact de connaissances dans les différentes vallées, recherche d’un lieu pour dormir à chaque étape (refuge en montagne, « grand-dortoir »…).
Au printemps 1964, l’itinéraire est agréé officiellement sous le titre « GR® 54 ». A cette époque, certains cols, comme celui de l’Aup Martin, n’avaient pas été pratiqués depuis plusieurs décennies. Les premiers randonneurs ont eu le sentiment d’être de véritables pionniers ! Ils empruntent en réalité des cheminements très anciens qui permettaient aux habitants des vallées voisines de communiquer entre-eux, à pied, avec éventuellement des bêtes de somme et au plus court par les cols.

A l’époque, on parlait déjà de créer un parc national des Écrins… Il verra le jour 10 ans plus tard, mais il bénéficie déjà alors d’une ossature de sentiers pour permettre la découverte des vallées et sommets prestigieux du massif.

Une itinérance aux multiples possibilités

Le GR® 54 fait partie de la trilogie des sentiers de grandes randonnées des Alpes françaises (avec le Mont Blanc et la Vanoise).  Mais c’est sans doute le plus sauvage de tous, et le plus difficile : 184 kilomètres à parcourir, 14 cols et plus de 12 800 mètres de dénivelé. 
Un périple à travers des hameaux d’alpages, de profondes vallées et des cols alpestres élevés, sous les yeux d’une faune emblématique discrète mais bien présente.

Le GR® 54 au départ du Bourg d’Oisans
Ce parcours très sportif débute par des mains courantes permettant d’atteindre des hameaux accrochés à flanc de montagne. Ce parcours au dénivelé impressionnant permettra aux plus aguérris de partir sur les traces des pionniers des Ecrins, découvrant ainsi les alpages les plus reculés, les hauts lacs glacières, les torrents de l’Onde.

Le GR® 54 au départ de l’Argentière-la-Bessée.
Plus long de 2 jours que le GR® 54 au départ du Bourg d’Oisans, cet itinéraire commence en douceur le long du torrent de l’Onde jusqu’au pied du col de La Pousterle. Il rejoint le GR® 54 au départ du Bourg d’Oisans, par le Pas de la Cavale en direction du sauvage Champsaur. Sur le retour, les itinéraires se séparent à nouveau au niveau de la Vallouise. La dernière étape se veut douce pour atterrir, après le col de La Pousterle laissé deux semaines plus tôt, à l’Argentière-les-Ecrins.

le GR54

La réglementation
du Parc National des Écrins

Le cœur du parc national est un territoire naturel, ouvert à tous, mais soumis à une réglementation qu’il est nécessaire de connaître pour préparer son séjour :

le grand tour des écrins
  • Pas de chien, même tenu en laisse : pour la tranquillité des animaux sauvages et domestiques
  • Les exceptions concernent les chiens de travail (chien d’avalanche, de conduite et de défense des troupeaux, chien d’aveugle) dans le cadre de leur activité.
  • Ni cueillette, ni prélèvement : animaux, plantes, minéraux et fossiles appartiennent au paysage
  • Les activités traditionnelles perdurent : pâturage, fauche des prairies, cueillette de quelques plantes et fruits à usage familial.
  • Pas de chasse : ici tous les animaux sont protégés
  • Pas de déchet : pour conserver la nature propre
  • Redescendez les détritus dans la vallée qui est équipée pour les traiter ou les recycler
  • Pas de feu : pour éviter incendies et dégradations du sol
  • Ni bruit, ni dérangement : pour la quiétude de tous
  • Pas de camping : pour préserver la beauté des sites
  • Le bivouac est autorisé de 19 h à 9 h à plus d’1 heure de marche des accès routiers et des limites
  • Pas de véhicule : cet espace se découvre à pied, la circulation est interdite en dehors des voies autorisées
  • Pas de VTT : cet espace se découvre à pied
  • Pas de survol motorisé : il est interdit à moins de 1 000 m du sol
  • Le vol libre et le vol à voile font l’objet d’une réglementation spécifique
  • Ne pas couper les lacets des sentiers : en certains endroits sensibles, des arrêtés précisent l’interdiction de sortir des sentiers.
    C’est une bonne pratique générale pour éviter les dégradations et l’érosion du sol.

Les limites du cœur du parc national sont matérialisées par les drapeaux bleu-blanc-rouge peints sur des rochers.


Concrètement…

Notre point de départ pour la première saison en ce début d’été 2020 sera le Nord du massif des Écrins et le village de La Grave, avant-poste des Escartons. 

  • Nous partirons  du hameau des Hières, donc directement de la maison à pied pour rejoindre le refuge du Goléon, puis le col du Lautaret avec son Jardin Alpin et la Maison du Parc pour, par le sentiers des crevasses, rejoindre les glaciers et les sommets des sources de la Romanche, l’une des 5 rivières qui constituent les 5 vallées de l’Oisans.
  • Pour la saison 2, il s’agira de partir de la haute Romanche pour traverser en Valouise et s’immerger dans l’univers du Glacier Blanc puis du Glacier Noir. L’occasion de gravir peut être, le Dôme de Neige des Écrins à plus de 4000 m.
  • La saison 3 débutera par le Pas La Rosse et nous entrainera entre le Pelvoux, le refuge des Bans et le Valgaudemar. Avec des noms aux sonorités bien étranges comme le Pas des Aupillous, le Jocelme ou le Sirac.

Et puis…, forcément nous continuerons notre itinérance dans des vallées encore plus sauvages et méconnus. Mais c’est là une autre histoire !
Et un jour, la boucle sera bouclée.
Le Grand Tour des Écrins par les glaciers sera terminé par une dernière montée au Refuge de l’Aigle par le Tabuchet, le sentier des anciens.

Champagne !!!


Retrouvez toutes les prochaines saisons du Grand Tour des Écrins par les glaciers :

Paulo-bien sagement à la maison
Le 22 mars 2020

2 réflexions sur “Le Grand Tour des Écrins par les glaciers”

  1. Jean Paul Charpentier

    Merci Paulo pour cette nouvelle proposition si inspirante d’une approche différente de la montagne qu’on aime…
    Que de bons souvenirs de ce « Pas la Rosse » partagé !
    Étant plus sensible à ce massif des Écrins que celui du Mont Blanc, depuis très longtemps je rêvais d’une itinérance plus haute et plus alpinistique que le vénérable GR 54 avec des heures passées sur la carte pour imaginer des itinéraires possibles.
    J’attends les dates pour voir si ça colle avec mon programme estival
    à bientôt.
    Patience
    Jean Paul

  2. Merci de cette description. ça ce sont des saisons que j’aime ! Effectivement, j’ai souvent eu envie de taper un peu plus dans le dur, en étant en route sur le GR54. Je reste aux aguets.

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