RETEX Lugula

RETEX Lugula 2019

Voici le premier article du chapitre RETEX Himalaya… Au sujet de notre expédition au Lugula à l’automne 2019.
Une vision complémentaire des compte rendu habituels, qui explore un peu le côté sombre et obscure de nos aventures himalayennes, et surtout s’engage pour un partage des expériences et une libération de la parole.
Les clefs de cet exercice délicat : transparence, bienveillance, écoute, empathie, formation et soutien…
Et je suis convaincu que c’est un bon moyen de construire nos prochains projets, vers plus de qualité et pour encore plus de plaisir d’être en montagne et de partager nos ascensions.

Voici trois RETEX Lugula, qui heureusement se sont tous bien terminés et qui sont surtout riches d’enseignements.

  • Flying Philippe
  • Karma et Sonam dans le mauvais temps
  • La nuit «torride» de Kumari, Hugues et Stanislas 
himalayan travellers
Kumari et son beau sourire…

RETEX Lugula
L’histoire de Flying Philippe

RETEX Lugula
La pente de neige avec les différentes traces.

Au sujet d’une chute dans une pente de neige et des enjeux de la progression en cordée alpine.

  • Date : 5/10/2019
  • Heure : 11 h, au retour du sommet
  • Massif : Peri Himal (vallée de Phu)
  • Itinéraire : ascension d’une nouvelle voie sur un sommet en Himalaya, un « presque 7000 m ».
  • Pays : Népal

Cette histoire aurait pu se terminer dramatiquement ou avec des blessures plus ou moins graves. Un incident qui aurait nécessité une évacuation héliportée particulièrement complexe à organiser (voir impossible !).

La situation géographique.
En ce début Octobre 2019, nous effectuons l’ascension du Lugula 6899 m, situé à la frontière entre le Népal et le Tibet (la Chine), depuis la vallée de Phu. L’itinéraire qui a débuté au Népal se poursuit en Chine à partir du dernier camp d’altitude, sur un grand glacier puis une arête en neige.

Le contexte de la journée.
Depuis le camp 3, nous sommes 6 alpinistes (2 népalais et 4 occidentaux) répartis en 3 tentes et 3 cordées de 2. J’ai proposé de rester en binôme de tente pour faciliter le départ matinal (réveil fixé à 4h avec un départ avant 5H30, au lever du jour). 
Soit : Luc avec Philippe, Isa avec moi, et Dipeen avec Sajjan. 

Chaque membre des différentes cordées a des compétences réelles d’alpinisme avec un leader confirmé.

C’est moi qui ai décidé de l’itinéraire emprunté pour cette ascension: les contreforts de l’éperon Sud puis l’arête Nord-Ouest. J’ai fait ce choix à cause de l’exposition de la pente, sa raideur et l’absence de crevasse. Il a beaucoup neigé les derniers jours et la neige ne devrait pas y être trop profonde, nous évitant de faire une trace exténuante. La difficulté se concentre dans les premiers 400 m en deux pentes de neige à 35° (max 40°) séparées par un replat, puis l’arête est plus simple.

Lugula expedition
Notre itinéraire sur le Lugula. Rien de bien difficile techniquement, peut être PD en neige. Un itinéraire très agréable dont les difficultés sont concentrées en début de course.

L’ascension.
L’objectif de la journée est bien-sûr de réussir le sommet dans de bonnes conditions mais aussi de faire une trace optimum pour faciliter l’ascension le jour suivant par le reste du groupe.
Normalement, au vu des conditions, la trace devrait être bien marquée sans être trop profonde, dans les deux pentes initiales. La veille, un début de trace a été réalisé par Luc et Isa pour valider mes hypothèses.
Et ainsi fut fait. 
Nous atteindrons tous le sommet, juste avant l’arrivée des cumulus de l’après-midi. La descente se déroulera donc avec beaucoup moins de visibilité et quelques belles éclaircies sur le paysage du Tibet.

lugula expedition
Une vue des grands glaciers qui s’écoulent vers le Tibet. Et les pentes du début de la descente.

A la descente.
Juste avant d’arrivée au sommet, j’ai décidé de modifier la constitution des cordées, pour m’encorder avec Philippe, en rééquilibrant également pour l’aspect physique la cordée d’Isa et Luc,
A la descente, nous conserverons les mêmes cordées et je marche devant Philippe qui m’assure, surtout pour protéger Philippe de l’envie de suivre Luc et d’aggraver sa fatigue. J’avais identifié, sans en parler, cette fatigue de Philippe juste à la fin de notre ascension de l’arête finale.

J’était en train de prendre une photos de la cordée de Luc et Philippe et en cadrant, la posture de Philippe avec la corde très tendue m’ont surpris et incité à proposer cette modification de cordée. Cela m’a permis de prendre un rythme plus adapté pour Philippe et pour Luc et Isabelle de constituer une cordée plus homogène et plus forte pour donner un coup de main pour faire la trace.

