SKI d’Himalaya, un premier 7000 au Népal

Pour qui veut conjuguer le ski et l’Himalaya, les idées ou les propositions ne sont pas nombreuses.

Il y a le Mustagh Ata (en particulier avec Jean René Minelli et SERAC) et les projets de ski-pulka de Pierre Neyret au Pakistan.
Mais au Népal, RIEN.
Même si de belles choses ont bien sûr été réalisé ponctuellement.

Aucune idée ne s’impose d’emblée, ni dans la catégorie des sommets en aller-retour ni dans celle des traversées au long court. Même la «Haute Route de Samdo», pourtant exceptionnelle est restée dans les cartons, je n’ai pas encore réussi à repartir.

Pourtant quel plaisir que ce ski d’Himalaya !!!

Au printemps 2015, avec Daniel de Gabay, nos courbes se sont faites particulièrement douces et agréables. Quel bonheur intense que de tracer harmonieusement à la montée ET à la descente dans cet univers immense.

Piétons et skieur au Manaslu... la neige est d'enfer !
Piétons et skieur au Manaslu… la neige est d’enfer !
Du très bon ski à 8000 au Shishapangma. Quelle belle expé !
Du très bon ski à 8000 au Shishapangma. Quelle belle expé ! Nemo…
Loin au dessus des nuages en direction du Panbari.
Loin au dessus des nuages en direction du Panbari.
Une tente, des skis et le plaisir d'être en Himalaya
Une tente, des skis et le plaisir d’être en Himalaya

Les skis en Himalaya… un outil idéal de progression !

En Himalaya, le ski permet de monter tout en douceur, avec une trace très régulières ce qui particulièrement compatible avec des efforts en situation hypoxique et surtout la descente est valorisée, c’est même (parfois !) un instant de plaisir. Après avoir installé le camp suivant et fait un portage, s’en retourner le sac vide et en plus faire de beaux virage donne une dimension bien différente à l’effort d’ascension d’un grand sommet.

Encore faut-il trouver le sommet idéal qui soit véritablement skiable.

Et c’est à priori le cas pour la Putha Hiunchuli,
le sommet de 7000 le plus facile de l’Himalaya Népalais.

Philippe Decamps, ancien rédacteur en chef de Montagnes Magazine, a d’ailleurs été un précurseur en la matière pour son reportage sur ce sommet en ayant embarqué des skis dans ses bagages.

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Sonia et une belle trace de montée...
Sonia et une belle trace de montée…

Plus précisément…

Nous accompagnerons l’expédition classique à la Putha Hiunchuli et il y aura donc deux petits groupes.
L’organisation sera la même jusqu’au camp de base, puis nous pourons enfin mettre les skis à partir du Camp 1.
Sur la montagne, les camps seront identiques. Les traces et le rythme seront bien sûr différents.

Comme d’habitude, une expédition se découpe en plusieurs étapes, qu’il s’agit d’articuler le mieux possible entre elles.

  • Arrivée à Kathmandu et derniers préparatifs.
  • Déplacement jusqu’à Juphal, l’aérodrome du Sud Dolpo. Il s’agit aussi d’y acheminer tout notre matériel.
  • Le trek jusqu’au village de Kakot, avec une journée de repos pour organiser le transport des bagages.
  • L’accès au camp de base et le transport de nos bagages par les villageois.
  • La partie ascension… Avec l’objectif d’être tous au sommet !
  • La descente du camp de base, forcément expéditive, et le trek de retour.
  • Le vol depuis Juphal et quelques jours de sécurité en cas. Car l’aléas de l’aérien est bien réel à l’aérodrome de Dolpa. Ou par un trek vers le village d eMu et jomosom.
  • Retour à Kathmandu, puis en France.

 

Des traces de OUF, toujours au Shisha !
Regardez bien, ces traces de OUF, toujours au Shisha !

Quelques informations importantes.

La difficulté technique de l’itinéraire envisagé.

En alpinisme, cette voie normale de la Putha Hiunchuli est cotée IV/F en cotation himalayenne.

