ladies peak

Jugal Himal… and Ladies Peak !

Il existe encore au Népal des massifs peu connus et rarement fréquentés.
Paradoxalement, c’est le cas d’un des massifs le plus proche de Kathmandu dont les sommets sont même visibles par temps clair depuis la capitale.
Pas la peine de prendre l’avion pour traverser le pays, quelques heures de jeep depuis Kathmandu et nous voici à pied d’oeuvre.

jugal himal
Une première image de nos montagnes grâce à Google Earth.
  • Le Gyaltzen Peak (6151 m) est le plus accessible, c’est ce sommet qui a été récemment gravit par l’équipe népalaise de Maya Gurung.

Par contre, les informations sur le massif ou les sommets sont rares et peu précises car peu d’alpinistes fréquentent les sommets du Jugal Himal, un prolongement des montagnes du Langtang qui s’incurve vers le Sud.

Quelques mots sur ce Ladies Peak…

Il y a bien longtemps, nous avions atteint le sommet du Dorje Lakpa 6966 m depuis Kiangjin, puis une autre fois, en autonomie nous avions traversé le Tilman Pass pour documenter un chapitre du livre « Sommets du Népal». Nous étions passé en face du massif du Jugal Himal, aux lacs de Panch Pokhari, un lieu particulièrement sacré mais peu fréquenté par les trekkeurs. Une aventure intimiste marquante…, avec des sacs à dos gigantesques.

Pourtant, l’idée de découvrir ce mystérieux massif du Jugal Himal a mis du temps à se concrétiser, malgré sa facilité d’accès. Il a fallu une conversation dans un lodge de Namche avec Prem Gurung pour réactiver le projet et construire la première étape : réellement documenter l’approche du camp de base .
Puis, y conduire une première expédition à l’automne 2020.
Et enfin, y retourner en 2021 ou 2022 pour gravir le plus haut sommet du massif.

Jugal Himal, la marche d’approche

De nouvelles routes ont maintenant simplifié l’approche jusqu’au dernier village, Tembathang (accessible depuis Jalbire/Gumthang) et une récente expédition népalaise soutenue par les autorités locales a remonté le Jugal Glacier jusqu’au Gyaltzen Peak.
Bishal et Dipeen vont d’ailleurs au printemps 2020 en repérage jusqu’au Camp de base et si possible jusqu’au premier camp d’altitude. Et surtout prendre des contacts avec les locaux, car tout se passe à l’ancienne, avec des porteurs !

Les lacs sacrés, « Panch Pokhari »

C’est à la fois notre marche d’approche, une belle manière de s’acclimater et un détour pour visiter un lieu un peu à l’écart des circuits classiques, même si on retrouve cette proposition d’itinéraire sur le web (pour quelques agences népalaises intimistes).
Le cadre naturel, la beauté des lieux et peut être une certaine spiritualité (ou au moins le caractère sacré) font de ce trek une belle expérience.
Voici quelques photos de ces 5 lacs.

Panch Pokhari


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L’équipe népalaise du printemps 2019, de retour du sommet.
Crédit: Milan Gurung

Les sommets du Jugal Himal

L’intérêt de cette expédition au Jugal Himal ne réside pas dans l’altitude importante des sommets, mais plutôt dans le caractère, la beauté du massif et dans la qualité de l’expérience himalayenne proposée. 

Le premier élément important reste la confidentialité du Jugal Himal. Nous avons de grandes chances d’être seuls au camp de base et durant l’ascension. Et c’est un luxe rare.
Nous avons aussi peu d’informations précises sur les sommets envisagés.
C’est également une expé « à la carte » avec plusieurs sommets possibles avec des altitudes et des difficultés très diverses.
Et surtout la technicité des sommets inscrit cette expérience dans une réalité alpinistique. Bien sûr, pas de cordes fixes et une attention particulière à la qualité de l’acclimatation et à notre progression encordée.

C’est donc une expédition idéale pour une première expérience himalayenne et pour préparer un projet plus important, plus haut.

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Maya Gurung, au Camp de base Avancé. Pas de doute, le massif du Jugal Himal est vraiment alpin !
Crédit Maya Gurung

Jugal Himal 2020… Une expédition très Grobélienne

Pour me répéter, encore et encore.
Cette expédition  n’a rien a voir avec une proposition de « voyage organisé».
C’est un voyage en altitude, dont les aléas sont très nombreux. Cette expédition est construite sur la notion de projet collaboratif, et sur un « faire ensemble », où chacun est impliqué dans le «bon» déroulement de cette aventure partagée .