A la descente, nous sommes la dernière cordée et j’ai ralenti l’allure volontairement en passant devant, « assuré » par Philippe. Le début de la descente se déroule dans des pentes débonnaires et le mot assurage n’est pas le plus pertinent. Nous évoluons tous à corde courte, sans suivre la trace de montée.
Les autres cordées nous distancent mais s’arrêtent régulièrement quand ils ne nous voient plus dans les nuages. Nous nous arrêtons aussi pour prendre des photos, tellement le paysage est grandiose dans les éclaircies.
Au col, au moment de plonger dans la première section un peu plus pentue (30°), alors que ma consigne initiale était de refaire une trace distincte de descente, pour préserver la trace de montée, à cause de ce manque de visibilité, je demande à Dipeen de revenir dans la trace de montée pour faciliter notre descente, en essayant de ne pas trop la dégrader.

Tout se passe plutôt bien et nous arrivons sans problème au grand replat entre les deux pentes. Je demande aux deux cordées de nous attendre pour un briefing et un peu de repos. Comme tout va bien et que nous avons le temps, je voudrais utiliser cette situation comme un temps de formation, à la fois pour les deux népalais de l’équipe de guides qui nous accompagnent et pour les alpinistes occidentaux. Ce positionnement de formateur s’inscrit pour moi dans une volonté d’aider Philippe à préparer un prochain projet d’expé avec son club et des amis, et de compléter la formation des guides népalais qui m’accompagnent.
J’engage la discussion sur les risques de glissade dans une pente de neige et sur les choix d’encordement.
J’explique la notion de doubles compétences à développer pour un premier de cordée : 

  • – être à l’aise soi-même sur les crampons
  • – être capable d’assurer son second, en corde courte.
  • – puis les conséquences de cet encordement : plus de concentration pour le leader, moins d’attention pour le second de cordée qui se sait assuré.
  • – et de l’intérêt d’enlever la corde, justement pour mesurer les réalités de cette situation.

Je fais l’hypothèse que la pente ne posera pas de problème ni aux uns ni aux autres et, au contraire la situation sera plus simple pour les premiers de cordée.
J’insiste sur la notion de choix personnel et de la possibilité de rester encordé.

Tout le monde est d’accord et, ni une ni deux, Dipeen se lève et s’engage dans la pente. Suivi de Luc, puis Sajjan et d’Isa. Après un dernier accord de Philippe, j’enchaine.
Tout le monde file droit dans la pente en suivant la trace de Dipeen. Un petit passage plus raide ralentit Sajjan et Isa (bien visible sur la photo jointe). Je suis juste derrière Isa et avant Philippe. Avant le passage un peu raide, je modifie la trace et Philippe me suit. Il n’y a pas de communication entre nous, j’ai confiance en ses capacités et la pente n’est pas très raide, 30° et au max 35° très court en neige plutôt douce (mais, à la réflexion, je me souviens lui avoir fait deux réflexions à la montée pour qu’il améliore son cramponnage).
Dipeen et Luc sont déjà quasi en bas. 
J’observe la scène, plutôt rassuré des compétences des uns et des autres. Tout se passe bien, dans moins d’un quart d’heure nous serons au camp 3 où les autres membres du groupe (JP Sergio et les népalais) sont déjà arrivés.
Tout à coup, Philippe me dépasse en glissant, en essayant de se freiner avec son piolet. Celui-ci reste planté dans la neige et Philippe continue sa chute. Je ne suis pas trop inquiet car je me souviens que la pente n’est pas exposée, juste un petit ressaut dû à une crevasse bouchée. Philippe s’arrêtera en bas de la pente mais en sautant exactement la seule marche présente.
Mince… 
Isa, Luc et Dipeen le rejoignent pour l’aider à se relever. Ouf, il est juste un peu sonné…
Et je fais un détour pour récupérer son piolet.

On est passé à deux doigts d’une catastrophe !

Tout le monde s’encorde de nouveau à corde longue pour le trajet sur le glacier. Les tentes sont à deux pas et nous les rejoignons tranquillement. 
Tout va bien !
Il reste maintenant à analyser ce qui s’est passé et à organiser une réunion avec l’équipe népalaise d’Himalayan Travellers pour partager cette expérience. Je décide d’en faire un RETEX, le premier du genre pour nous… Leader, voyageurs et Népalais.

Le témoignage de Philippe :
Retour d’expérience sur l’incident après l’ascension du Lugula. 
Départ matinal, vers 5h30 vers le sommet du Lugula. Dans mes souvenirs, j’avais passé une mauvaise nuit, la veille de notre ascension. La tente était particulièrement exposée aux vents, sans doute aurais-je dû en changer l’emplacement. 
Le départ se fait rapidement, après un bon petit-déjeuner. Donc pas de fringales dans les heures suivantes.
Je m’encorde avec Luc.
Le rythme est bon dans la première partie de l’ascension. Mais comme lors des jours précédents, des limites physiques apparaissent au fur et à mesure de la montée. Pourtant, je ne suis jamais en difficulté dans les Alpes ou ailleurs. Difficile de gérer cet aspect lorsqu’il s’agit d’une première. Alors je choisis de ne pas trop me rapprocher de ma limite, de me laisser suffisamment de marge pour ne pas me retrouver dans le rouge. La corde avec Luc se tend donc un peu plus.
Difficile dans ce cas de prendre la tête de ma cordée, de faire la trace plus que quelques dizaines de mètres. 

