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La Grave et l’Alpinisme…?

Le 11 décembre 2019, l’alpinisme a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Et cette reconnaissance par l’UNESCO est loin d’être anodine ou sans conséquence.

 

L’inscription à l’UNESCO est ainsi une « reconnaissance universelle de savoir-faire, de savoir-être et de valeurs spécifiques ancrées dans la pratique depuis des siècles », grâce à un texte qui engage les États et les structures associées à défendre l’activité et sa pratique.
Mais quel rapport avec La Grave et le troisième tronçon du téléphérique qu’envisagent de construire la SATG et la mairie de La Grave. 
Tout simplement parce que ce nouveau téléphérique qui arrive au sommet du Dôme de Lauze est une atteinte directe à ce patrimoine immatériel en changeant irrémédiablement la nature de ce sommet, en niant la pratique de l’alpinisme, par la construction d’une gare de téléphérique, en déversant jusqu’à 400 personnes au sommet et en maintenant une piste de ski et de ratrac sur le glacier de la Girose.
Dans les Hautes Alpes ou en Isère, ce glacier et le sommet de la Lauze ont une importance particulière dans le massif des Écrins.
C’est un lieu unique ! 
Nul part ailleurs, il est possible de pratiquer l’alpinisme a un niveau aussi accessible tant physiquement que techniquement, et le paysage est tout simplement splendide. C’est une chance inespérée pour les alpinistes qui découvrent l’activité autant que pour le professionnel. 
Construire ce nouveau téléphérique reviendrait à réduire considérablement la qualité de l’expérience de haute montagne des alpinistes atteignant le Dôme de la Lauze en crampons ou à ski.
Les alpinistes et les amoureux des espaces naturels vont-ils simplement laisser faire ?

Ou, au contraire, rendre à ce sommet et au glacier de la Girose leur caractère de haute montagne en démontant les installations actuelles permettrait de redonner toute une valeur alpinistique au site, de la balade sur glacier à l’alpinisme facile. (Ce texte a été partager sur FB…)

Pour mieux comprendre mon propos voici des informations sur une initiative de labellisation « Terre d’alpinisme » actuellement en cours d’élaboration.

La Grave, Terre d'alpinisme UNESCO
Cherchez l'intrus...

« TERRE D’ALPINISME »

« TERRE D’ALPINISME  » EST UN LABEL DÉLIVRÉ PAR UN COMITÉ DE PILOTAGE NATIONAL PLURIEL INCLUANT LE COMITÉ ALPINISME UNESCO FRANCE, LA FFCAM, LE SNGM ET DES PERSONNALITÉS DU MONDE DE LA MONTAGNE.

L’ALPINISME À L’UNESCO

Depuis le 11 décembre 2019, l’alpinisme est inscrit à l’UNESCO* sur la liste représentative du Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité (PCI). 

Cette prestigieuse reconnaissance a été obtenue au terme d’une démarche initiée en 2011. Elle débouche sur un texte qui caractérise et documente l’alpinisme notamment grâce aux contributions des communautés et à des travaux de scientifiques et d’universitaires. 

L’inscription au PCI est un moment heureux, mais il n’est que l’aboutissement d’une première étape. 
Défini comme une activité qui s’appuie sur une tradition, une transmission, l’alpinisme est une activité vivante, qui a évolué au cours de son histoire et continuera d’évoluer.


Le PCI n’est pas un musée, c’est un soutien qui aide à assurer l’avenir d’une activité.

La Grave Territoire d'alpinisme UNESCO
Comment concilier promeneurs à la journée et alpinistes... ? Une offre touristique encore à inventer...

LES ORIGINES DU LABEL

A travers cette inscription, les États soumissionnaires et la communauté porteuse de la candidature : Clubs alpins, associations de guides, collectivités locales… se sont engagés sur des actions de sauvegarde, de défense et de développement pour des pratiques responsables conformes à l’esprit de l’alpinisme. 

Les mesures de sauvegarde protégeront les montagnes et l’activité, afin que l’alpiniste puisse continuer à trouver là-haut bonheur et liberté, en toute autonomie et en toute responsabilité de ses gestes. Aujourd’hui, il convient d’agir au niveau local avec la mobilisation des acteurs des territoires de montagne pour une mise en œuvre opérationnelle de ces mesures de sauvegarde.

La Grave Territoire d'alpinisme UNESCO
Un téléphérique emblématique...

