• himlung 2019

    Les chroniques de l’Himlung

    Mi Avril 2019… Le voyage commence…
    C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre, avec cet Himlung 2019.
    L’objectif de ces chroniques est d’éclairer le fonctionnement d’une expédition, de raconter des histoires de l’intérieur, à la fois pour une meilleur compréhension sur cette envie de sommet, cette attirance pour la haute altitude, et pour vous permettre de mieux choisir une prochaine expédition ou d’organiser votre propre ascension.


    Les chroniques de l’Himlung.

    himlung 2019 chroniques
    Tout d’abord une photo du sommet…
    himlung 2019 chroniques
    Puis, une idée de l’itinéraire…
    himlung 2019 chroniques
    Une petite carte, pour comprendre l’environnement…
    himlung 2019 chroniques
    Et enfin, une photo de l’équipe à l’arrivée, sur la terrasse de l’Hôtel Padma.
    Nous sommes un groupe de 10 personnes.
    Il manque le photographe, Frédéric. Mais où est passé Jean Paul ?

    Himlung 2019, la première chronique

    Les différentes étapes d’une expédition sur un grand sommet.

    Une expédition se pense, se construit, se partage et se prépare très longtemps à l’avance.  
    Parfois plus de deux ans à l’avance…
    Et certaines de ces étapes sont particulièrement importantes.


    Environ deux mois avant le départ, la rencontre des alpinistes lors d’un week end dans les Alpes est capitale. C’est ce qu’à décrit Cécile dans un article pour Montagnes Magazine.

    himlung 2019
    A La Grave, pour un we de rencontre.
    Tout le monde à fait l’effort d’être au rendez-vous et c’est vraiment très bien !

    Puis, me voici à Kathmandu pour la deuxième étape, la validation de l’organisation.

    J’arrive toujours 3 ou 4 jours avant le groupe pour valider la préparation concrète de l’expé et participer au briefing officiel au Ministère du Tourisme. 

    Sur la terrasse de Padma, en face de la coupole blanche du Stupa de Boudhanath, avec mes compagnons népalais, il s’agit de vérifier que l’organisation matérielle est conforme à ce que nous avions imaginé ensemble à l’automne passée et, à ce que j’ai présenté aux participants durant l’hiver. 
    Il y a Bishal Rai, chef de l’agence Himalayan Travellers, mais aussi sirdar de l’expédition et guide de trek, et Dipen Bothe, « Nepali Mountain Guide » en charge de toute la partie ascension.

    himlung 2019 chroniques
    A view from my desk !

    Pour l’Himlung, cette réunion de travail est relativement simple car c’est une ascension classique que nous connaissons quasi par coeur. Sauf que beaucoup de choses peuvent changer et, bien penser les aléas possible (probables) permet d’être plus serein.
    Cette expédition 2019 à l’Himlung n’échappe pas à cette règle, car la nouvelle est tombée il y a 15 jours.

    Impossible de rejoindre le camp de base avec des mules comme cela avait été prévu et budgeté. Il a beaucoup neigé cet hiver au Népal et les sentiers d’accès à Phu ont été endommagé et ne sont pas praticables avec des animaux de bât. 
    Il faut tout transporter à dos d’homme ! 

    himlung 2019 chroniques
    Effectivement la situation sur place est très impressionnante. Je n’avais jamais vu cela auparavant.

    Bishal a donc tout organisé avec une contrainte supplémentaire : des charges calibrées absolument à 25 kg pour que les porteurs puissent rajouter leurs affaires pour une charge totale de moins de 30 kg (en sachant qu’il y a des hébergements et de la nourriture partout en chemin, donc les porteurs peuvent être autonome).
    Ce qui, à minima, double le budget transport de matériel. Et forcément, la question de savoir qui va supporter ce coût se pose immédiatement. 

    Mais pour l’instant place à l’action. 
    Aujourd’hui, à trois jours du départ la situation a radicalement changé ! 

    himlung 2019 chroniques
    Suite à un accident où un cheval c’est cassé une jambe en glissant dans la pente, la DDE locale a fait du bon boulot !

    Purna et Durga, les muletiers de Tal avec qui nous travaillons depuis plus de 10 ans dans la vallée de Phu (mais aussi pour le Manaslu) rentrent d’un repérage jusqu’à Meta. Bonne nouvelle, c’est jouable avec des mules si toute l’équipe népalaise donne un coup de main à deux ou trois endroits encore trop compliqués et si nous acceptons l’éventualité de délais.
    Tout est beaucoup plus simple.

    Il reste à lister le matériel, calculer le nombre de cartouches de gaz et se mettre d’accord sur le fonctionnement et les déplacements de l’équipe des alpinistes népalais. Car en progression continue, c’est une compétence spécifique que peu d’agences maitrisent et c’est aussi un enjeu de formation continue pour nous. C’est surtout le travail de Dipen, pour gérer son équipe et prévoir la nourriture d’altitude, avec une contrainte importante : qu’il y ait toujours une cordée de Nepali Leader avec nous à chaque camp avec des moyens de communication adéquats.

    Nous avons aussi décidé d’intégrer Kumari dans l’équipe des « Népali Leader » junior (et pas simplement en +) avec un vrai salaire. 


    Il y aura donc 7 personnes dans l’équipe des alpinistes népalais, d’ethnies très différentes :

    • 1 « Nepali Mountain Guide », Dipen Bhote
    • 3 « Népal Leader » sénior , Dhan Magar, Kharma Sherpa, Darche Bhote (Dorje)
    • 3 « Népal Leader » junior , Sonam Sherpa, Anil Rai, Kumari Kulung

    Pour être plus précis, le guide népalais est dégagé de la tache de portage et nous avons réussi à intégrer une femme dans notre équipe népalaise, en respectant aussi le ratio d’un népalais pour 2 occidentaux (le guide français UIAGM est compté dans l’équipe des voyageurs). 

