Voyages et expéditions au Népal… Le dernier des Mammouths ?

Être le dernier des mammouths, c’est un peu la même chose que d’être le dernier des dinosaures, cela exprime  la même réalité. 

La fin annoncée d’une période « débridée », celle des voyages et des expéditions. 

Une transition est forcément nécessaire…

La conférence-débat avec Jean-Marc Jancovici, le vendredi 04 décembre, organisée par la commission Environnement du SNGM « L’avenir du métier de guide dans le contexte du changement climatique et de l’imbrication de crises (sanitaires, économiques et écologiques) », a bien posé le sujet. Avec des questions précises :

 

  • Comment réduire mon empreinte carbone annuelle et participer (même modestement) à une réduction des émissions de gaz à effet de serre ?
  • Est-il encore judicieux que j’organise autant de voyages, d’expéditions, au Népal ou ailleurs ?

Pour les prochaines années et pour mon activité de guide, j’avais plusieurs solutions :

  • faire comme si de rien n’était et continuer mes voyages sur le même rythme
  • tout arrêter, car nous courons déjà à la catastrophe
  • diminuer progressivement mon activité en s’adaptant au réalité du moment, car la suite sera forcément difficile pour tous, si rien n’est fait individuellement

La nécessité d’une adaptation de mon métier de guide est devenue pour moi indispensable. Elle va se conjuguer de différentes manières.

Changer mes pratiques de guide.

  • J’avais déjà renoncé à des projets Norvège en ski de randonnée qui étaient en préparation. 
  • J’ai maintenant décidé d’annuler le projet « Léopard des neiges »  pour réduire mes expéditions pour 2021. 
  • L’objectif est de passer de 5 expés par an à 3, puis à une seule dans quelques années
  • Mon activité au Népal va donc se poursuivre, mais en diminuant, pour continuer la formation des guides népalais de l’agence Himalayan Travellers.
  • Suite au COVID, j’avais enclenché une forme de re-localisation sur le territoire de La Grave, avec des séjours d’initiation et de perf à la maison et le raid du Goléon. Ou encore le nouveau projet d’alpinisme en hiver, la raquette alpine. 
  • Le projet du Haut Tour des Écrins dès la mi-juin est un exemple concret d’une adaptation aux changements d’enneigement.
  • Plus largement, je voudrais, en hiver et en été, valoriser le co-voiturage et les transports en commun, en adaptant les séjours proposés à une mobilité douce (et non pas l’inverse). C’est pas vraiment simple…

Donner plus de sens à mes activités en montagne.

Paulo-entre ville et montagne en ce début décembre 2020 confiné. Et plutôt confiant, content de cette décision…

2 réflexions sur “Voyages et expéditions au Népal… Le dernier des Mammouths ?”

  1. Bonjour Paulo
    Excellentes publications ces dernières semaines !!
    L’article sur le Gribouillon ouvre de belles perspectives d’expérimentation…

    Cet article ci dessus me laisse dans une problématique contradictoire que je suis incapable de résoudre …

    Tous les arguments pour réduire notre frénésie de voyages et d’expés … oui ! bien sûr, je les partage ! c’est clair et la conférence de JM Jancovici est implacable sur le sujet …

    Et pourtant, je vois un autre aspect qui n’est nulle part abordé…

    Le Népal ! Le Népal économique de ces 30 ou 40 dernières années s’est (modestement) construit sur le tourisme et sur les treks !
    Si nous n’allons plus au Népal, quel avenir pour les agences, sierdars, guides touristiques, porteurs, muletiers, cuisiniers, gérants de lodges, taxis, compagnie aérienne locale, restaurateurs, hôteliers, commerçants… et j’en oublie…

    Ils nous attendent avec impatience et la période « covid » a remis ce pays dans l’extrême précarité…
    Le jeune « sierdar » de mon dernier trek m’écrivait : « ici, ce n’est pas la covid qui tue, c’est la misère… Il n’y a plus de touristes, plus de travail, plus d’argent… On a tous quitté KTM et on est retourné dans les villages car en cultivant la terre, on arrive mieux à survivre  »
    Voilà donc un problème que je n’arrive pas à résoudre …
    C’est d’un côté la peste, de l’autre le choléra … un indispensable choix entre 2 mauvaises solutions et une culpabilisation systématique …
    Ce virus, s’il ne nous a pas tué, nous aura au moins fait réfléchir…
    Objectivement, je ne sais pas si je dois – ou pas – revenir au Népal…
    ?
    JPP

    1. paulo.grobel@orange.fr

      Namasté JPP
      Effectivement, la problématique reste complexe et surtout relativement nouvelle. Même si l’évolution de la prise de conscience était logique.
      Je répondrais à ta dernière question, la plus simple. OUI, il faut absolument retourner au Népal. Pour construire une transition, une autre vision de notre manière d’y aller, avec des projets construits le mieux possible.
      Ce qu’exprime ton sirdar est une réalité bien compliquée qui est encore aggravée par l’absence de l’économie du « remitting », l’argent des travailleurs émigrés dans les pays du Golfe ou en Asie voisine.
      Et pour moi, il y a aussi une réflexion que j’aimerais mener avec Bishal pour construire une meilleure pérennité pour lui et les acteurs de l’agence. Moins dépendante de nous, et pour Himalayan Travellers, moins dépendante de moi.
      Y’a du job…
      Bon voyage au Népal

      Paulo, plutôt au clavier que sur les skis

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