Avec : 

  • des prises de décisions partagées (quand il n’y a pas de notion d’urgence), 
  • une large place sur le terrain à l’autonomie des cordées
  • une équipe d’encadrement franco-népalaise,
  • une volonté affichée de co-construction de cette ascension et du trek associé.
  • des choix stratégiques précis : une progression continue, des cordées alpines, pas de corde fixe, une autonomie construite.

Et, je sais d’expérience que c’est un exercice exigeant et difficile. 

Mais, c’est pour moi une proposition réaliste en regard de la complexité de ce type d’ascension himalayenne, où à la multitude d’aléas (de transport, de logistique, de météo, de conditions de montagne, de physique, de santé, de relations…, et mêmes de tremblements de terre !), s’ajoute des aléas de satisfaction personnelle ou de groupe.

Bref, il faut beaucoup d’énergie pour que tout ce passe bien, ou le mieux possible.
Et c’est heureusement souvent le cas, sauf que parfois…, tout se complique.

Comme le slame Grand Corps Malade « Tout seul on va vite, ensemble on va loin… ».

Et en Himalaya on est parfois vraiment loin de tout, et surtout du confort de chez soi. Mais c’est aussi cela qui fait l’intérêt et la richesse de ces itinérances himalayennes.

Et voici le logo de notre agence.
Ou plutôt l’agence népalaise de Bishal ! Entouré de tout le team de guides et de Nepali Leader.


Jugal Himal Expedition 2020

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Ce croquis des Japonais ne correspond bien sûr pas à la réalité du terrain.
Les sommets ne sont pas au bon endroit, ni n’ont la bonne altitude. Mais c’est une belle manière de se replonger dans les réalités de l’époque.

Quelques informations importantes.

L’équipe d’encadrement.

Il s’agit bien d’une équipe de guide, sous la responsabilité de Paulo grobel. Nous grimpons ensemble depuis très longtemps.
Et vous les retrouverez dans les derniers compte rendu, pour le Lugula ou à l’Himlung… à l’automne 2015,  au printemps 2016 et pour la Traversée de l’Himlung en 2017.  Mais aussi pour des formations internes à l’agence Himalayan Travellers comme au Loha Pass. 
C’est donc une équipe bien rodée et stable (et non pas des guides népalais « mercenaires » embauchés au coup par coup.

  • Les guides sont : Paulo Grobel (guide UIAGM depuis plus de 20 ans), assisté de l’un des guides népalais de l’équipe : Dhan Magar, Deepen Bothe, Sajjan Gale.
  • Les «Népali Leader» sont : Kumari Kulung (Une jeune népalaise)  Dorje Bothe, Karma Sherpa, Anil Rai ou Sonam Sherpa.
    Pour moi « Nepali Leader » signifie premier de cordée.
    Ils peuvent donc conduire une cordée et ils aident au portage du matériel.
    Généralement, ils vont au sommet avec nous (et parfois sans nous…). Certains suivent actuellement des formations pour réunir les pré-requis nécessaire pour se présenter à l’examen d’aspirant guide UIAGM au Népal.
    Et, la présence d’une femme dans l’équipe est pour moi un grand progrès !

Jugal Himal Exploration

Il existe des aventures et des livres qui passent inaperçus et sont totalement oubliés par la communauté des alpinistes et des himalayistes. Ainsi en est-il pour cette première ascension féminine en Himalaya sur le sommet du Ladies Peak. En cette année 2020 du Tourisme au Népal, valoriser à la fois un massif méconnu (le Jugal Himal) et une réalisation féminine exceptionnelle est un projet très motivant. Il faut lire le livre de l’expédition : « Tents in the cloud » de Monica Jackson & Elisabeth Stark. Et se replonger en ces périodes de naissance de l’alpinisme en Himalaya. Il me semble que le sommet baptisé « Lady’s Peak » date de cette période et l’avoir débaptisé est forcément une faute de goût.
Plus tard, quelques expéditions ont largement explorés ce massif du Jugal Himal, en particulier les japonais en 1960.

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En 1984, certains noms de sommet du Jugal Himal ont été népalisés. 

  • Le Big White Peak s’appelle dorénavant Leongpo Gang (ou Dorle Pahad), 
  • le Lady’s Peak… Gumba Chuli
  • et le Madiya… Bhairab Takura

Malheureusement, il est toujours difficile de connaitre la signification de ces nouveaux noms, ni ce qui a motivé ce changement de nom.
La carte officielle népalaise au 1/50 000 DORLE PAHAD 2885 16 (éditée en 1997) indique d’ailleurs ces nouveaux noms.