Paulo me propose de changer de cordée pour la partie finale. 
C’est une bonne chose, le rythme me convient bien. Nous arrivons au sommet quelques minutes après les autres. 
Physiquement, je ne sens pas d’amélioration malgré la courte halte au sommet. Nous entamons la descente.
Nous restons encordés avec Paulo. Je l’assure à la descente, corde tendue. La concentration est à son maximum. Sans doute déjà bien entamé physiquement, cette partie de la descente demande beaucoup d’énergie. Mais étonnement, je pense me sentir plutôt bien à ce moment. Avec le recul, je me rends compte que j’étais déjà fatigué. Je mettais longtemps à assurer mes pas, à assurer les transitions dans la descente. 
Pour l’ultime descente, Paulo propose que l’on se désencorde.
Sans doute, à ce moment-là, ma vigilance qui était maximale s’est complètement relâchée.

Malgré tout, je ne vois aucune difficulté à emprunter cet itinéraire. 
La pente ne présente pas, pour moi, de difficulté. Je suis les traces de Paulo. Je vois les autres qui ont déjà bien entamé leur descente. 
J’avance de quelques mètres lorsque je pose le pied droit sur une partie de neige verglacée. Je me rappelle très clairement avoir vu cette partie de neige qu’un bout de soleil éclairait. Cela ne m’a pas empêché de poser le pied dessus. 
J’ai très clairement manqué de lucidité à ce moment-là.
Mon pied n’accroche pas, je pivote et me retrouve dos à la pente. Le mouvement dure une poignée de secondes. Je me souviens avoir essayé de planter mon piolet. Il m’échappe rapidement des mains. 
Je prends de la vitesse dans la pente. Je me souviens avoir lutté de toutes mes forces pour ne pas roulé-boulé. Ma glissade va s’arrêter au bas de la pente, sans égratignures, ni ecchymoses.

Aujourd’hui, je vois plusieurs causes principales à cet incident : 

  • Une non-prise en compte de mon état de fatigue. J’aurais sans doute dû mieux communiquer sur cet état-là. 
  • Une expédition de cinq semaines se gère sur le temps long, et pas sur un week-end comme lors de sorties classiques en montagne. Et c’est peut-être là une des difficultés d’une expérience himalayenne. Apprendre à mieux se connaître. Anticiper sur son état physique. 
  • Le matériel utilisé était le bon. Je connais la paire de crampons avec laquelle j’ai l’habitude de grimper. En revanche, je n’avais jamais marché avec une paire d’Everest Millet. Elles sont volumineuses et lourdes. Elles n’autorisent que des mouvements larges, avec de l’amplitude. 
    Peut-être aurais-je pu me rattraper plus facilement avec une autre paire, moins encombrante. 
    Mais ces chaussures, à cette altitude, m’ont permis de ne pas avoir froid et d’être confortable tout au long de l’expédition.
    Donc ce fut le bon choix. Il faudra alors apprendre à mieux les utiliser.

Comme principale raison de cet incident, j’y vois la fatigue qui a entrainé un manque de réaction, une perte de lucidité sur la situation du moment. 

Il me semble que l’itinéraire de descente était adapté. Il s’agit plus d’une erreur individuelle. 
Comment l’éviter ?
Difficile à dire. Peut-être qu’un dernier « contrôle » de chacun avant d’entamer la partie non-encordée est nécessaire. 
Toutefois, cette partie peut se heurter à quelques difficultés : sous-estimation de son état de fatigue, volonté d’avancer malgré tout. Comment juger de son état de fatigué ? Peut-être donner des clés avant l’ascension, expliquer ce que l’on peut ressentir à ce moment-là ?

Un commentaire de Maud VANPOULLE
L’effet escompté par Paulo d’augmenter la vigilance des seconds en enlevant la corde n’a pas eu lieu.
C’est même l’effet inverse qui s’est produit : Philippe a relâché sa vigilance au moment où Paulo a proposé de se désencorder par rapport au moment où il avait la responsabilité d’assurer Paulo. Peut-être que le fait d’enlever la corde était associé dans l’esprit de Philippe avec la fin des difficultés ou une section peu exposée. En conclusion, ce qui aurait un effet pour nous n’aura pas forcément le même pour d’autres et il est difficile d’anticiper les effets conscients ou inconscients que nos décisions ou consignes auront sur les membres du groupe

Isabelle, lors de la tentative vers l’arête Nord-Ouest.

