4 jours en Meije.

La traversée de la Meije… La plus belle course d’alpinisme du Pays de La Meije,
juste en face de la maison.

Et un reportage en photos d’Eglantine sur notre traversée de la Meije en Slow Attitude.
Avec comme mots clefs, … prendre notre temps,  … et mieux en profiter.
C’est tellement exceptionnelle, cette traversée des Arêtes de la Meije !!!

Merci à Guillaume et à Louis, les gardiens de l’Aigle et du Promontoire, aux deux bouts de la traversée.

Un télé bien "Vintage" et à l'avenir incertain...
Un télé bien « Vintage » et à l’avenir incertain…

 

Au Pays de la Meije, C'est bientôt l'automne.
Au Pays de la Meije, c’est bientôt l’automne.

Chaque année, la fin de mon été d’alpinisme est consacrée à La Meije, par période de 4 jours.
Juste après la semaine « Escalade au Pays de La Meije » qui est aussi une forme de préparation à la traversée.

Généralement, le temps est stable sans les orages de fin de journée, les conditions de la montagne sont optimum avec très peu de neige sur les arêtes et après le 15 Août il y a déjà moins de monde en montagne.

L’enchainement de plusieurs traversées, ( 2 ou 3 au maximum) me permet de mieux connaître et comprendre les conditions de la montagne, d’optimiser la conduite de la cordée et mon travail de guide. Un vrai luxe…
Bref, de mieux en profiter et de valoriser encore plus le caractère exceptionnel de ce voyage en Meije.


Cette année, j’ai vécu deux traversées de la Meije bien différentes.

  • En cordée de deux, avec Jean.
  • Puis en cordée de trois, avec Eglantine et Daniel.

Avec Jean, nous avions réalisé ensemble le séjour « Escalade au Pays de La Meije » et nous étions particulièrement en forme et entrainé après 15 jours ensemble en montagne.
Nous avons même décidé de ne pas utiliser les câbles pour mieux nous rendre compte de la réalité des passages d’escalade sous la Dent Zigmondy, quitte à arriver un peu tard au Refuge de l’Aigle (mais avant le repas du soir…).

Ce questionnement sur le rôle des Câble aujourd’hui, avec la technique en glace et les engins modernes, a pris tous son sens car l’escalade est particulièrement belle et intéressante sans les câbles, elle demande juste à progresser en enchaînant des longueurs et à se protéger le mieux possible.
Une très belle expérience.

En cordée de trois, avec Daniel et sa fille, l’histoire est bien différente mais toute aussi intéressante.
C’est la réalisation d’un rêve d’alpinisme partagé en famille et un beau challenge.
Nous avons donc décidé de prendre le temps pour grimper le mieux possible et assurer convenablement sur toute la traversée. Forcément, cela demande plus de temps et nous sommes arrivé bien tard à l’Aigle, mais sans trop de stress, la météo étant plutôt bonne.

« Quitte à exploser un horaire autant le faire avec bonheur et dans la bonne humeur ! »

Merci encore à Louis pour la surprise de la pizza du soir !

Mais sans les câbles, nous n’aurions pas réussi cette Traversée de la Meije.

  • Si les câbles n’existaient pas, nous nous serions certainement plus entrainé ensemble pour avoir de la marge et être plus efficace dans une progression simultanée.
  • Si le câbles n’existaient pas, la notion d’horaire aurait été plus contraignante et nous aurions certainement fait demi-tour au Glacier Carré pour éviter un bivouac sans matériel et peu confortable sur les arêtes.

Sans aucun doute, les câbles enlèvent une bonne part de l’engagement de la course et permettent d’en diminuer la difficulté.
Mais est-ce vraiment pertinent ? Surtout pour un équipement sensé apporter plus de sécurité…
Au moins, la question mérite d’être posée et argumentée.

Mais ce n’est pas non plus primordiale, c’est juste un regard posé sur nos contradictions d’alpiniste.

Voici donc quelques photos et commentaires de deux traversées de la Meije qui terminent en beauté un été d’alpinisme dans les Alpes.

Merci à Eglantine, Daniel et Jean pour ces instants en Meije,
particulièrement riches d’émotions et d’expériences.

Et rendez-vous l’été prochain…


vers le Refuge Chancel... Miroir.
vers le Refuge Chancel…
Miroir.

 

Et un couchée de soleil d'une belle douceur.
Et un couchée de soleil d’une belle douceur.

4 jours en Meije ???

C’est tout d’abord choisir une période longue pour réaliser la traversée de La Meije en deux jours et demi, avec une nuit au Refuge du Promontoire et une nuit au Refuge de l’Aigle (ou au sommet du Grand Pic pour un bivouac d’anthologie).
C’est, idéalement, avoir une journée de plus pour se retrouver en montagne avant la traversée, pour reconstruire les habitudes de la cordée par une première course d’alpinisme en rocher. Mais, c’est aussi une journée pour éventuellement mieux se caler avec les réalités de la météo.
Un rendez-vous, directement à la maison, la veille, permet d’avoir le temps de préparer le matériel et de décider du déroulement de l’ascension.

Pour moi, la nuit au refuge de l’Aigle fait vraiment partie du voyage. Je n’imagine pas une seconde descendre directement en vallée après une traversée.