    Les salaires de l’équipe népalaise constituent d’ailleurs la ligne budgétaire la plus importante d’une expédition (c’est le sujet d’une nouvelle page du site » Combien coûte une expédition »), mais cette équipe d’encadrement renforcée est aussi un critère de qualité bien réel. Ce qui avait été pointé dans cette article sur la comparaison entre les deux expéditions à l’Himlung du printemps 2019.


    En fin de réunion, pour Dipeen, j’ai sorti une paire de Millet SHIVA de mes bagages, un nouveau modèle de chaussure destiné aux ascensions intermédiaires (les 7000). Ce sera un bon test in situ, puisque je vais utiliser le même modèle en altitude.

    Un jour plus tard…
    Il est temps maintenant de rejoindre Bishal à Bhrikuti Mandap, les bureaux du Ministère du Tourisme et de la « Mountainering Section ».

    Bishal, au bureau de la maison de Kopan, l’office d’Himalayan Travellers

    Himlung 2019, la deuxième chronique

    « Dans les coulisses du ministère du tourisme »

    « Je souhaite faciliter dans mon service les formalités administratives pour les expéditions, pour rendre les choses plus fluide pour les étrangers. C’est vraiment ma priorité… ».

    Les chroniques de l'Himlung

    Il y a de quoi être surpris quand ces propos sont prononcés dans un ministère du Népal.
    Quelle révolution !
    Surtout quand Bishal, en charge du process administratif de nos permits d’expédition témoigne cette année de la même réalité.
    Tout est plus simple…

    Je ne peux qu’être admiratif devant le courage et l’énergie dépensée par cette jeune femme.

    Quel plaisir de prendre un café avec cette chef de service de haute caste qui prend le temps d’écouter un simple « quieré », un étranger.
    Je souhaitais pourtant aborder des sujets peu agréables. 

    Voir également l’article de la rédaction de Montagnes Magazine.

    1er sujet :
    La correction de la liste officielle des sommets autorisés.

    Ce document est la clef la plus importante pour l’organisation d’une expédition au Népal. Et, il comporte malheureusement encore beaucoup d’erreurs, en particulier pour les itinéraires d’accès aux montagnes, la « Caravan Route ». Et ce détail a beaucoup de conséquences, techniques mais aussi économiques.
    Par exemple, pour l’Himlung, cette « Caravan route » est indiquée uniquement par le versant de Phu, (celui que nous allons utiliser), alors qu’il existe bien sûr un autre versant à cette montagne, à l’Est depuis la vallée de Tilje (celle du retour du tour du Manaslu).

    Concrètement, si vous souhaitez ouvrir un nouvel itinéraire sur ce versant…. Impossible, car même si le sommet est autorisé, il vous faut suivre la « Caravan Route » par Phu, et donc ce versant vous est inaccessible.
    Ce qui est difficilement compréhensible pour des alpinistes occidentaux.

    C’est pourtant la mésaventure qui est arrivée à 3 jeunes talentueux alpinistes autrichiens qui ont été contraint de ce rabattre sur une ouverture versant Phu, avec au final une très belle traversée sur l’Himjung voisin.

    Plus largement, la mise à jour de ce document est également très important dans la perspective d’une informatisation des formalités des permis d’ascension, comme c’est le cas pour les visas d’entrée au Népal ou les permis de trek.

    La réponse est relativement simple.
    La décision de corriger cette liste appartient au plus haut niveau de l’état népalais, « le Cabinet », l’équivalent de notre conseil des ministres. Ce qui rend les choses plus complexes et demande forcément beaucoup de temps.

    La perspective de l’événement national « 2020, année du tourisme au Népal » aura-t-elle un effet bénéfique ?

    J’avais également une deuxième requête.
    Connaitre la procédure pour proposer de nouveaux sommets à ajouter à cette liste.
    Il s’agit de sommets intéressants d’un point de vue alpinistique ou pour le développement économique d’une région comme le massif de Limi ou le Dolpo, mais à Phu également.
    Sa réponse est cohérente et beaucoup plus optimiste !

    « Le Népal étant devenu un état fédéral, c’est donc le niveau local (communauté de communes ou district) qui doit interpeller le niveau ministériel en adressant une demande directement aux services du Ministère du Tourisme. »

    Bien sûr, cela demande forcément de l’énergie, de la persévérance et du temps… Et un peu de soutien en interne pour faire avancer le dossier.

    Ma troisième proposition, beaucoup plus ambitieuse (l’ouverture de tous les « petits sommets de l’Ouest du népal) sera pour plus tard, « Tea time is finish… ».
    Nous en reparlerons bien-sûr.

    Avec Bishal, nous allons nous consacrer à promouvoir l’ouverture de quelques sommets, comme le Nemju dans la vallée de Phu, le Teri Himal dans celle de Naar, le Gyaekochen au Dolpo, le Futi Himal au Mustang ou le Nyalu Leck dans la vallée de Limi.
    Premier rendez-vous à organiser…, avec le Chairman de Phu, vice président de l’intercommunalité de Naar & Phu… Narpa Bhumi Rural Municipality.
    Du job en perspective, mais pour l’instant place à l’Himlung.

    nemju phu
    Le Nemju, depuis Phu, bien sûr !
    Arriverons-nous à le faire officiellement autorisé pour y organiser une expédition en 2020 ?

    Je file à l’aéroport avec Dipen récupérer mes voyageurs de l’altitude…, qui auront au final bien du retard.

    Les chroniques de l'Himlung
    Notre nouvel Hôtel à Boudhanath…
    Un peu plus de place pour tous nos bagages, mais sans la terrasse de Padma !
    Pas besoin d’un super hôtel, surtout pour y passer si peu de temps. Le choix du lieu, ici Bouddhanath me semble beaucoup plus cohérent avec une immersion culturelle forte.