En ski de randonnée, je ne sais pas trop. A compléter à notre retour en utilisant les cotations en usage dans les topos ou sur les sites web.
C’est un itinéraire plutôt simple.
Il est par exemple beaucoup plus simple que le Dôme des Ecrins, car il n’y a pas de zone très crevassée, ni de pente raide.

La taille du groupe.

De 4 à 6 personnes.

Le style de progression.

Il s’agit d’une progression continue avec 4 camps d’altitude.
Peut-être utiliserons nous deux jeux de tente pour faciliter l’installation du camp d’altitude suivant.
A ski, nous progresserons sans être encordé mais avec baudrier et corde dans le sac, et jamais seul.

A pied ou à ski ? Comment ça s’organise ?

Il s’agit d’une seule expédition avec deux groupes et avec un nombre de participants maximum de 9 personnes.
Je supervise les deux groupes.
Jangbu est plus particulièrement responsable des alpinistes et Dhan s’occupe des «Nepali Leader».
Les groupes se constituent au fur et à mesure des inscriptions, avec une taille maxi pour les skieurs de 6 personnes.

Les modalités d’encadrement.

A la différence des expéditions à pieds, l’équipe népalaise peut difficilement nous aider, elle est donc plus réduite. Par contre le portage est plus simple à ski.

4 à 6 personnes : Paulo Grobel + des »Special Porters» jusqu’au camp 1.

L’équipe d’encadrement

Paul Grobel comme guide de haute montagne
Certainement Dorje Bothe, Rajan Lama ou Karma Sherpa comme «Nepali Leader».

 

L'équipe des alpinistes népalais de l'agence "Paulo Expedition & Friends", avec Bishal, le sirdar.


Dates :

Du samedi 15 octobre au dimanche 13 Novembre 2016.
Avec une rencontre de préparation pour l’ensemble du groupe le we du 9/10 Juillet 2016.
Ce rendez-vous est très importante et participe déjà de la bonne marche de notre aventure.

Budget :

6900 €.
A noter, c’est un tarif tout compris… Il n’y a pas de pourboire à prévoir.
Ni de bonus pour le sommet à payer.
Et le salaire des Népalais a bien-sûr été augmenté en conséquence.


Avant de vous inscrire à cette expédition…
Au sujet de l’utilisation des vols intérieurs népalais.

Le Dolpo est une région difficile d’accès, malgré les progrès du réseau routier népalais qui progresse lentement vers Dunai. À moins de disposer de plusieurs mois pour voyager.

L’utilisation des vols aérien domestique reste la solution la plus pertinente et nous ferons un mixte entre transport aérien et routier.

Pour notre ascension de la Putha Hiunchuli, à l’aller, il est nécessaire (pour ne pas dire indispensable) de rejoindre Dunai avec un vol vers l’aéroport de Juphal.

Pour le retour, à partir de Kakot  nous déciderons en fonction du temps disponible.
Soit par le Nord et le village de Mu pour revenir à Jomosom, avec un transfert en avion pour Pokhara et un transfert en bus pour Kathmandu.
Soit par le Sud et Dunai, avec un vol Juphal/Nepalganj ou Surkhet, et un transfert en bus pour Kathmandu. Malheureusement, il n’est pas encore possible de rejoindre à pied Dorpathan puis  Baglung en jeep en un minimum de temps.

Bien sûr, nous utiliserons Yeti Airlines et Tara pour ces vols intérieurs car notre agence au Népal en est également propriétaire.

Depuis 2014, toutes les compagnies népalaises sont sur la liste noire de l’Union Européenne et n’ont pas le droit de voler en Europe, principalement à cause de déficiences des autorités népalaises de supervision du transport l’aérien national.

Cela ne nous empêche nullement de les utiliser en toute connaissance de cause.
C’est aussi un acte cohérent avec nos réalités de ce voyage d’aventure avec un caractère exploratoire marqué.