IMAGINÉ POUR LES COLLECTIVITÉS ET LEURS PARTENAIRES ALPINISTES

Par la souplesse de ses composantes, ce label a été étudié pour convenir aux Collectivités Territoriales de montagne. 

Dans ce cadre, chaque Collectivité Territoriale s’engage selon ses moyens, son champ de compétences à mettre en place des actions nouvelles ou à poursuivre des actions existantes pour le développement et la pérennisation de l’alpinisme tel que défini dans son inscription à l’UNESCO. 

Ce label « Terre d’alpinisme » se programme à moyen ou long terme afin que des actions de fond éclosent et portent leurs fruits. En concertation avec la Comité de Pilotage local, un audit de positionnement et une réévaluation des objectifs est préconisé tous les trois ans.

L’OBJECTIF PRINCIPAL

L’objectif du label est de mettre en œuvre des actions qui pérenniseront l’alpinisme tel que défini dans son inscription à l’UNESCO. 

« Terre d’Alpinisme »  se veut être un catalyseur d’expériences et de bonnes pratiques pour un alpinisme ancré, vivant et partagé. 

L’alpinisme sera alors un marqueur identitaire fort, fierté de sa population et élément positif de différenciation du territoire.

La Grave Territoire d'alpinisme UNESCO
Le glacier de la Girose, un lieu d'apprentissage idéal.

AVANTAGES POUR LA COLLECTIVITÉ

  • Une identité et une image forte « Terre d’Alpinisme » 
  • Une valorisation unique de votre territoire par l’alpinisme 

  • Un pilotage concerté, suivi par un agent de développement FFCAM
  • Une planification cohérente sur le moyen/long terme 

  • Un partage régulier d’expériences avec le réseau de labellisés 

  • Un colloque annuel « Terre d’Alpinisme » 


LES PRÉREQUIS AU LABEL

  • Être un territoire de montagne 
  • Héberger sur son territoire un club FFCAM actif ou s’associer avec un club partenaire sur le territoire français 
  • Être dans un territoire bénéficiant d’un Comité Départemental FFCAM 
  • avec un agent de développement et d’une entité affilée au SNGM
  • Avoir la volonté de développer un alpinisme responsable et durable tel que défini dans son inscription au PCI de l’humanité UNESCO 
  • S’engager sur une durée de 3 ans minimum 

La Grave Territoire d'alpinisme UNESCO
Une cordée bien singulière ?

UNE VISION POUR L’ALPINISME

Devenir une collectivité engagée dans le label « Terre d’Alpinisme », c’est partager la conviction que l’alpinisme est un véritable « Art de vivre », marqueur identitaire fort de son territoire, porteur de valeurs fondamentales et vecteur d’épanouissement personnel, professionnel et social. 

C’est aussi accepter de le protéger, le transmettre et le promouvoir avec une certaine éthique respectueuse de l’environnement naturel et humain .

Ainsi, les critères du label sont construit autour du triptyque : 

HERITAGE – TRANSMISSION – PROMOTION 

La proposition du "Collectif La Grave Autrement"

À monsieur le Maire de La Grave

À monsieur le directeur de la SATG

Le 11 décembre 2019, l’alpinisme a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Cette inscription officialise une « reconnaissance universelle de savoir-faire, de savoir-être et de valeurs spécifiques ancrées dans la pratique depuis des siècles », grâce à un texte qui engage les États et les structures associées à défendre l’activité et sa pratique. Cette reconnaissance par l’UNESCO est loin d’être anodine ou sans conséquence puisqu’elle donne une base juridique à la pratique de l’alpinisme en droit international.

Cette reconnaissance offre désormais la possibilité d’une labellisation du territoire de La Grave-Villar d’Arène sous l’intitulé « Terre d’alpinisme ». Une initiative mise en place par la FFCAM, le SNGM…

Cette dynamique de promotion culturelle et économique nous semble à la fois pertinente et riche de sens pour notre territoire, car elle offre un modèle de développement qualitatif, assis sur une reconnaissance internationale, et susceptible d’attirer des visiteurs à la recherche d’un tourisme différent.

Mais enclencher cette dynamique nécessite un temps de réflexion collective. C’est pourquoi le Collectif la Grave Autrement demande officiellement à la mairie de la Grave et à la SATG, un moratoire de trois ans AVANT la construction du troisième tronçon du téléphérique.