    Himlung 2019, la troisième chronique

    « Une aventure qui se termine bien… »

    À l’aéroport de Kathmandu, devant le carousel des bagages.
    J’essaye de ne pas trop m’inquiéter… Les bagages du dernier vol de la Turkish commence à arriver. C’est fou le nombre de valises ou de sacs que peut contenir un avion, quand vous en attendez un seul, en particulier.

    Hier, Bernard n’a pas récupéré son bagage de soute.

    C’est une situation plutôt rare mais qui provoque beaucoup de stress et complique énormément la suite du voyage, et encore plus une expédition.
    Il a fallu d’abord comprendre la situation et trouver une trace du bagage manquant. Puis passer la soirée et la nuit le mieux possible en espérant que tout ira bien. Et enfin, le lendemain attendre de longues minutes devant le carrousel des bagages.
    Bingo… le voici. 
    Quel soulagement !!!

    Notre expé à l’Himlung peut se poursuivre tranquillement.
    Nous partirons bien demain, à l’aurore…

    Et voici quelques petits détails qui permettront de simplifier l’histoire si malheureusement elle vous arrive.

    1… Avant le départ

    • Faites une liste très précise des affaires que vous embarquez en soute.
    • Ne laisser ni médicaments importants, ni argent liquide dans le sac en soute.

    2… A l’enregistrement

    • Vérifier que le personnel au départ enregistre bien votre bagage pour la destination finale. 
    • Et surtout vous donne bien votre tag, à votre nom, pour votre bagage ! 
    • Ne l’égarer pas durant le voyage !

    3… A l’arrivée

    • Ayez à portée main un moyen de communication avec les personnes qui vous attendent à l’extérieur de l’aéroport.

    4… au Népal

    Et surtout, il faut prévoir une vraie journée de sécurité, à votre arrivée à Kathmandu. Alors que nous avons toujours envie de limiter le plus possible le séjour à Kathmandu.

    Tout cela semble très simple.
    Mais, pas de souci… ça va bien se passer.

    Et surtout bon voyage pour votre prochaine expédition !


    himlung expédition, sur la route de l'himlung
    Après un long voyage en bus puis en jeep, notre arrêt pour la nuit.
    Il pourrait être possible de pousser directement jusqu’à Koto, mais prendre un peu de marge de sécurité et s’économiser sont aussi des facteurs importants.
    Le patron est une relation de longue date qui facilite grandement notre organisation

    Himlung 2019, la quatrième chronique

    « La marche d’approche d’une expédition n’est pas un trek !?… »

    Nous venons de terminer la première étape de l’expé à Boudhanath. C’est un véritable sas entre notre vie occidental et le nouveau rythme que nous devons installer pour bien vivre la haute altitude.

    Et le premier message pour cet acclimatation est de porter attention à notre état de voyageur : notre santé, notre bien-être et les menus détails de la vie quotidienne. 

    Ne surtout pas vouloir courir partout, tout faire, tout voir… Mais au contraire se poser dans un coin de la place, se transformer en pierre et observer la vie qui passe.
    La réalité de Kathmandu est actuellement bousculé par de grands chantiers (alignement des avenues, adduction d’eau) qui ajoutent au capharnaüm ambiant, aux embouteillages, à la poussière ou à la boue. Ce qui rend la vie encore plus difficile, alors autant rester tranquillement au repos dans l’univers préservé du Grand Stupa.
    Mais aussi, la situation s’améliore d’année en année. La route est maintenant goudronnée devant le Stupa !

    Une pose tea vers Dharapani, c’est aussi l’occasion de nouer ou d’entretenir des relations suivies sur le trajet. La compétition entre les lodges est réelle… Et rien ne vaut un bon réseau de partenaires.

    Nous voici en route vers le début du Tour des Annapurna que nous allons emprunter jusqu’à Koto, où la vallée de Phu rejoint la Marsyangdi, la rivière principale. Et voici quelques nouvelles de ce début de parcours pour nos amis trekkeurs.

    lamjung himal depuis koto
    Depuis Koto, les premières montagnes se dévoilent enfin !
    Et en particulier cette longue arête entre le Lamjung Himal, un presque 7000 et l’Annapurna II. Le petit sommet du milieu est vierge et n’a même pas d nom !
    C’est aussi un projet qui doucement s’installe dans mes envies d’ascension. Et la prochaine étape sera de rejoindre le camp de base pour voir à quoi ressemble le début de l’arête Est de Lamjung.

    Le grand chantier hydo-électrique chinois de Nagdi est maintenant terminé mais deux autres chantiers sont programmés sur la portion Danaqiu/Koto. En conséquence, la route c’est beaucoup améliorée, avec de grandes sections bétonnées. Ce qui est une très bonne nouvelle pour nous. Le temps de trajet en jeep depuis Besisahar s’en trouve diminué (3 h pour Syange et 3 h pour Koto) et il est même devenu beaucoup plus agréable.

    Pour les randonneurs, le départ à pied débute (pour moi) à Chamje.
    Après Tal, un « nouveau » sentier en rive gauche pour Dharapani à été ouvert. Puis, il est recommandé de faire le détour par Nache et même d’y dormir avant de continuer par un pont suspendu exceptionnel et un monastère très discret.

    Actuellement, le sentier que nous allons utiliser demain, pour Meta, Naar et Phu est de plus en plus fréquenté en mode Teashop trek par les trekkeurs, pour éviter le fond de vallée et la route. 
    Ce « Restrictif area » de Naar/Phu sera-t-il bientôt ouvert à tous, sans formalités ni permis spécial ?

    sur le chemin de l'himlung, le lodge de chacha.
    Sur le chemin de l’himlung, le lodge, encore rudimentaire, de Chacha. Nous allons l’utiliser à la descente pour camper dans la forêt.
    Car, à l’automne prochain ce sera un point important de notre trajet vers le Kang Garu.

