• himlung himal topo

    HIMLUNG HIMAL, le topo

    Voici la deuxième version de ce topo de l’HIMLUNG HIMAL, rédigé en Janvier 2019 et qui sera complété après notre expédition du printemps 2019.
    Certaines parties sont donc identiques et d’autres nécessitent encore d’être validées.

    Les photos arrivent bientôt…

    Il s’agit de la description de la nouvelle voie normale inaugurée par une équipe de Kobler & Partners. Je n’ai pas encore élucidé la genèse exactement de cet itinéraire.
    A partir du camp 3, deux itinéraires sont possible. Ils seront décrit séparément.
    L’ancienne voie normale n’est pas décrite, ni celle du versant Nord Est.

    Par contre, la traversée de l’Himlung mériterait un chapitre complet pour inciter d’autres équipes a envisager ce challenge exceptionnel de la traversée d’un 7000.

    Pour cette nouvelle voie normale de l’Himlung :

    • le cadre des montagnes est grandiose,
    • l’itinéraire est intéressant et relativement court,
    • Il ne présente difficulté particulière, mais nécessite d’être à l’aise dans des pentes de neige à 30/35°
    • Il n’y a pas de danger objectif particulier.

    Himlung Himal topo…
    Petit retour en arrière.

    Ma première visite à l’Himlung date de l’automne 2002, avec Ram Kumar Gurung et aussi Bishal Rai. Ce fut la troisième ascension de la montagne mais aussi la première expédition encadrée. J’ai d’ailleurs écrit un article dans la revue Vertical sur cette ancienne voie normale.

    En 2013, durant notre expé au Gyajikang, j’ai été très surpris de rencontrer Kari Kobler sur un autre versant de l’Himlung. Il encadrait une grosse expédition scientifique sur un nouvel itinéraire à l’Himlung, beaucoup moins exposé et dangereux que la voie normale.
    Forcément, j’ai eu envie de vérifier par moi-même l’intérêt de ce nouvel itinéraire et surtout de le promouvoir pour limiter les accidents sur la montagne.

    À l’automne 2014, durant notre ascension de l’Himlung, malgré la quantité de neige tombée (le cyclone Hundhund) et notre méconnaissance de l’itinéraire, les journées se sont enchaînées naturellement. Nous avions opté pour une progression continue en utilisant trois camps d’altitude, avec deux jours pour déplacer chaque camp et pour nous acclimater en douceur.

    En 2015, de nouveau à l’automne, nouveau succès mais rendu plus aléatoire à cause de conditions météo difficiles. Pas de neige et une progression simplifiée avec tout le monde au rendez-vous du Camp 3.
    Ce qui a permit de confirmer :

    • la cotation technique (PD+ en neige, l’Himlung n’est donc pas un sommet facile !),
    • la longueur de la dernière journée.
    • la beauté des lieux.

    En 2016, nous y voici au printemps pour pouvoir bénéficier d’un temps plus clément en altitude, d’une autre réalité de vie à Phu et de plus de tranquillité.
    Le résultat est particulièrement intéressant et à lire dans « Incrédible Himlung » puis dans « 3 photos pour l’Himlung ».
    Avec l’ouverture de deux nouveaux itinéraires :

    • l’Arête Sud_Ouest, que nous avons baptisé « Dédicated to the Braves… ».
    • une arête plus difficile (« Just for him ») dans le versant Ouest et qui conduit idéalement à un sommet sans nom entre l’Himlung Goth et le col du Lung La.
    • Nous avons également validé l’intérêt du French Camp, juste en face du Kari Kobler Base camp, où nous avons taillé des plateformes.

    Nous y sommes retourné au printemps 2017, avec plusieurs projets, dont celui d’une grande traversée et d’une marche d’approche un peu différente.

    Enfin en 2018, avec Himalayan Travellers, l’agence que nous avons créée avec Bishal nous avons commencé à préparer une expédition à l’Himlung organisée & encadrée par des guides népalais et avec le concept « 1 pour 1 ».
    Puis, avec Himalayan Map House (HMH) nous avons publié la nouvelle carte de l’Himlung.
    Elle est facilement disponible à Thamel et je peux aussi vous en envoyer un exemplaire.

    En conclusion
    Cet itinéraire est maintenant très fréquenté et cela va forcément s’amplifier. Surtout à l’automne.
    La traversée de l’Himlung reste encore à réussir. J’y retourne à l’automne 2020 !
    C’est bizarre, je crois qu’il n’y a pas encore d’ascension hivernale de l’Himlung !

    Beaucoup de pages sont consacrées à l’Himlung sur mon site et forcément on s’y perd un peu.
    En voici un inventaire complet.

    Himlung Himal Topo… Difficulté et cotations.

    Il y a donc maintenant deux itinéraires pour la voie normale avec une partie commune jusqu’au Camp 3.