Les étapes proposées pour ce moratoire sont les suivantes :

  1. La première année et dès cet automne :
 arrêt de l’aménagement du glacier (le bouchage des crevasses à la pelle mécanique) et de l’exploitation du téléski du glacier, début de la réflexion «  La Grave-Villar d’Arène : Terre d’alpinisme » dans le cadre de la préparation des états généraux du tourisme des territoires de montagne.
  2. La deuxième année (2021) : 
analyse des prévisions économiques présentées par la SATG. Réflexion et construction de solutions de développement économiques soutenues par la labellisation «  La Grave-Villar d’Arène : Terre d’alpinisme ». Présentation lors des états généraux du tourisme des territoires de montagne
  3. En fin de la troisième année (2022) : 
présentation de tous les projets économiques et, (éventuellement) consultation populaire. Afin de pouvoir expliquer la démarche et présenter ses arguments, le Collectif « La Grave Autrement » sollicite l’organisation par la Commune d’une réunion de concertation dans les plus brefs délais. Il importe aux membres du collectif que cette démarche soit largement partagée et que les arguments des uns et des autres soit échangés dans la plus grande transparence.

Avec nos salutations respectueuses

Cet article a été mis en ligne le 24 Juillet 2020, jour de la rencontre officielle avec la Mairie, puis avec la SATG pour proposer ce moratoire.

Quelle en sera la suite, au fil des prochains mois ?… 

2 réflexions sur “La Grave et l’Alpinisme…?”

  1. TERRITOIRES — Extrait « De l’Astrolabe au Cabinet de curiosités » in http://astrolabe-compendium.com

     » Faire ses premiers pas, pousser son premier cri… une altérité en mouvement. Le mécanisme s’articule autour d’un «élan altérant» (introduisant du double dans l’unique), un pas en alternance où l’Un rejoint obligatoirement l’Autre avant que celui-ci ne doive à nouveau lâcher prise. Un déséquilibre à rétablir dans son équilibre précaire sur un fil de soi/e (dit aussi «fil de la vie» et signe du destin, 9 mois à dos de chameaux sur la route du même nom raconte la légende). Un instant en suspension échappant à la conscience et faisant de ce mouvement instantané une éternité, un temps détruit créateur de durée révélant la part inconnue de l’Etre. La marche s’inscrit dans un mouvement naturel d’équilibre réajusté, un déséquilibre abandonné, un porte-à-faux du vivant assumé, transfigurant et bouleversant le réel d’un sujet à la fois blessé par le manque de l’autre puis lumineusement consolé (cum/solis, avec le soleil) par ce même autre, selon une opération de type énantiologique (enios/logos, discours de contraires complémentaires). Un « innommable paradoxal» inscrit dans le mouvement du monde, sa trame, son Texte…– la marche de l’Homme et sa dualité sur un fil. Un je ne sais quoi presque rien de la Connaissance jonglant avec la Vérité, «l’innommable paradoxal» du monde, l’équilibre de son épuisement.
    Parler n’est pas innocent. A la naissance de l’Etre et de la Lettre, un corps écrit/et cris faisant route et trace, incarnation d’une énergie…. — encore faut-il le dire. Le A, le C ou le O, souffles d’une inspiration et aspiration de la base vers les sommets… — consonne voyelle labiale ou dentale, phonique ou très sourde, une essence d’Absolu… — un yoga de toutes les postures. Un oui à la vie sa bienvenue, une identité révélée dans toute sa représentation sonore ou graphique (le geste de la parole, le parfum de sa couleur…), une plastique calligraphique mise à jour par un point un trait, une Lettre en son Etre magnifié, ensorcelé et libéré… — l’âme des douceurs et des douleurs. Sans doute le phrasé (tourner sept fois sa langue…) n’est-il que révélation et traduction de ce quelque chose d’Autre (en chacun l’étrangeté, l’Unique et l’originalité) — la part minuscule et géante du sujet, son lieu son lien offerts à la Terre et au Ciel (ce qui l’enracine, l’élève, son ADN sacré et secret — sacrum/facere… sa part de sacrifice — ce qu’il faut abandonner à l’Autre), une rencontre du Corps avec l’Esprit (une langue, un savoir-être/faire…). Le destin tragique et magnifique du mot se faisant miroir dans l’éternel glissement et correspondance de la Lettre avec l’Etre, une logique d’équilibre de son mouvement.  » Didier COFFY

  2. Salut à toutes et tous,
    ne pas louper l’article du Monde du 9/10 Août 2020, une interview de Nastassja Martin « Anthropologue des Cimes » très bien fait et engagé dans le collectif « La Grave autrement ».

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