La perception d’Isa:
« A la descente, Dipeen et Sajjan sont devant, Luc et moi sommes la 2ème cordée, puis la cordée de Paulo et Philippe nous suit.
Le temps s’est dégradé dans cette 1ère partie de la descente et il y a un brouillard relativement épais. Luc et moi veillons à toujours avoir à portée de vue la cordée qui nous devance (Dipeen et Sajjan) et la cordée qui nous suit (Paulo et Philippe).
Paulo et Philippe progressent lentement, nous demandons donc régulièrement à Dipeen et Sajjan de ralentir pour attendre Paulo et Philippe. Parfois nous nous arrêtons dès que nous les perdons de vue. Nous constatons avec Luc que Philippe a l’air fatigué et ne semble pas avoir le pied sûr. Luc s’étonne que Paulo passe devant, laissant Philippe l’assurer. Je partage l’étonnement de Luc. Pour autant lorsque les 3 cordées se regroupent je ne fais aucune remarque sur le fait qu’il me semblerait opportun que Paulo assure Philippe.
Puis, juste avant la dernière pente, alors que le brouillard s’est dissipé et la visibilité est meilleure, Paulo propose de se désencorder, si tout le monde est d’accord. Il argumente cette proposition en expliquant que cela oblige le second de cordée à être particulièrement vigilant, à ne pas se reposer sur son premier de cordée, mais il nous laisse le choix.Nous donnons tous notre accord.
Nous nous désencordons donc et entamons la descente :
Dipeen est devant, avance vite en s’engageant directement dans la pente la plus raide (sans se préoccuper de quiconque).
Luc le suit de près avec facilité et aisance.
Sajjan et moi suivons leurs traces, plus lentement car nous sommes un peu moins à l’aise dans la portion la plus raide. Pourtant je reste dans cette trace très directe alors qu’il aurait été plus facile de traverser vers la droite pour rejoindre une pente moins soutenue.
Je ne sais pas exactement quel itinéraire prennent Paulo et Philippe qui sont derrière moi, et je ne vois pas la chute de Philippe.
Je rejoins ensuite Philippe à l’endroit où sa glissade s’est arrêtée, Luc et Dipeen sont déjà à ses côtés. Après quelques minutes, le temps que Philippe reprenne ses esprits, nous nous encordons pour rejoindre le camp 3 : Luc et Dipeen, puis Philippe et moi et enfin Paulo avec Sajjan.
Avec le recul, je regrette de ne pas avoir signalé que Philippe me semblait si fatigué lorsque Paulo a proposé de se désencorder. Dans la mesure où il était d’accord, je n’ai pas imaginé qu’il pouvait ne pas être totalement lucide et conscient de son état de fatigue. »

lugula
A la recherche du camp de base avancé… Luc

La perception de Luc :
« Pour le RETEX, j’ai essayé de faire fonctionner ma mémoire.
Je pense qu’il y a eu beaucoup de signes, que nous les avons vus, mais sans en tenir compte.
Déjà au levée, Flying Philippe a eu du mal à sortir de la tente, surement dûà une journée éprouvante la veille (traversée de l’arête, la trace, l’installation du camp 3). Durant la première partie de l’ascension, tout allait bien, puis les népalais sont passés devant et notre cordée a commencé à traîner la patte. Je l’ai entendu s’énerver contre la corde mais sans y donner d’importance, alors que là-encore, je pense qu’il agissait nerveusement sous l’effet de la fatigue. Ala pause, tu nous suggères d’intervertir les cordées. Bonne idée!! 
Mais zéro communication. 
Je me doute bien que tu veux m’envoyer tracer devant mais je ne pense pas à te dire que notre Fifi est un peu cuit. Fin de l’ascension douloureuse physiquement pour moi, surtout les cent derniers mètres, qui aboutissent sur un quart d’heure d’euphorie et d’exaltation. Dans ces moments-là, on a tous l’air en pleine forme!!
Puis l’attaque de la descente se profile, cadencée à la népalaise, ce qui ne déplait ni à Isa ni à moi. On vous voit, on ne vous voit plus, on vous voit… Et si mes souvenirs sont bons, nous avons discuté de l’état de fatigue de Fifi avec Isa, tant il vacillait derrière toi à chaque déplacement. Nous nous sommes également demandés pourquoi il tenait la position de l’assureur. Mais là-encore, nous ne t’avons pas fait part de nos inquiétudes (ce qui m’amène à la conclusion que la théorie du complot est la plus plausible, héhé). J’étais persuadé qu’il y avait une logique et une explication, que tu nous dévoilerais ça une fois au camp. 
Bref, arrive l’instant pédagogique, puis la descente libre. La suite je pense que tout le monde la connait. 