    • Par l’Arête Nord Ouest. La plus fréquentée, avec des cordes fixes. J’estime cet itinéraire IV/PD+ en neige, en cotation himalayenne.
    • La quasi totalité des équipes utilisent des cordes fixes pour rejoindre l’Himlung Pass, puis un peu plus haut à proximité de l’arête quand la pente est proche de 35°.
    • Par l’Arête Sud-Ouest. La plus facile…, sans corde fixe. J’estime cet itinéraire IV/F+ à PD en neige, en cotation himalayenne. Avec éventuellement un camp supplémentaire au Lung La pour diminuer l’effort physique du dernier jour (moins de 300 m de dénivelée pour rejoindre le sommet !

    C’est cette manière de faire que nous allons inaugurer au printemps 219 pour l’Expédition Montagnes Magazine/ Expéditions Unlimited.

    RDV au retour pour le compte rendu, et forcément un article dans un prochain n° de Montagnes Magazine

    Himlung Himal topo… les camps

    Le camp de base classique et obligatoire. Kari Base Camp !
    De la place, de beaux emplacements aménagés mais par contre une réelle difficulté pour l’approvisionnement en eau par l’équipe de cuisine.

    Le «French Camp», 4925 m
    N 28° 46 493… E 84° 20 969
    1h à 2h30, suivant les conditions d’enneigement.
    Juste de l’autre côté du glacier, mais radicalement dans un autre monde !
    Après une descente raide mais courte (corde fixe), Il faut traverser le Glacier de Pangri sur de gros blocs peu commodes (cairns, balisage et «traces» de sentier) puis remonter la moraine de l’autre rive (peu confortable et dangereux, chutes de pierres. Parfois équipé de corde fixe pour la dernière section de la moraine).
    La logistique pour l’installer est beaucoup plus complexe et couteuse car il est impossible de traverser le glacier avec des mules. Il y a donc une rupture de charge à gérer, dans tous les sens du terme.

    Ce nouveau «French Camp» inauguré en 2014 (et que j’ai systématiquement utilisé depuis) est plus petit, plutôt agréable, avec surtout de l’eau à proximité. Il est aussi à l’abri des avalanches. Je n’y ai jamais vécu une cohabitation avec d’autres équipes (A expérimenter ce printemps 2019).

    Le Camp 1.  5435 m
    N 28° 45 384… E 84° 22 147
    De nombreux emplacements sont possible. Nous y avons même installé l’équipe de cuisine en 2015. Il y a de l’eau à proximité. Mais qui devient parfois terreuse l’après-midi.
    Depuis le French Base Camp l’itinéraire est très simple et rapide (2 à 3 h) sur un terrain de randonnée, avec des moraines et des vallons. Un parcours très agréable.
    L’enneigement change bien sûr la progression, mais il n’y a pas de pentes particulièrement avalancheuses sur le parcours.

    Camp 2. 6035 m. (Notre Middle Camp 2, en 2014)
    N 28°46 591… E  84° 23 138
    Il y a trois emplacements différents en fonction du choix de progression.
    Low, Middle or Hight.
    Le dernier, le plus haut, est souvent utilisé comme base de départ pour le sommet. Ce qui augmente la durée d’une ascension déjà longue et éprouvante (et autant au retour) soit au minimum deux heures de plus.
    Est-ce vraiment pertinent ?

    Je préfère largement faire un camp supplémentaire plus haut, au camp 3 et utiliser le Low Camp 2.

    Depuis le camp 1, l’itinéraire est impressionnant (de loin !) mais la pente initiale en éboulis avec de petits éperons ne présente pas de difficulté. C’est juste un exercice peu agréable. Un « sentier » y a été aménagé en 2013 par l’équipe népalaise de Kari Kobler, qui est encore visible.
    Il existe actuellement deux itinéraires à partir du sommet de la pente d’éboulis à la fin du « sentier ».

    Le plus utilisé consiste à rester le plus longtemps possible dans le rocher, avec des passages un peu délicats équipés de cordes fixes (coréennes). Puis une grande traversée sur une banquette d’éboulis permet de rejoindre le glacier. Attention aux chutes de séracs !
    Le deuxième itinéraire rejoint le glacier plus bas, c’était l’itinéraire initial.

    Rejoindre sur la droite le sommet d’une côte qui permet de basculer sur l’autre versant. Une traversée dans des pierriers suspendus (avec une trace de sentier) conduit sur le bord du glacier. Longer le glacier (crevasses et terrain bouleversé, cailloux et neige, délicat et peu agréable…) jusqu’à prendre pied sur le glacier plus plat avec de grandes marches, quelques détours nécessaire.
    En fonction des saisons et de l’enneigement, ce passage représente le point délicat de l’ascension. Il est souvent équipé de corde fixe (la dernière fois, nous y avons installé une cinquantaine de mètres).
    Puis, remonter le glacier en contournant quelques crevasses, puis en s’écartant un peu du mur de glace (chutes de séracs). Passage très esthétique.

