Peak Hawley 6185 m, first Nepali ascent !

Le 13 octobre 2016, quatre népalais réussissaient l’ascension du Peak Hawley, un sommets de 6000 m au Dolpo récemment autorisé.

Au Sommet du Peak Hawley. Jangbu, Dhan et Deepen + Rajan à la photo.
Au Sommet du Peak Hawley. Jangbu, Dhan et Deepen + Rajan à la photo.

Miss Hawley ?

Voici une page qui explique le sens que nous avons voulu donner notre initiative avec François Damilano en nommant ainsi ce sommet.

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La première expédition officielle au Peak Hawley ! Par des Népalais !!!

Cette expédition entièrement népalaise était dirigée par Jangbu Sherpa que l’on retrouve souvent dans les compte-rendus des expés que j’organise.
Dans les jardins de Dwarika’s et de retour du Dolpo, voici l’interview de ce jeune népalais, futur guide UIAGM.

Jangbu Sherpa de Cheskam dans le Solu Khumbu
Jangbu Sherpa de Cheskam dans le Solu Khumbu

« Bonjour Jangbu, tu fais de l’alpinisme depuis plus de cinq ans avec Bishal et les groupes de Paulo, comment as-tu commencer à faire de la montagne ?

En 2001, j’ai commencé à travailler dans les treks comme « Local Sherpa.» au Mera Peak, j’ai enchainé les saisons puis en 2009, j’avais juste 19 ans, j’ai eu l’opportunité d’aller au Makalu I en tant que Hight Altitude Porter. Je travaillais alors pour payer mes études.
C’est la première fois que j’ai mis des crampons et j’ai été jusqu’au camp 3. J’ai beaucoup aimé être en haute montagne et j’ai donc décidé de continuer.
Mais en 2010, j’ai eu la possibilité d’aller travailler en Arabie Saoudite comme vendeur dans un supermarché près de Riyad, puis comme caissier.

Deux ans plus tard, de retour à Kathmandu, je n’avais plus envie de retourner travailler dans un pays arabe et mon cousin Rinjee m’a mis en contact avec Bishal pour aller à l’Annapurna IV, 7525 m.
Et depuis, je n’ai plus arrêté les expéditions avec Paulo.

Durant ces années, j’ai aussi enchainé les formations techniques avec la NMA et la NMIA. Et après le sommet de l’Himlung à l’automne 2014 avec Sonia, j’ai décidé de devenir guide de haute montagne international.

Le permis officiel !
Le permis officiel !

Parmi toutes tes expéditions que tu as faite, laquelle est la plus marquante ?

Certainement le Gyajikang en 2013, même si nous n’avons pas été au sommet. Mais aussi le Tharpu Chuli avec le projet Sherpa Women car c’était en technique alpine.
Et bien-sûr, cette première ascension du Peak Hawley à l’automne 2016.

Justement, parles-nous un peu plus de cette ascension ? Comment est venu cette idée, pour le moins originale ?

C’est Paulo qui m’a proposé d’organiser cette expé, pour acquérir plus d’expérience et surtout gagner en autonomie et pour rester au Dolpo entre nos deux expés de l’automne.
Le camp de base du Peak Hawley est aussi le même que celui de la Putha Hiunchuli (où nous allions juste après) et ce sommet était « officiellement» vierge, et jamais grimpé ou tenté par des Népalais.
C’était donc une très bonne idée.
Il m’a fallu prendre en charge toute la partie du ministère et Paulo a régler l’ensemble de nos dépenses. J’ai choisi l’équipe de népalais, mes copains avec qui je travaille avec Paulo et que je connais bien.

J’étais donc devenu chef d’expé, d’une expédition entièrement népalaise.

Combien étiez-vous ?

Nous étions une petite équipe de 4 alpinistes et un cuisinier/BC leader/porter, Kharma.
Nous avons donc fait deux cordées. J’étais avec Deepen et Rajan avec Dhan.  Dhan et moi avons un peu plus d’expérience et les jeunes plus d’énergie !

Comment c’est déroulé concrètement votre expé, depuis le briefing du ministère?