En résumé, une belle chute, sans encordement, sans piolet, sans bobos et le mec arrive avant tout le monde en bas !! 
Ca c’est de la pédagogie Grobelienne !! »

Une remarque d’Isa :

« Très intéressant ce RETEX… On a les mêmes souvenirs et mêmes ressentis sur la descente, mais Luc avait déjà identifié cet état de fatigue à la montée. (Et Paulo aussi.)
Le constat est sans appel :

  • Philippe était fatigué
  • On en était conscient
  • et on n’a pourtant pas communiqué

Avoir réfléchi et posé des mots sur cet incident nous servira à tous à l’avenir, ce travail commun ne sert pas qu’au guide. »

Les causes de l’accident : 

Non communication, fatigue, itinéraire, encordement, choix de progression, trop en faire…

  • La fatigue de Philippe.
  • Est-ce le lieu et le moment idéal pour une mise en situation pédagogique ?
  • La pente est-elle adaptée ?
  • Un manque d’expression sur la fatigue de Philippe ? Sur mes choix d’encadrement ?
  • Nous descendons droit dans la pente sans suivre la trace de montée, en suivant Dipeen. Etait-ce judicieux ?
  • Les compétences techniques des uns et des autres avaient-elles été réellement évaluées ?
  • La fatigue de Philippe a-t-elle été prise en compte ? Pourquoi n’a-t-elle pas été évoquée par les uns et les autres ?
  • Des chaussures d’expé très larges ?

Une interrogation :

Que ce serait-il passé si nous étions resté encordés (dans la même configuration ou en changeant de leader ?)
Et une hypothèse de réponse…, nous serions certainement resté dans la trace de montée !

Suggestions correctives :

  • Gérer le mieux possible la fatigue de chacun (attention personnelle et collective)
  • Ne pas avoir plusieurs objectifs : descendre en sécurité et faire de l’enseignement.
  • Bien mesurer les enjeux de la technique alpine en Himalaya.
  • Plus communiquer sur nos ressentis.
  • Libérer la parole.
  • Discuter de la constitution des cordées, tous ensembles avant le départ reste LA solution à privilégier (même si c’est pas simple à organiser dans les tentes).
  • Former les guides népalais aux techniques d’assurage en neige à corde courte.
RETEX lugula
Et l’explication de ces différentes traces.
En bleu la trace de montée, en vert la trace de descente du groupe, en jaune ma trace et en rouge la chute de Philippe.
La deuxième pente un peu raide et une trace optimale… Merci Dipeen !

Retex Lugula
Pour Himalayan Travellers

Bien évidemment, le plus difficile reste à faire. Partager ces Retours d’Expériences avec l’équipe népalaise (peut être les traduire) et surtout recueillir les témoignages, les impressions de Dipenn, Karma et Sonam.

himalayan travellers

Karma, le jour de son ascension du Lugula avec JP
Crédit : Jean_Pierre D.

RETEX Lugula
Karma et Sonam dans le mauvais temps…

Au sujet de la prise en compte du mauvais temps par une cordée népalaise (pourtant expérimentée).

Durant l’expédition au Lugula, un premier groupe vient de réussir l’ascension du sommet. 
Avec Isabelle, avec qui je suis en binôme, nous avons décidé de réaliser une autre voie sur l’arête Nord du Lugula pendant que le deuxième groupe réussi le sommet. Puis, de traverser le Bhrikuti Shail pour rejoindre le camp 2 et retrouver l’ensemble du groupe au Camp de base.
Nous avons 3 ou 4 jours pour cela.

Lugula RETEX
Le Lugula… Un beau sommet !
La pente d’accès à l’arête. Malheureusement, une suspicion d’accumulation et un risque d’avalanche de plaque nous fera faire demi-tour.
Bhrikuti Shail
Le versant Nord du Bhrikuti. L’objectif est de rejoindre l’arête à Droite pour traverser le sommet et revenir à notre col du Camp 2. Cela semble tout près mais va nous demander 2 journées, tellement la neige est profonde !

Un rendez-vous a été organisé avec Dipeen, le chef d’expé népalais, pour qu’une cordée népalaise nous rejoigne et nous aide à porter notre matériel (tente etc) pour le retour et la descente.
Le RDV a été fixé à 8h du matin le jour J, à l’endroit où nous avons installé notre camp, 1h plus bas que le Camp 3, sur un grand glacier peu crevassé. 
Les prévisions météo sont bonnes pour les 4 jours : pas de neige, pas de vent.
Depuis le camp 1, pour une cordée népalaise (à vide) cela représente 3h d’effort pour nous rejoindre (1H30 de montée et 1h30 de descente).

Par contre…

  • Ils ne savent pas exactement où se situe notre tente, à part qu’il faut descendre le glacier pour nous trouver.
  • Le mauvais temps s’installe dans l’après-midi, la veille de notre RDV. Puis se poursuit dans la nuit, avec de la neige et du vent.
  • Notre radio est en panne de batterie, nous n’avons plus de communication avec le camp de base  ou le camp 1. 
lugula expedition
Une petite tente au beau milieu du glacier. Un certain sens de l’engagement et de l’immersion en montagne. Tout ce que j’aime…
Mais pas vraiment un exercice très simple.

Au petit matin, pas de visibilité et des averses de neige.

J’estime que la cordée népalaise ne viendra pas, il fait trop mauvais temps et la trace sera très difficile à faire.
Nous décidons donc de partir vers 10h en espérant rejoindre le camp 2 en traversant le Bhrikuti Shail.
Effectivement, la trace est très profonde surtout avec un sac chargé. Nous décidons de tirer nos affaires dans le plat puis de faire des aller-retour pour récupérer la charge excédentaire.