    • Le premier Camp 2 (Low C2) se situe sur un replat formé par une crevasse, uniquement pour 4 ou 5 tentes.
    • Plus haut, à 1/4 h, 30 mn de +, l’emplacement du «Glacier Camp» est à la fois très agréable et suffisamment vaste pour accueillir plusieurs groupes.
    • Le C2 Hight se situe plus d’1/2 h après le Low, juste avant une petite descente.

    Nous avons toujours évolué encordé sur le glacier, même s’il présente peu de dangers liés aux crevasses.

    Malheureusement, ce n’est pas le cas de la majorité des alpinistes encadrés par des « guides » népalais !

    Le Camp 3. 6210 m.
    N 28°46 758… E 84°23 942
    2 h max… Grande et belle ambiance, un lieu exceptionnel.
    Depuis le C2 Hight ou Low, Il est très facile d’accès en continuant de remonter l’épaulement glaciaire jusqu’à la dernière bosse avant l’arête (plusieurs montées & descentes).
    Peu ou pas de risque d’avalanches ou de coulées malgré les pentes au-dessus (à vérifier par conditions exceptionnelles).

    Depuis ce camp, il est également possible de gravir un petit sommet (le Karma Himal) à plus de 6000 m, si les conditions météo ou la forme du groupe ne sont pas au rendez-vous pour envisager l’l’Himlung.

    Himlung Himal topo, l’ascension

    Himlung Himal par l’Arête Nord-Ouest
    Il s’agit d’une vraie grande journée et ce n’est peut être pas un hasard s’il y a si peu de réussites, par rapport au nombre de personnes présentes au camp de base !
    La première partie de l’ascension consiste à rejoindre le col de l’arête Ouest par des pentes de neige un peu raides, 35° souvent en neige dure et exposées. Des cordes fixes sont souvent installées (peut-être 600 m, 3 rolls de Koreen rope, broches utiles).
    Il me semble que cette partie de l’itinéraire est devenue classique lorsque l’ancienne voie normale était encore fréquentée.
    Peut être est-il judicieux actuellement de choisir un itinéraire plus direct pour rejoindre le col ?
    Au col même, la pente devient plus douce avec des replats. Une traversée (avec parfois une crevasse) conduit à la pente principale, d’abord peu pentue, elle se redresse progressivement.
    Après une rimaye, généralement sans problème, la pente le long de l’arête se creuse. C’est le passage le plus raide environ 400 m à 30/35°. Par neige dure, l’exposition est forcément importante. On débouche ensuite sur sur une pente légèrement plus douce, jusqu’à un replat avant la dernière petite pente finale.

    La fin est une affaire de mental et il faut surtout rester concentré avec encore un peu d’énergie pour la descente !

    Juste pour info, pour l’expé de la tentative de traversée, nous avions installé un camp sur ce replat à 7050 m et donc à deux pas du sommet.
    Grandiose !

    Himlung Himal par l’Arête Sud-Ouest.
    C’est l’arête que nous avons inauguré en 2016. Elle est plus facile que l’arête Nord-Ouest et se parcours sans corde fixe en progression alpine. Elle utilise de grandes pentes de neige pas trop pentes mais crevassées.
    Un camp supplémentaire est certainement conseillé au col à environ 6850 m. La suite d l’arête présente quelques petits ressauts.

    Ce chapitre sera complété à notre retour en début d’été 2019.

    Himlung Himal topo… Informations complémentaires

    La descente est expéditive.
    Généralement, nous dormons une nuit au camp 3 au retour du sommet. Puis le lendemain, nous rejoignons directement le camp de base.

    Style de progression.
    Il existe actuellement trois manières différentes d’envisager cette ascension.

    • En progression traditionnelle «en dent de scie», avec installation préalable et fixe des camps d’altitude et retour au camp de base.
    • En progression continue, avec un seul jeu de tente et SANS retour au camp de base, mais avec des aller-retour pour installer le camp supérieur.
    • En technique alpine «pure», en continu et sans aller-retour, après une acclimatation préalable sur un autre sommet.

    A chacun de choisir la formule qui lui convient le mieux, ou plutôt de vivre le mieux possible la formule choisie.


    Bon voyage en altitude.
    N’hésitez pas à laisser un commentaires ou à compléter ces informations.
    Merci d’avance.
    Paulo Grobel_entre clavier et ski de randonnée

    Si vous souhaitez utiliser les photos de cette page…

    Pas de souci ! It’s free…

    Mais, ayez au moins l’élégance de citer l’origine ou l’auteur (par exemple www.paulogrobel.com , ou copyrigh Paulo Grobel et les autres auteurs ).



    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.