Avec Pema, de l’agence Yeti, tout a été plutôt simple pour la partie administrative.
Les fonctionnaires du ministère ne m’ont rien demandé, ni ils ont été surpris d’une expé composée entièrement de népalais.

Sur place…?

Nous somme arrivés le 4 Octobre après la traversée du Mukot Himal avec le groupe de Paulo. Ils ont continué vers Chharka depuis Mukot nous avons rejoint tout les cinq le village de Kakkot.
Nous sommes restés trois jours au village pour un peu de repos et pour organiser le transport du matériel au camp de base avec les gens de Kakkot. C’était aussi la période du travail dans les champs.

Nous sommes monté au camp de base avec 11 yaks et 3 yakmen, directement à Yak Kharka puis le lendemain au camp de base.

Il n’y avait plus personne, les deux seuls groupes de la saison étaient déjà redescendus de la Putha, sans le sommet en poche et pour le premier groupe sans avoir même dépassé le camp de base.
Surprenant…

Et avec les gens de Kakkot ?

Ils ont vraiment été surpris d nous voir sans « Quiéré », juste entre Népalais. Et surtout, ils nous ont même suggéré, la prochaine fois, de régler le permis directement au village…
«Pas besoin d’aller au ministère… ! ».

Comme la météo n’était pas très bonne, un peu de neige chaque après-mid, nous avons d’abord installé le camp 1 pour l’ascension de la Putha Hiunchuli. Puis nous avons posé notre tente au camp d’altitude du Peak Hawley le 12 octobre. Le lendemain, nous avons réussi l’ascension sans problème particulier.

Mais comment ça c’est passé ?

Jusqu’au petit col, la neige était dure, avec quelques crevasses et un pente à environ 30/35 °. Sur la première arête, la progression a été plus difficile, avec des pentes à + de 40 ° et plus de vide. Puis, depuis le premier sommet, l’arête devient horizontale et plus simple, avec aussi plus de neige.

Nous somme arrivé à 11h 45, tous ensemble.

Nous avons progressé toujours encordé, en assurant quelques longueurs à la descente.
Et nous étions très fiers d’avoir réussi seul ce sommet en technique alpine !

A la descente.
A la descente.

Oui, bien sûr, c’est une très belle réussite. Surtout réalisé de cette manière.
C’est plutôt rare au Népal.

OUI, car la plupart des népalais ne vont en montagne que lors d’un travail et en étant payés comme guide ou comme porteur d’altitude.
Cela va peut-être (certainement) changer avec la dynamique de la formation des guides UIAGM au Népal car les jeunes népalais ont besoin de réaliser leur liste de course. Mais aussi il y a le problème de l’argent et de la disponibilité.
Pour moi, c’était une belle expérience après le stage de la NMA de cet été et surtout j’aimerais refaire une expédition de cette manière en plus de mon travail de guide avec Paulo.
Peut-être sur un sommet plus difficile techniquement mais pas forcément plus haut car il faudrait alors plus de camps et de logistique.
Mais c’est aussi très difficile de choisir un sommet intéressant, de construire une équipe et surtout d’avoir suffisamment de temps en plus d mon travail de guide.
Pour l’instant, je vais terminer cette saison himalayenne en grimpant quelques petits sommets en versant Sud du Ganja La. J’espère bien utiliser mes piolets techniques pour me perfectionner un peu. Il y aura aussi deux guides UIAGM Français (Vincent Terrisse et Paulo Grobel) avec qui nous allons travailler sur les cartes du Langtang.

Et cet hiver, j’aimerais beaucoup aller en France, à La Grave. Pour apprendre à skier et surtout faire vraiment du ski de randonnée avec les groupe que Paulo accompagne.
Un rêve…


Il reste maintenant à traduire ce texte en Anglais pour pouvoir le partager avec la communauté internationale des alpinistes…
Affaire à suivre.
Mais il est temps de partir pour le Langtang.
Demain matin de bonne heure !

Jangbu et Dorje au sommet de la Putha Hiunchuli, à l'automne 2016, après l'expé au Peak Hawley.
Jangbu et Dorje au sommet de la Putha Hiunchuli, à l’automne 2016, après l’expé au Peak Hawley.
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