Très vite, nous nous rendons compte que nous n’irons pas très loin, la trace est trop difficile. Nous décidons d’avancer le plus possible, sans précipitation et de nous arrêter vers 16 h quelque soit le lieu, car nous pouvons planter la tente partout. Je n’ai aucun problème d’orientation malgré le brouillard et nous ne sommes pas du tout inquiets, il nous reste deux jours de nourriture.
L’histoire est juste un peu physique…

lugula expedition
Une petite question au sujet de cette photo. Que voyez-vous ?
lugula expedition
Et oui, Karma et sonam sont en train de nous rejoindre… C’est la cata !!!
Nous sommes si loin de tout…

Vers Midi, Isabelle entend des voix !
Perso, je ne vois ni n’entend rien. 
Nous attendons un peu en scrutant le grand blanc. Effectivement, un peu plus tard, deux petits points apparaissent au loin, venant dans notre direction. Nous continuons notre progression vers le Bhrikuti, en laissant un déposit avec la tente. Vers 14h30, ils nous rejoignent en ayant récupéré notre déposit. Visiblement, leur progression est très lente. Karma s’est beaucoup chargé car Sonam est malade (fièvre et angine). Il nous décharge de quelques affaires et Isabelle continue à faire la trace une vingtaine de mn jusqu’à un replat.
Sonam a beaucoup de mal alors qu’il est peu chargé; et habituellement très fort physiquement.

Malgré leur avis contraire, je les oblige à nous laisser sur place avec tout le matériel et de rentrer le plus vite possible au camp 1 ou même au CB. Karma voulait même nous aider à monter notre tente ! 

Il est 15 h, si tout va bien, ils seront au camp 2 vers 17h et sortis du glacier au camp 1 à 18h, juste à la tombée de la nuit. Surtout, il nous laisse une radio et nous pouvons enfin reprendre les communications avec le CB et le reste de l’équipe.
Mais Sonam est vraiment fatigué et leur montée vers l’arête du Bhrikuti est laborieuse, même avec un sac vide. Le temps se dégrade de plus en plus. Ils n’ont aucun outil de navigation, ni aucun matériel de bivouac. Ils ne connaissent pas l’itinéraire et ne sont jamais montés au sommet du Bhrikuti, passage obligé avant de rejoindre la tente du C2. Par contre, s’ils réussissent à trouver la tente du Camp 2, la descente sera juste dans l’axe et plutôt simple.

Je suis vraiment très inquiet pour eux et je compte sur l’expérience de Karma pour s’en sortir.

RETEX Lugula
Le matin du deuxième jour de la traversée du Bhrikuti. Il fait beau, mais le temps va rapidement se dégrader.
lugula
Comment faire la trace quand nos sacs sont trop lourds… La stratégie des aller-retour pour la personne qui trace.

Le lendemain, à la vacation radio de 8h, nous apprendrons qu’ils ont rejoint le camp de base à 22 h. Et que Dipeen et Anil sont en route pour nous rejoindre.
Nous arriverons tous au camp de base après 19 h, et déjà dans la nuit, avec Dorje qui nous a rejoint.

retex lugula
L’arrivé au camp 2… OUF !

Les risques encourus.

Que se serait-il passé pour eux, si Karma ne nous avait pas retrouvé ?
S’il n’avait pas retrouvé la tente du camp 2, seul point de repère pour la descente ?

Les questions posées.

  • La plus importante…
    Pourquoi n’ai je plus de batterie pour ma radio ?
    (Même si nous sommes partis 14 jours sans retour au camp de base )
  • Pourquoi sont-ils partis dans le mauvais temps ?
  • De plus, avec Sonam qui est malade ?
  • Pourquoi Dipeen a-t-il voulu respecter ma demande (l’organisation que nous avions décidé ensemble), malgré des conditions météo très dégradées ?
  • Quelles sont les connaissances de base minimales à acquérir par les népalais pour ce type de situation

Les mesures correctives

  • Check précis du matériel radio.
  • Pour les népalais, apprentissage de la lecture de la carte et des enjeux de déplacement sans visibilité.
  • Balisage des itinéraires importants et  souvent fréquentés durant l’expé.
  • Respect de l’état de santé de chacun en altitude.
Karma, plutôt sérieux… Damned, y’a pas de tower !
Crédit : Jean_Pierre D.
L’équipe népalaise d’Himalayan Travellers.
Dipeen Bothe, Karma Sherpa, Dorje Bothe, Sajjan Gale, Anil Rai et Karma Sherpa

RETEX Lugula
La nuit «torride» de Kumari, Hugues et Stanislas 


Hugues est un alpiniste expérimenté qui adore les cartes et l’exploration.
Nous avons fait ensemble plus d’une quinzaine d’expéditions au Népal. Et nous envisageons d’aller à l’automne prochain au Kang Garu.