    Trek ou marche d’approche… ?

    les travaux entre koto et meta
    Les travaux en cours sur le trajet Koto Meta sont particulièrement impressionnants.
    Tout se fait à la main… Masses et barres à mine pour creuser les trous des charges explosives.
    Et que dire des conditions de sécurité !
    en route vers l'himlung, la route en construction
    Juste au départ de Koto, une autre équipe s’active pour agrandir le chemin. Nous passons tranquillement au milieu du chantier.
    Juste être spectateur et témoin de cette réalité : la route avance… !
    Doucement, mais elle avance i

    Je vous suggère une lecture inspirante sur ce sujet, avec la plume acérée de Cédric Sapin-Defour, dans son petit livre rouge « Expresso ».
    Sorry… Il faut aussi que je vous retrouve le chapitre…
    Une marche d’approche vers un sommet n’est pas un trek, même si c’est exactement le même itinéraire, avec les même étapes ! La différence réside dans le fait que la marche d’approche est d’abord le préliminaire à l’objectif principal : l’ascension d’un sommet…
    C’est donc beaucoup plus qu’un trek !!!!
    Et cela change tout.
    Il y a un « après » à cette marche et celle-ci est une véritable préparation à l’ascension et non pas une formalité ou pire une contrainte. C’est une période beaucoup plus importante qu’il n’y parait et, c’est souvent durant cette période que se joue la réussite ou l’échec d’une l’expédition. C’est le lieu de la mutation de l’alpiniste dans des Alpes en un Homo Himalayus en quête d’un sommet.

    himlung expedition, le chemin vers naar
    Le beau chemin vers Naar.
    Nous allons dormir à plus de 4000 et plus haut que Phu.
    C’est pour moi une très belle manière de consolider notre acclimatation. le village est superbe… Bien sûr, il fait accepter de faire un détour. Ce qui représente du temps, mais surtout un coût supplémentaire pour l’agence.

    Pour nous, ce voyage à pied commence demain et nous sommes tous en bonne santé et en pleine forme. Nous avons retrouvé l’ensemble de l’équipe népalaise et tout le matériel a été préparé minutieusement pour être chargé sur les mules. Il nous faut maintenant prendre en compte plusieurs facteurs qui complexifient notre aventure partagée :

    • L’environnement hypoxique
    • La durée
    • La rusticité de notre mode de vie au quotidien
    • La promiscuité
    • La complexité des conditions météo ou de la montagne
    • L’environnement qui deviendra de plus en plus alpin.

    Et le deuxième message pour facilité cette acclimatation est donc de porter attention à notre état de randonneur : un sac minima avec simplement le nécessaire pour une journée, mais un équipement adéquat et surtout un rythme adapté à chacun. Personne n’a quelque chose à prouver à autrui. 
    La journée sera longue et le départ matinal. C’est d’ailleurs la plus longue journée de la marche d’approche.


    Et demain nous serons tous à Meta, loin de la route et du Tour des Annapurna. Définitivement sans connexion, à part notre téléphone satélitaire.


    le sentier vers phu
    Cécile, en chemin vers Phu.
    Le sentier traverse le pont pour changer de rive en période de basses eaux.
    L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est phu_1-769x1024.jpg.
    Un enregistrement de ma conversation avec Eric pour Expédition Unlimited.
    On arrête pas le progrès…

    Himlung 2019, la cinquième chronique

    « Nous voici à Phu, au dernier village de notre marche d’approche. »

    Une petite journée nous sépare encore de notre camp de base à environ 4850 m, plus haut que le Mont Blanc. 
    Tout va bien, tout le monde est en forme et en bonne santé. Il fait grand beau et les températures sont plutôt douces. Pourtant, le printemps n’a pas encore commencé à Phu. Personnes dans les champs, les gens sont encore en alpages, tranquillement chez eux ou à Kathmandu. 
    Aujourd’hui, c’est une journée à la carte, nous dormirons au même endroit. Le réveil a été matinal et ce sera donc une acclimatation active avec pour certains une randonnée vers le petit sommet qui domine le village Gurusangbo à 4746 m. La vue y est particulièrement belle sur les montagnes de la vallée et bien sûr l’Himlung. 
    D’autres vont rester à proximité du village, monter au monastère ou se reposer. De mon côté, j’attend le soleil en écrivant cette chronique, puis j’irais prendre un thé chez Karma au village, rencontrer le vice président et discuter avec Lakpa des démarches pour faire autoriser le Nemju, un beau sommet de 6000, le « Hausberg » de Phu.

    Notre marche d’approche depuis Koto a été idéale, nous avons pris le temps d’un détour au village de Naar, pour dormir à plus de 4000 puis redescendre à Kyang avant de rejoindre Phu, pour une journée complémentaire d’acclimatation. Difficile de faire mieux, de prendre plus de temps. Il existe toujours une tension pour arriver le plus rapidement possible au camp de base, ne pas perdre de temps, être efficace et dans l’effort. Pour certain, c’est vraiment difficile de mettre ainsi le sommet à distance.

    himlung expédition, le monastère entre meta et naar
    En montant vers Naar, l’endroit est superbe, le monastère est un très beau bâtiment.
    C’est un lieu de camping classique et recommandé pour les groupes qui font le trajet de Phu à Naar.
    Par contre, la décoration du labrang est décevante avec uniquement des tankas de mauvaise qualité accrochées au mur.