Une ITV de Maya Gurung dans une revue népalaise.
How did she prepare to get at the top of the Gyalzen  Peak? 
Maya Gurung answers,
‘We set the base camp of Gyalzen Peak at the height of 4500m (from where we could climb other six peaks of Jugal Mountain range). We stayed there for two-three days in order to get acclimatized to mountain surroundings. Then, we set on foot to the high climb at 4700 m. and created another camp at the altitude of 5000 m. We continued to climb whole night escaping crevasses on the way. It was of course not easy to find the way to follow the less challenging route. It took almost 23 hours in the process to reach the summit of Gyalgen Peak but it was relatively easy while returning to the base as we had already spotted the shortest route which took just half the time it took while ascending the peak. Now, the climbers in the future can use the shortest route which we followed while descending down the base camp. The route of the Gyalzen peak is fixed now and we have prepared the map to help the other climbers who choose to climb the peak.’

Pour l’instant, impossible de trouver cette carte, ni même récupérer une ébauche de croquis.
Surprenant !

Et voici le traitement de cette information dans l’AAJ de 2020 par Lindsay Griffin.

In 1955, Evelyn Camrass, Monica Jackson, and Elizabeth Stark (U.K.) launched the first all-female mountaineering expedition to the Himalaya (albeit with male Sherpa support). By completing the first ascent of a high Nepalese peak, they proved to many that women mountaineers could hold their own in a male-dominated activity. 
After exploring the Jugal Himal and what is now named the Jugal Glacier, Jackson, Stark, Mingma Gyalgen Sherpa, and Ang Temba Sherpa climbed to the head of the Jugal Glacier and then up the south face and upper southwest ridge of a “22,000foot” (6,705m) peak on the Tibetan frontier, which they named Gyalgen Peak after their sirdar. This peak was climbed subsequently by two Japanese expeditions in the early 1960s.
Fastforward around 50 years to the creation of the “official” HMG-Finn maps for Nepal. The old Gyalgen Peak is now named Leonpo Gang East and given 6,733m (though the map mistakenly names it “west”), and the map positions Gyalgen, now written as Gyalsten, as a 6,151m frontier peak some distance to the southeast. The 1955 expedition referred to this mountain as Ladies Peak, and though they did not attempt it, they reached a col on the frontier ridge just to the south during their explorations. 
The mistakes on the map were discovered in 2005 when Camrass joined a primarily American expedition that planned to attempt the “new Gyalsten” but spent too much time determining which peak was which to mount an attempt (see AAJ 2006).
Gyalsten finally was climbed in the spring of 2019. Maya Gurung’s all-Nepalese expedition of six amateur members (two women and four men) and four professional Nepalese guides (lead guide Tul Singh Gurung) visited the Jugal Glacier and established base camp at 4,470m on April 3. They avoided the lower icefall of the glacier on the right by technical ground, and placed an advanced base at a site named Nyang Kharka (4,724m). They were stuck at that camp for several days in bad weather, and when it cleared one member was evacuated by helicopter and more food was delivered.
On the 9th, an advanced team continued up the Jugal Glacier and set up Camp 1 at 5,180m; the rest left at 10 p.m. and rested at Camp 1 briefly, and then, at 12:30 a.m. on the 10th, the climb- ers all left Camp 1 to head for the summit. Guides Nar Bahadur Asthani, Ash Bahadur Gurung, and Tul Singh Gurung broke trail up the glacial arm below the peak and then fixed ropes up its steep south-southeast face. The last 200m were reported to be 50–70°. These three reached the summit at 5.30 a.m., then descended so they could escort remaining members to the top. At 11:30 a.m., the three previously named guides plus guide Samir Gurung and three climbing members—Maya Gurung, Milan Bahadur Tamang, and Sharmila Thapa—stood on the summit. They regained Camp 1 at 5 p.m 

En discutant avec Lindsay sur notre projet de cet automne, j’ai également appris que le petit sommet en versant tibétain avait déjà été gravi en 2005 par une petite équipe anglaise conduite par Victor Saunders.

Tsha Tung, first ascent. June 2005 (in AAJ 2006). by Victor Saunders and partners.