kang garu
Le sentier pour rejoindre les alpage de Namkyu. Exceptionnel…

Laissons la parole à Hugues.
« J’avais prévu cette reco jusqu’aux bergeries de Namqyu pour chercher un nouveau camp de base pour le Kang Garu. Si le temps s’y prêtait, au besoin seul. Il faisait à peu près beau, j’ai entraîné Stan peu habitué à ce genre d’aventure et Kumari a insisté pour nous accompagner. Tout s’est bien passé lors le remontée de ce très beau chemin, impressionnant par endroits. Mais à l’arrivée au col, le brouillard nous est tombé dessus, visi zéro, cata totale. Nous avons trouvé sans difficulté la bergerie en contrebas, confortés par les propos des locaux la veille, affirmant que le chemin vers Chacha était évident.Comme souvent, il n’est pas tracé dans les prés, se perdant en une multitude de traces de bétail. Nous avons d’abord espéré apercevoir un cairn quelconque dans une éclaircie, mais rien (j’ai vaguement aperçu une bâche bleue entre deux passages nuageux, c’était peut-être par là). J’ai ensuite naïvement pensé trouver un chemin descendant en traversant à l’horizontale, sans résultat. Je n’osais pas descendre à l’aveugle dans cette pente, qui pouvait ressembler à celle que nous avions grimpée (en fait, non). Nous avons atteint une bergerie plus petite, occupée comme l’autre par quelques yacks mais aucun humain, et entendu la Seti Khola proche.
J’ai pris alors le parti de descendre et suivre la Khola, ce qui a bien marché dans son cours supérieur, mais nous nous sommes heurté le soir venu à un verrou monumental des deux côtés de la vallée. Nous avons dû bivouaquer sur place pour chercher un contournement le jour venu.

Kang Garu BC reco
Hugues et Stan, lors de leur aventure torride avec Kumari. Avec à la clef, un bivouac « à la casquette » sous la pluie !

Le lendemain…
Nous avons suivi une trace de chasseurs dans une jungle coupée de barres, en fait l’échappatoire nous faisait remonter jusqu’aux alpages. Une trace horizontale nous a fait croiser le chemin des piétons sur l’arête entre les deux bassins versants (assez joli mais raide). Je n’ai pas eu le courage de rechercher plus loin le chemin des mules, nous sommes redescendus direct au pont. Un coup de fil à Sérac (merci Stan pour le téléphone satellite) pour prévenir que nous étions «retrouvés», et le lendemain une jeep et un Uber nous ont ramenés à Katmandou en un temps record.

Kang Garu Reco
In the jungle …

Un peu penaud de cette aventure dont j’étais responsable et qui aurait pu mal tourner; en fait j’ai contrevenu à une règle à laquelle je ne déroge jamais: on ne fait pas de reconnaissance en descendant (sauf si on est obligé, pour une traversée de col par exemple). »

Et Stan de rajouter :
« La « nuit torride » avec Kumari et Hugues ne fut qu’une nuit dans le froid humide, accompagnée du vacarme de la khola, à moitié assis, à moitié allongé, calé contre un arbre sous un bout de plastique.
Une nuit à attendre le lever du jour, entrecoupée par les assoupissements.
Bref, le pied, une nuit vraiment inoubliable… »

Les risques encourus :

Comme le souligne Hugues : ça aurait pu très mal tourner.
Une petite chute, un genou en vrac, une cheville foulée etc…
Quid de la responsabilité de l’organisateur du voyage ? Et surtout en cas d’accident.

Mesures correctives.

  • Dans la préparation, inclure des lieux de prise de décisions, par exemple le col.
  • Caractériser la météo pour structurer un demi-tour.
  • Préparer, envisager un plan de repli avec un retour à Meta.
  • Avoir de la marge en temps pour ce genre d’aventure, pleine d’aléas.
  • Prendre du matériel de bivouac, même minimaliste
  • Anticiper les communications avec l’extérieur (le patron du lodge de Koto était mort de trouille).

Les points positifs

  • Être 3, avec Kumari.
  • Rester ensemble.
  • Avoir eu un moyen de communication (téléphone satellitaires)
  • Ne pas paniquer
kang garu
A bientôt, pour de nouvelles aventures… Juste en face !

Merci de votre lecture…
Et n’hésitez pas à commenter cet article, soit avec la rubrique commentaire, soit en utilisant mon mail perso.
Paulo_de retour à La Grave
le 9 décembre 2019

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5 réflexions sur “RETEX Lugula 2019”

  1. Superbe et exceptionnelle expé au Lugula !…Chapeau l’artiste ! Que c’est beau !…Je connais ta quête intérieure et ton expérience sur le terrain qui reflètent bien cette réussite. Mais loin d’être facile et tellement bien gérée ! Ton Retex est très instructif et tu as le courage de poser honnêtement les soucis. C’est une manière d’être lucide et de préparer d’autres projets avec plus de force et d’humilité. Tu as eu aussi le courage de dire non à la pente de gauche pour l’accès à l’arête, laquelle, vu le contexte des jours précédents en chute de neige et de vent, son inclinaison aussi, était douteuse et la encore ta décision était juste. Le reste c’est de l’expérience personnelle de tant d’années de pratiques et d’explorations en terrain inconnus en très hauts lieux. Bon retour chez toi bien mérité, mon amitié fidèle. Vincent