    Cette marche d’approche est aussi culturelle, ce qui ne gâche rien à l’histoire. Je me transforme en guide touristique pour visiter un monastère, expliquer l’iconographie ou l’histoire du Bouddhisme. Et le détour à Naar permet de voir une réalité bien différente de celle de Phu et aussi imaginer un jour gravir le Kang Garu, un sommet de « presque 7000 » particulièrement esthétique.

    les chorten à l'entrée de naar avec le kang garu
    Les chorten de Thau, juste avant d’arrivée à Naar.
    Un endroit d’une belle énergie avec une vue splendide.
    kyang , en route vers phu
    Kyang, le village d’hiver de Phu.
    Avec maintenant plusieurs lodges, dont le Phukarsland, le plus grand.
    Sur un beau replat avec de belles falaises à proximité Kyang pourrait être un superbe spot d’escalade. Mais mon énergie est actuellement ailleurs…
    Qui voudrait y ouvrir la première grande voie ou au moins une école d’escalade (avec Bishal, nous pouvons vous organiser toute la logistique à prix coûtant… ?
    Recherche Grimpeurs désespérément !!!

    À Phu, nous sommes maintenant à 4000 m et nous n’allons pas redescendre en-dessous durant toute la durée de notre séjour. Nous sommes dans un environnement hypoxique et surtout nous allons continuer à monter. Mais, faire des efforts en altitude n’est pas particulièrement raisonnable…
    Nous avons donc rendez-vous cet après-midi, à l’heure du thé pour un petit briefing sur l’altitude.

    Le troisième message pour facilité notre acclimatation est de porter attention à la qualité de notre marche.

    Cette marche est pour des randonneurs ou des alpinistes devenu le plus souvent naturelle, mais aussi sans véritable conscience. Nous allons nous inspirer de la réflexion de la marche consciente (qui est proche aussi de la marche afghane).
    Nous parlerons de la respiration, du rythme, de nos pas… Tout ce qui permet d’augmenter la qualité de notre marche pour au final limiter au maximum nos efforts physiques et surtout comment developper plus de conscience dans nos gestes.
    Plus de plaisir aussi. 
    Et c’est vraiment une étape indispensable pour bien vivre l’altitude.

    himlung expédition, le camping à phu
    Juste en face du village, sur l’autre rive, notre camping habituel. La maison nous sert de salle à manger et l’équipe de cuisine est également bien installé. C’est un très bon camp pour y séjourner au moins deux nuits et profiter du village.
    le village de phu
    Je ne me lasse pas de l’ambiance si particulière du village de Phu. Un village du bout du monde. Je m’assois simplement dans un coin pour me transformer en pierre et me fondre dans les lieux.
    Difficile pourtant de refuser les invitations à boire un tea au beurre de yack…

    8h30, le soleil illumine ma tente, il est temps d’aller déjeuner.
    Fiona vient de réaliser son premier vol en parapente !
    Rendez-vous dans 4 ou 5 jours pour la prochaine chronique à partir du French Camp pour «Le grand départ ».

    himlung, les participants : Fiona
    Quelle belle énergie…

    himlung 2019
    himlung glacier, du camp de base au french camp
    La traversée du gracier noir entre le Kari Kobler Base Camp et le French Camp.
    L’itinéraire change chaque année et même parfois durant l’expédition. Un parcours peu agréable mais heureusement pas très long. Un peu dangereux aussi pour remonter la moraine du French Camp. Le choix de transformer l e French Camp en ABC avec l’équipe de cuisine est pour moi indispensable pour nous éviter des aller -retour sur ce glacier. Mais l’effort demandé à l’équipe népalaise est très important et demande un peu d’anticipation. Forcément cela coûte aussi plus cher !
    Ce qui explique que les agence népalaises évitent de faire ce choix !

    Himlung 2019, la sixième chronique

    « Le grand départ »

    Samedi 4 mai.
    Nous quittons définitivement notre camp de base du French Camp et toute l’équipe de cuisine pour nous installer au Camp 1. Nous partons vers le sommet avec 3 ou 4 camps d’altitude et en progression continue.
    C’est vraiment un grand départ…

    himlung expedition, french camp
    Le French Camp.
    Pour la première fois cette année, nous y avons cohabité avec une autre équipe, mais seulement pour une matinée !
    Nous y serons seul toute la durée d notre expédition. Les autres équipes préférant rester sur l’autre rive du glacier de Pangri !?
    him lung expedition, french camp
    Le French Camp avec le Gyaji Kang en toile de fond.

    Nous retrouverons l’équipe népalaise dans 8 jours à notre retour du sommet. Ces deux derniers jours nous ont permit de transporter notre matériel à ce premier camp d’altitude tout en continuant notre acclimatation. Quelques légers maux de têtes ont fait leur apparition, puis se sont estompés. Le temps s’améliore doucement et même si le vent persiste en altitude, pour l’instant nous sommes concentré à rejoindre le camp 3 à 6300 m, surtout le plus sereinement possible. Le cadre est bien sûr superbe et en plus nous sommes seuls. L’équipe de Lionel est maintenant redescendu. Pour nous, l’objectif principal est de nous économiser au maximum, de ne pas faire d’efforts superflus. C’est l’exigence de la haute altitude. 

    himlung, vers le camp 1
    En montant vers le camp 1, un itinéraire très simple et agréable.
    himlung, le camp 1
    Le camp 1, lui aussi plutôt agréable car encore sur les cailloux. De belles plate-formes ont été aménagées. A l’automne, beaucoup de monde y séjourne, mais, à priori il n’y a pas de problème pour l’eau, qui se trouve un peu en contrebas.
    himlung 2019
    La nourriture est particulièrement importante en altitude… Surtout pour le moral !
    Avec Nicolas, nous ne sommes pas franchement fan des lyophs.
    Et une petite fondue Francontoise à plus de 5000 m c’est tellement bon !