« During my 2003 winter attempt on Xixabangma I noticed a small peak on the south side of the Phu Chu Valley just east of Eiger Peak (6,912m), as it was called by Doug Scott’s 1982 Xixabangma expedition. Later study showed it to be a northerly outlier of Gyaltsen (6,151m). My Tibetan yak herder and camp assistant, Kesang Tsering, told me it was called Tsha Tung and was, as far as anyone locally knew, unclimbed. It looked like a perfect objective for a short, semi-commercial trip (I believe the correct phrase is “not-for-profit”). The morning after our arrival we used yaks to carry loads up the first eight kilometers of the Phu Chu Valley to our base camp at Drak Po Che (a.k.a. Smaug’s Lair, 4,070m). The most logical route on our peak was the wide, snowy east ridge. We used a couple of donkeys to carry loads up to Camp 1 (4,600m), located in a beautiful hanging valley fed by a couple of streams. The following day we scrambled up loose boulders and rock for about 400m and then followed a rocky shelf, establishing Camp 2 (5,135m) at the snout of the glacier. June 19 was our summit day and initially involved moving westward on a broad glacial shelf and climbing a 100m 40° ice wall to the ridge. Seven hundred meters of snow led to the fine sum mit pyramid. As the clouds drifted in and out, we had an occasional glimpse of the fearsome- looking north face of Phurbi Chachu and a set of pinnacles at its eastern end, which we dubbed The Coolin Towers. The grade of our route equated to Alpine PD, and descent, following our route of ascent, was straightforward, with even some judicious glissading to ease tired legs. »

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Le versant tibétain du Jugal Himal !
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Et voici le versant Sud du Jugal Himal avec les différents noms. Un super travail de Lindsay.

For Ladies also, of course…

Il serait dommage de vouloir commémorer la première expédition féminine au Népal, sans proposer une action un peu particulière en direction des femmes alpinistes, népalaises ou occidentales.

1… Avec Bishal, nous allons essayer de constituer au moins une cordée féminine de l’agence Himalayan Travellers. Certainement avec Kumari Rai (qui j’espère pourra venir avec nous au Manaslu ce printemps).

2… En France, je voudrais proposer à un groupe de filles, ou à une cordée féminine de se joindre à notre groupe. avec toute la souplesse qu’elles souhaitent.
Cela peut être :

  • une expé féminine différenciée, à la même date ou légèrement décalée, avec ou sans soutien de l’équipe népalaise.
    Juste avec la même agence et en partageant toute notre expérience.
  • ou, une simple cordée qui s’adosse à notre groupe, avec la même organisation, mais avec un fonctionnement autonome.

Forcément ce jeu alpinistique sera intéressant !
Et surtout tellement différent de la caricature des expéditions himalayennes sur les grands sommets.


Jugal Himal. Avant de s’inscrire…

Une logique de cooptation mutuelle.
De la notion de « client » à celle de « co-équipier ».

Les modalités d’inscription que je souhaite utiliser illustrent la tonalité des expéditions que j’encadre.
L’objectif est de se déplacer de la notion de «client» vers celle de «co- équipier» pour construire un groupe solidaire, compétent et dynamique, impliqué dans la réussite du projet.
Mais pas de souci… Il ne s’agit pas pour moi de me soustraire à mes devoirs, obligations et responsabilités, bien au contraire.
C’est simplement une autre manière d’aborder le sujet, plus en cohérence avec mes valeurs, la nature de ces projets d’expédition himalayenne parfois très complexes, et ma vision des choses.

Une expédition est avant tout un projet co-réalisé par chaque participant dont chacun contribut à la réussite.

Il est donc indispensable de prendre contact avec moi, soit par mail soit par téléphone (06 42 90 75 34).



Pour s’inscrire.

Toutes la partie administrative : le règlement, l’aérien, les assurances, est assurée par SERAC, une association de tourisme, dont je suis membre, qui regroupe des guides et des accompagnateurs. 
C’est donc à SERAC qu’il faut s’adresser pour toute demande d’inscription, via le site internet.

Voici le lien pour l’inscription en ligne sur le site de SERAC. 

En complément de la présentation sur mon site, une fiche technique est également disponible. Elle regroupe toutes les informations « obligatoires » concernant le voyage. Il vous suffit de cliquer sur le lien dans le site de SERAC (à venir).

La préparation de l’expédition commencera effectivement lors du we de rencontre de toute l’équipe en début d’été 2020.
Elle est donc fondamentale car elle permet de valider la pertinence de l’ascension pour chaque participant, tant du point de vue technique que de cohésion de groupe.

Je suis bien sûr à votre disposition pour répondre à toute les questions que vous vous posez.
N’hésitez surtout pas !

Soit :

  • par mail (paulo.grobel(at) orange.fr)
  • par téléphone, au 06 42 90 75 34

Quand je suis en Himalaya, tout n’est pas perdu !
Appelez SERAC au 04 76 86 46 84.
Noëlle connait parfaitement le domaine des expéditions et Charlène pourra vous informer sur votre réservation aérienne, le suivi de votre demande de réservation, ect.


A bientôt…
N’hésitez surtout pas à me contacter pour plus d’informations, je suis à votre disposition.
Et le mail est encore le plus simple…


Une nouvelle histoire commence… Welcome to Jugal Himal.
Paulo_Le 1er Décembre 2019
Puis le 3 Mai à mon camp de base de La Grave en plein confinement.

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