  2. Paulo,
    Une très belle manière d’impliquer les membres du groupe pour partager des évènements et les analyser. Déconstruire chacun de son côté et identifier ce qui a manqué, notamment en communication ou repérage de signaux faibles pour modifier une décision. Le RETEX doit permettre de comprendre chacun à son niveau mais également d’identifier les modifications dans nos pratiques pour l’avenir.
    Cette parole « libérée » mais structurée doit renvoyer à chacun une capitalisation d’expérience pour « ne pas » refaire, mieux écouter, regarder, observer. Dans nos pratiques tant en montagne que professionnellement, et même dans nos vies de tous les jours, nous ne prenons pas le temps de nous « regarder pédaler ».
    On poursuivra cette discussion. Amitiés.
    Jean-Do

  3. paulo.grobel@orange.fr

    Un échange avec Maud (Experte en RETEX !)
    « Je me permets de te donner mes impressions, qui sont bien sûr loin d’être des jugements, seulement des ressentis personnels sur ce qui m’a particulièrement intéressée: 
    Ce qui m’interpelle particulièrement dans ton récit, et qu’on retrouve à mon avis dans pas mal d’histoires, c’est à quel point tu avais identifié quelque chose de particulier, qui n’allait pas, et les autres aussi, et personne n’a tout à fait réussi à le verbaliser. 
    Si je voulais t’inviter à creuser encore plus – bien que ce soit réellement très suffisant – je te demanderais sur quoi tu t’es appuyé, quels indices tu as pris en compte pour décider de changer les cordées avant le sommet? 
    Pourquoi cette partie là: parce que je pense que ce sont des éléments qui t’ont permis de prendre une décision « préventive ». Les formaliser, pour toi, et pour les clients, peut apporter des éléments concrets à repérer, auxquels prêter une attention particulière à l’avenir. 

    D’ailleurs un élément mis en avant par Philippe me semble particulièrement intéressant, sur l’idée d’avoir des éléments à repérer, à surveiller pour soi-même et sur les autres, quand il dit :  » sous-estimation de son état de fatigue, volonté d’avancer malgré tout. Comment juger de son état de fatigué. Peut-être donner des clés avant l’ascension, expliquer ce que l’on peut ressentir à ce moment-là. »

  4. paulo.grobel@orange.fr

    Pour répondre à Maud et apporter plus de précisions.
    « Juste avant d’arrivée au sommet, j’ai décidé de modifier la constitution des cordées, pour m’encorder avec Philippe, en rééquilibrant pour l’aspect physique la cordée d’Isa et Luc. »

    Je me souviens très bien de cet instant.
    j’était en train de prendre une photos de la cordée de Luc et Philippe et en cadrant, la posture de Philippe et la corde très tendue m’ont surpris et incité à proposer cette modification de cordée. Cela m’a permis de prendre un rythme plus adapté pour Philippe et pour Luc et Isabelle de constituer une cordée plus homogène et plus forte pour donner un coup de main à la trace.
    Une question demeure : pourquoi ne pas avoir constituer ce style de cordée dès le départ, l’argument de la facilité pour le départ est juste mais pas forcément pertinent. De plus, les cordées auraient aussi pu se modifier un peu après le départ.
    Et de nouveau, la même conclusion : discuter de la constitution des cordées, tous ensembles avant le départ reste LA solution à privilégier (même si c’est pas simple à organiser dans les tentes)

  5. Un commentaire de Dom Ansel, avec qui nous avons écrit le post sur le ski de randonnée.
    « Juste quelques mots:
    le principe de ce type de retour fait l’unanimité. C’est à mon sens hyper utile. Juste ne pas oublier tout le travail de mise en forme nécessaire pour un témoignage écrit qui lisse forcément une partie des dimensions émotionnelles. Il y a toujours dans cet exercice une forme de rationalisation du propos, même si les questions posées vont loin dans la mise en question des décisions prises.

    – la conséquence de cette première remarque c’est que la phase orale de débriefing reste nécessaire.

    – les questions posées par beaucoup tournent souvent autour de la communication. 
Pourquoi par exemple ne pas avoir plus communiqué sur le fatigue de Philippe ? 
Sur le choix des cordées ? 
Ou sur le désencordement à la descente ?
    Les uns et les autres ont-ils des  réponses à ces questions ?

    Surtout…, en quoi la dynamique en place de ce groupe depuis le début de l’expédition pourrait éventuellement offrir d’autres hypothèses de réponses à ces questions ?

    Et de nouveau, s’invite au coeur du débat la question du « Faire ensemble » en expédition. Comme en écho à notre réflexion sur le Membership et la notion de projet en ski de randonnée.

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