    Et voici un nouveau message sous forme d’anecdote qui illustre ce nouveau paradigme.
    C’est l’histoire de l’épée de Damocles, versus HAP/HAC…

    Premier préalable, il faut s’avoir qu’il est complètement absurde et déraisonnable de faire des efforts répétés dans un environnement hypnotique. C’est pourtant ce que nous avons choisi de faire de plus en plus haut, et avec de plus en plus d’efforts, en espérant y éprouver beaucoup de plaisir et d’émotions. Si possible en pleine conscience…

    Pour les voyageurs de l’altitude que nous sommes, Il nous faut nous imaginer avec une épée de Damocles suspendue au-dessus de nos tête. Cette épée est bien réelle car c’est tout simplement le risque d’un oeudème (cérébral ou pulmonaire) qui peut survenir et surtout qui est mortel.
    Heureusement, cette épée est suspendue au plafond (ou je ne sais quoi…) par une multitude de fils. Elle ne risque pas de nous tomber dessus, à moins de couper tous les fils.
    Et malheureusement, nous coupons un fil chaque fois qu’une de nos actions n’est pas juste et provoque une contrainte pour notre corps. Un sac trop lourd, un rythme de marche qui nous essouffle, une étape trop longue, une carence d’hydratation ou d’alimentation, un sommeil trop perturbé, un ennui de santé, un énervement et bien d’autres micros éléments de notre vie quotidienne en altitude.

    Forcément, nous coupons des fils, mais l’objectif est quand même d’en couper le moins possible et surtout de ne pas couper le dernier.
    Sinon… !

    Et aussi, quand nous faisons très attention, avec des temps de repos par exemple, nous pouvons même en ajouter des nouveaux ou les consolider. C’est peut être cela l’acclimatation ?
    Cette histoire qui maintenant fait partie de notre corpus collectif peut même nous permettre de prévenir et d’aider un de nos compagnons de voyage qui s’agite trop. Mais la réalité nous montre aussi que c’est bien difficile!

    Pour nos amis népalais, j’ai dans ma besace une autre histoire, qui illustre différemment ce propos.
    C’est l’histoire de « Hold Buffallo et de son fils… »Mais c’est un autre conte pour enfants, que je vais raconter ce soir. Je suis déjà certain que Kumari va pouffer de rire.…

    Rendez-vous au camp 3. 
    Beaucoup de choses ce seront passées et le sommet sera juste au-dessus de nous.
    A bientôt et prenez aussi soin de vous.


    himlung, le glacier après crampons point
    Juste après crampons Point, le passage du glacier n’est pas si compliqué qu’il y parait. Juste une question de cheminement en étant encordé. Les équipes népalaises de l’automne évitent généralement ce passage et préfèrent l’itinéraire par le haut, plus en rocher & éboulis mais surtout entièrement équipé de cordes fixes !
    Un autre choix et une autre pratique…

    Himlung 2019, la septième chronique

    « En Slow Attitude vers le camp 3… »

    Le 8 Mai…
    Nous voici au camp 3, à 6300m, confortablement installé dans nos tentes d’altitude Black Beard. L’Himlung est presque à portée de main…

    Tous atteindre le camp 3, le plus en forme possible, avec nourriture et équipement était un objectif important de l’expédition, préalable indispensable à la partie finale de l’ascension.

    Le cadre est vraiment splendide, à la fois rassurant, nous sommes sur un grand replat et impressionnant, juste en face de l’Himlung, de l’Himjung et du Gyajikang, tous des 7000.
    La montée entre C1 et Camp 2 a été la plus exigeante, avec une première pente de cailloux peu agréable puis des passages sur un glacier tourmenté qui est heureusement devenu de plus en plus simple jusqu’au camp 3. Certains ce sont reposé au camp 2, d’autres auraient du le faire… Le déplacement au camp 3 c’est surtout fait en mode slow sur deux journées, pour ralentir notre progression, météo oblige.
    Quel confort et quel luxe d’être simplement là, à faire du camping sur un glacier himalayen.
    Il fait grand beau, exceptionnellement sans les précipitations habituelles de l’après-midi et le développement des cumulus, mais avec énormément d event en altitude (80 kl/h à 7000). La faute au cyclone Fanny qui stationne actuellement sur le golfe du Bengale.
    Nous avons 4 jours devant nous pour réaliser quelque chose.
    Mais quoi ?
    – Et surtout comment ?

    Tout dépendra du vent en altitude et de la forme physique des uns et des autres. Et nous sommes un groupe particulièrement hétérogène de ce point de vue.

    Rendez-vous vers le 14 Mai pour plus de détails…
    Chacun aura alors fait qu’il aura pu et aura vécu le mieux possible cette expérience de vie en altitude, sur ces montagnes hautes et blanches.
    Paulo_comme « at home »


    Himlung 2019, la huitième chronique

    « De l’usage du temps… entre météo et créneau de sommet »

    Dimanche 12 Mai
    Quelques cm de neige ont radicalement changé l’ambiance du camp de base. L’orage, d’une rare violence, est arrivé en début de soirée du 11 mai, illuminant la tente mess et nous faisant sursauter  a chaque coups de tonnerre.
    L’occasion d’apprendre qu’éclair se dit THOK ou CHATTANG et tonnerre, GARANGURUNG ou DUKEK en langage Bothe ou Nepali. Car nous sommes une agence multi ethnique…
    L’orage est un phénomène rare en Himalaya durant les périodes des expéditions du printemps ou de l’automne. On le retrouve plutôt en été durant la mousson. Celui-ci se prolongera tard dans la nuit et le spectacle pyrotechnique de Dame Nature fut particulièrement exceptionnel. Surtout depuis le confort d’un camp de base…

    « Être au bon endroit au bon moment », à cet endroit précis où se télescope la temporalité et les éléments naturels. Grâce aux prévisions météo de Yann Giezendanner, nous avons évacué la montagne au bon moment. J’imagine avec angoisse toute notre équipe au camp 3 dans le vent et les éclairs, en pleine tempête ! L’expérience de l’altitude aurait pris alors une autre consistance entre épreuve et survie.