Il me plait de prolonger ma présence là-haut, même si notre progression a été particulièrement efficace. Cette nuit supplémentaire en refuge permet de valoriser le retour dans la vallée, sans stress ni courbatures. Une sorte de sas avant le retour dans la vallée des Hommes et notre quotidien.
Bien sûr, le point de départ est toujours La Grave car, à la fois c’est un peu « chez moi » et l’itinéraire des Enfetchores pour traverser la Brèche de la Meije et rejoindre le Refuge du Promontoire est de toute beauté.
Un petit détour par le Refuge Chancel est aussi une très belle idée qui permet d’avoir plus de temps et de tranquillité dans les Enfetchores.
Et, cerise sur le gâteau, ces quatre jours en Meije représentent le même coût qu’une tarification « à la course », utilisée habituellement.


Vers la Brèche de la Meije

L'oeil du glacier.
L’oeil du glacier.

 

Et des chamois bien matinaux.
Et des chamois bien matinaux.

 

Un peu d'assurage, dans les Enfetchores.
Un peu d’assurage, dans les Enfetchores.

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Bientôt à La brèche.
Bientôt à La brèche.

 

Eglantine, bien songeuse à La Brèche.
Eglantine, bien songeuse à La Brèche.

 

Avec Daniel, à l'arrivée au refuge de l'Aigle.
Avec Daniel, à l’arrivée au refuge de l’Aigle.

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Pour une douce après-midi au refuge. Quel beau lieu !
Pour une douce après-midi au refuge. Quel beau lieu !

La traversée de la Meije

Un parcours d’alpinisme exceptionnel, à la fois pas trop difficile pour rester accessible et suffisamment complexe pour combler les alpinistes expérimentés.

Si la météo reste déterminante, avec la nécessité de disposer d’une grand journée de beau temps stable, la préparation de la cordée doit être à la hauteur de la course.
Je choisi le plus souvent un départ du Refuge du Promontoire de jour, pour mieux profiter de l’ambiance de la course et laisser passer devant les « avions de chasse » qui enchainent traversée et descente.

La traversée de la Meije est avant tout une course de rocher très varié.

Elle nécessite une belle aisance dans une progression à corde courte dans un terrain facile mais exposé, puis dans les passages d’escalade de la Muraille Castelnau avec plus de manœuvres de corde mais mieux protégés.
Être à l’aise dans le 5 sup permet d’être serein juste au-dessus de la Dalle Castelnau puis dans la Cheminée et la Dalle des Autrichiens ou au Cheval Rouge avant le Chapeau du Capucin.

Le Glacier Carré n’est généralement qu’une formalité, même si l’engagement de la cordée, évoluant en corde courte est bien réel.

La montée au Grand Pic, dans du gneiss avec de bonnes prises, s’effectue généralement à corde tendue avec quelques points intermédiaires judicieusement placés.
La descente des rappels est relativement simple. Il faut juste être autonome dans ce type de manoeuvre. Attention, cordes de 50 minimum !
Après la traversée sur le fil de la Brèche Zigmondy, les crampons sont remis dans une position acrobatique avant de suivre les câbles qui permettent de traverser plus facilement sous la Dent.
Des câbles n’ont rien à faire ici !
Quelle manque d’élégance…


En Meije…

Dans la petite traversée vers le Couloir Duhamel. Celle du bas...
Dans la petite traversée vers le Couloir Duhamel. Celle du bas…

Cordée de deux ou de trois personnes… ?

Forcément une cordée de deux, car l’engagement est bien réel dans toutes les parties où il faut évoluer à corde courte.

Par exemple, depuis le refuge du Promontoire jusqu’à la Dalle Castelnau et pour toute la remontée du couloir Duhamel. Surtout, le plaisir des seconds de cordée n’est pas le même à trois, et pour le leader la tache est beaucoup plus complexe. Elle nécessite souvent de faire plus de longueurs, d’assurer avec plus de précision. Et donc avec des contraintes d’horaires…, surtout sans les câbles !
Ce n’est pas du tout la même course et je préfère définitivement l’agilité, la sérénité et l’intimité d’une cordée de deux personnes.


Le début de la Muraille Castelnau. Certainement le plus beau passage.
Le début de la Muraille Castelnau. Certainement le plus beau passage.

 

Sous les vires du Glacier Carré.
Sous les vires du Glacier Carré.

 

Bien plus tard, sur les Arêtes.
Bien plus tard, sur les Arêtes.

Au refuge de l’Aigle.

Au petit matin, après un petit déjeuner pas très matinal.
Au petit matin, avant un petit déjeuner pas très matinal.
Le regard posé sur les Arêtes sera forcément différent après la traversée.
Le regard posé sur les Arêtes sera forcément différent après la traversée.

Allez, on continue la traversée…

Depuis la fin du câble, la suite de la traversée est plus simple, mais elle nécessite une attention soutenue et la capacité de marcher ensemble, avec une corde plus ou moins courte.
Quelques descentes un peu techniques nécessitent un assurage précis et une bonne expérience de ce terrain. Il faut donc s’être bien économisé pour rester vigilant et en forme.

La neige est parfois présente dans certaine traversées des Dents Blanches et il faut les négocier au mieux.

Du sommet du Doigt de Dieu, la descente en 4 rappels est plutôt simple et le passage de la rimaye ne nécessite qu’une corde assez longue (25 m, 50 m, 25 m puis 50 m minimum). Il faut juste arriver avant la nuit au rappel de l’arrête !
Et nous voici au Refuge de l’Aigle, après un parcours glaciaire parfois crevassé et une courte remontée.

L’accueil par Louis, le gardien du refuge, est à la hauteur des lieux et de notre bonheur d’avoir réussi la traversée dans de belles conditions.

Clap de fin…

Eglantine et Daniel... We did it !
Eglantine et Daniel…
We did it ! Et quelle belle journée.

Paul, depuis Hyères
Un dernier jour à la maison du Sud, le 12 septembre 2016

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