    Les prévisions météo sont essentiels en Himalaya et pour nos activités en montagne, et pas forcément pour rester au bistrot.
    Mes rendez-vous par téléphone et SMS avec Yann sont des moments clefs de la gestion du temps, de ce temps disponible sur la montagne et souvent compté. Nous avions 4 jours depuis le camp 3 à 6300 m, d’où le sommet était possible, tous plus ou moins en forme à ce camp. Par contre la météo annoncée ne nous autorise qu’un petit créneau de deux jours, mais toujours avec un vent important entre 50/60 kl/h puis le lendemain 45 kl/h. Ce qui représente la limite supérieure « acceptable » avec des conditions de progression difficiles et surtout très froides.

    Comme souvent, la notion de « tous ensemble au sommet » est d’une extrême complexité.
    Certains ont réussi l’Himlung, d’autres le Ana Peak et le Karma Himal, et d’autres encore sont montés le plus haut possible.
    De mon côté, je n’ai pas réussi à valider la pertinence d’un camp au Lung La ni à réaliser l’Arête Sud-Ouest de l’Himlung ou le Gyarbu Himal.
    Au final, nous voici tous en bonne santé au camp de base, pour « Être au bon endroit au bon moment ».

    la très belle arête du Himjung, qui n’a pas encore été parcouru à la montée (mais seulement à la descente. la petite pointe à droite est le Gyorbu Himal. Et Frank devrait reconnaitre son arête… ?

    Mais le voyage n’est pas terminé…
    Une partie du groupe, les Lamo Kuta (les longues jambes) alias Fiona, Nico et Bernard, vont rejoindre la vallée de Manang en traversant les alpages de Phu à Naar et 3 cols à plus de 5000 m, pendant que les Sanu Kuta resteront un peu à Phu pour profiter de l’ambiance du village avant de descendre la vallée comme prévu avec l’ensemble de l’équipe népalaise et les muletiers.
    Et tout le monde se retrouvera à Koto pour le dernier trajet vers Kathmandu le 16 mai.


    Himlung 2019, la neuvième chronique

    « Depuis le Camp 3… »

    Le plus souvent, les groupes qui envisagent de gravir l’Himlung Himal ne se préoccupent que de l’Himlung.
    Et c’est bien dommage, car ils en oublient les autres sommets accessibles depuis le camp 3 qui permettraient de valoriser, d’optimiser le temps passé en altitude en réussissant d’autres sommets, tout en s’adaptant si nécessaire aux niveaux des alpinistes ou aux conditions de la montagne.
    Concrètement, s’il y a trop de vent ou trop de neige en altitude vers 7000 m, à l’étage inférieur une ascension est peut être possible. Et pour cela, les sommets du Karma Himal ou du Anna Peak sont idéal. Pourtant tout le monde reste bloqué sur la logique administrative du permis et d’un sommet unique.

    Pour notre groupe, particulièrement hétérogène tant par l’expérience alpinistique que par le niveau physique, ces sommets ont constitué d’honorables objectifs de substitution.
    Sans parler du Gyorbu Himal à proximité du Lung La, qui n’a pas encore été gravi ! (Et que je n’ai même pas été capable d’atteindre… GRRRR)

    A l’arrivée au camp 3, nous nous sommes donc organisé pour proposer à chacun la meilleure expérience possible, avec le court créneau météo disponible.

    Le groupe des alpinistes les plus compétents et en forme sont partis vers l’Himlung en cordées de deux avec un népalais dès le lendemain, François a constitué une cordée avec Frédérique pour gravir le Anna Peak, Cécile et Olivier sont restés au camp pour se reposer et avec Bernard nous avions prévu de monter au Lung La pour faire la trace vers le Gyarbu Himal pour les autres le lendemain et pour nous, envisager le sommet de l’Himlung depuis un camp 4.

    Il a fait très beau ce 9 Mai, sans développement de cumulus l’après-midi, mais avec un vent soutenu en altitude entre 50 et 60 Km/h.
    Toute l’équipe des summiters est partie vers 3h30 du matin depuis le camp 3. En restant tous entre 10 et 20 mn au sommet.

    • Luc et Sonam sont arrivés au sommet vers 9h20 et étaient de retour au Camp 3 à 12h30,
    • Nicolas et Dipeen, à 9h30 et 12H,
    • Jean-Paul et Karma à 10h30 et 15h,
    • Fiona et Dhan à 11h et 14h.
    • François et Frédérique ont gravir le Anna Peak.
    • Avec Bernard, Dorje et Anil, nous avons malheureusement fait demi-tour vers 6600 m.

    Pour se rendre compte de la réalité de la situation, il faut savoir qu’une autre équipe était avec nous au camp 3: deux alpinistes néerlandais avec deux guides népalais.
    Ils sont partis 2h avant notre équipe et étaient de retour vers 19h.
    Exténués et atteints de gelures, ils seront évacués en hélicoptère directement depuis le camp 3, le lendemain matin !

    De notre côté, le lendemain, Nicolas et Luc iront au Karma Himal.
    Olivier avec Nicolas et Cécile avec moi feront une tentative vers le Anna Himal. Puis, toute l’équipe descendra au camp 1.
    Avec Fiona, nous resterons au camp 2 car elle aimerait bien décoller en parapente le lendemain matin, mais le froid et un vent trop fort nous obligeront à descendre à pied.

    Tout le monde se retrouvera au camp de base le 11 Mai.


    Mais le voyage n’est pas terminé… Après une matinée pour ranger les affaires, certains repartent vers Phu.

    De nouveau, l’objectif est de s’adapter le mieux possible aux envies de chacun avec un programme de retour « à la carte ». Les mules n’arrivent que dans deux jours et il serait dommage de simplement les attendre au camp de base. Mais pour cela, il faut repenser toute l’organisation et accepter de se séparer en plusieurs petits groupes.

    • Jean-Paul & Luc ont envie de se poser deux jours à Phu pour profiter du village et faire une dernière rando vers un sommet.
    • Fiona, Nico & Bernard veulent traverser les cols vers Naar et rejoindre Ngawal par le Kang La. Ils partirons avec Dhan, Karma et Sonam car il y a une nuit en tente et trois en lodge.
    • Avec le reste du groupe, Dorje et moi, nous descendrons à Phu le lendemain pour rentrer ensuite avec toute l’équipe de cuisine et les mules.

    Puis, nous nous retrouverons tous à Koto à notre lodge habituel pour terminer le voyage ensemble.

    Le retour en jeep puis en bus sera particulièrement efficace et direct ! Départ 6h30 de Koto et arrivée à 21h30 à Boudhanath à l’hôtel…
    Il nous reste deux jours pour profiter de la vallée de Kathmandu !


    Himlung 2019, la dixième et dernière chronique

     » Himlung 2019, clap de fin… « 

    C’est la fin du voyage…, le temps de ranger le matériel d’alpinisme et de poser encore quelques mots sur cette aventure himalayenne.

    Cette dernière expédition à l’Himlung m’a permit de clore la réflexion sur la voie normale de cette montagne et de compléter le topo en ligne sur mon site (il ne restera plus qu’à l’illustrer et à le traduire en anglais). En particulier sur la difficulté technique de cette ascension.

    L’un des objectifs de cette expédition 2019 était de valider un itinéraire plus simple et sans corde fixe, en utilisant une voie que nous avions ouverte, l’Arête Sud-Ouest.
    De ce point de vue, nous n’avons pas réussi et j’en suis bien déçu. L’arête Nord-Ouest et ses cordes fixes restera donc la voie normale et la plus fréquentée.
    Simplement parce que l’autre arête est moins directe et nécessite plus d’efforts. Et, surtout parce que l’installation d’un camp supplémentaire change radicalement la nature de l’ascension qui devient similaire à celle d’un grand 7000. Avec donc beaucoup plus d’engagement.
    C’est vraiment dommage, car cette arête Sud-Ouest est très belle et un camp aurait été possible un peu en contre bas de l’arête, protégé par un mur de glace. C’était aussi l’accès pour le Gyorbu Himal et l’Arête Nord de l’Himjung.

    L’Himlung n’est définitivement pas un sommet facile et sa voie normale depuis le camp 3 peut être côté PD+ en neige avec une pente à 35/40° dont l’exposition est importante. Bien sûr, surtout par neige dure ou glacée.
    L’ascension de l’Himlung nécessite donc une réelle expérience en alpinisme pour être à l’aise dans ce style de pente (où toute glissade est interdite), avec une très bonne forme physique car l’effort est important et se déroule en altitude.

    Pour illustrer ce style de compétence, il n’est pas facile de trouver des courses équivalentes dans les Alpes, surtout maintenant que les courses de neige deviennent de moins en moins fréquentables.
    Je vous propose :

    • Le couloir Coolidge au Pelvoux.
    • Le Glacier du Milieu à l’Aiguille d’Argentière
    • La traversée du Lyskamm
    • La traversée du Mont Blanc

    Bien sûr, on pourra me dire qu’avec des cordes fixes, pas besoin d’avoir ce niveau technique.
    « Tout le monde peut faire l’Himlung !« 
    Bien sûr c’est faux… !
    Avant tout pour des raisons de sécurité.
    Puis, parce que les cordes fixes sont un vrai débat et que l’équipement du printemps n’est pas celui de l’automne, qu’il peut neiger avec du vent…, et alors adieu les cordes fixes !

    Au final, il y a de grandes chances que ces cordes soient déjà en place dans les parties raides puisqu’elles sont systématiquement abandonnées après la saison. Et le plus simple serait qu’il y ait une équipe (une fixing team) qui se chargerait de cet équipement en début d’automne de manière pro et systématique (ce qui éviterait que chaque expé transporte des rouleaux de corde pour rien). À suivre donc…


    En conclusion, pour réaliser l’ascension d’un sommet de 7000 abordable au Népal, il n’y a guère de choix. 

    La Putha Hiunchuli reste le sommet le plus abordable.
    Grâce à l’avancée de la route jusqu’à Dunai, son organisation est maintenant plus simple, mais pour nous, avec toujours deux vols intérieurs pour rejoindre Juphal. Avec l’équipe des guides d’Himalayan Travellers, nous allons donc proposer de nouveau ce sommet à l’automne 2020 et surtout l’optimiser et le documenter grâce à nos contacts avec les villageois de Kakot.
    J’y vais justement cet automne pour le Gyaekochen.


    Par contre, je ne retournerais pas à l’Himlung par sa voie normale, car l’équipe népalaise d’Himalayan Travellers a maintenant toutes les cartes en main et les compétences pour organiser et encadrer cette ascension au printemps 2020.
    Je m’occuperais uniquement de l’information aux participants et du we de préparation à La Grave car c’est un élément clef de la réussite d’une expédition himalayenne.
    Et, la présentation de cette expédition « by Himalayan Travellers » est maintenant en ligne sur mon site.

    Mais l’histoire n’est pas terminée !
    Sur l’autre versant de l’Himlung, au Nord, il existe un autre monde à défricher, une grande arête aux confins du Tibet. Un immense voyage en altitude pour réussir la « Grande Traversée de l’Himlung », que nous avions juste effleuré au printemps 2016.
    Rendez-vous au printemps 2021 pour… « Himlung Mega Ridge », une arête pas trop technique mais gigantesque et ponctuée de sommets vierges !

    « Never stop exploring… »


    Paulo_ le 9 juin 2019
    Un dernier jour à Kathmandu

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