Depuis le printemps 2016, suite à deux accidents et pour des questions d’assurance, le plus grand groupe de voyagistes (VDM avec ses marques Terdav, Allibert et Nomade) a décidé de ne plus utiliser ces vols intérieurs et de les remplacer par des transferts routiers. Cette situation rend compliquée la position des autres TO français mais surtout impacte directement l’économie touristique népalaise qui se relève difficilement de deux catastrophes en 2015, le tremblement de terre et le blocage de l’Inde. En effet, certains circuits ne peuvent pas être envisagés sans transport aérien du fait de l’isolement de certaines régions notamment celles de l’ouest.
Heureusement, certaines assurances et TO français n’ont pas suivi la décision de VDM et tous les autres pays européens utilisent les transports aériens népalais.

C’est donc aussi un acte solidaire pour le développement de ces régions de l’Ouest du Népal et qui permet à terme de faire progresser la qualité du transport aérien népalais.

Reste à savoir comment va évoluer cette situation pour les prochaines saisons au Népal et quelle sera la position des autres TO français pour sortir de cette crise.

 


 

SERAC, une agence de voyage, qui s'occupe de toute la partie administrative.

Pour s’inscrire.

Toutes la partie administrative : le règlement, l’aérien, les assurances, est assurée par SERAC, une association de tourisme, dont je suis membre, qui regroupe des guides et des accompagnateurs. 
C’est donc à SERAC qu’il faut s’adresser pour toute demande d’inscription, via le site internet.

Le lien vers le bulletin d’inscription:
http://www.serac-montagne.com/home.php?rub=reservation&xid=2212

Le lien vers la fiche technique :
http://newsite.serac-montagne.com/premier-7000-la-putha-hiunchuli

En complément de la présentation sur mon site, une fiche technique est également disponible. Elle regroupe toutes les informations « obligatoires » concernant le voyage. Il vous suffit de cliquer sur le lien dans le site de SERAC.

La préparation de l’expédition commencera effectivement lors du we de rencontre de toute l’équipe. Elle est donc fondamentale car elle permet de valider la pertinence de l’ascension pour chaque participant, tant du point de vue technique que de cohésion de groupe.

Je suis bien sûr à votre disposition pour répondre à toute les questions que vous vous posez. N’hésitez surtout pas !

Soit :

  • par mail (voir la page contact de mon nouveau site)
  • par téléphone fixe 04 76 79 99 68 quand je suis en France bien sûr !!!

Quand je suis en Himalaya, tout n’est pas perdu !
Appelez SERAC au 04 76 86 46 84.  
Noëlle connait parfaitement le domaine des expéditions et Stephanie pourra vous informer sur votre réservation aérienne, le suivi de votre demande de réservation, ect.


 

LE PRIX COMPREND:

(sur la base d’un vol international à 800€ – ré-évaluable au jour d’achat de votre vol.)

  • l’encadrement par un guide de haute montagne et un staff népalais,
  • le vol international sur ligne régulière Paris – Kathmandu A/R avec escale,
  • le ou les vols intérieurs népalais généralement opéré par Yeti ou Tara Airlines.
  • hébergement en hôtel à Kathmandu ( nuit et petit déjeuner à l’ hôtel Padma), en lodges et sous tente durant le trek et en altitude,
  • les transferts sur place en bus et jeep
  • la pension complète durant le trek et au camp de base
  • l’encadrement du we de préparation.
  • le permis de trek et droit au sommet
  • les pourboires et bonus de l’équipe népalaise

LE PRIX NE COMPREND PAS:

  • les assurances assistance rapatriement et/ou annulation
  • le visa Népalais (40 usd –environ 40 €).
  • les boissons et dépenses d’ordre personnel
  • l’équipement individuel
  • les repas du soir et de midi à Kathmandu
  • la nourriture d’altitude
  • les repas et nuitée du we de préparation.
Au dernier camp...
Au dernier camp…
Il suffit parfois de mettre un pas devant l'autre... Et à ski, celà doit être vraiment bien !
Il suffit parfois de mettre un pas devant l’autre…
Et à ski, celà doit être vraiment bien !

Slow Expedition… ?

Un détour s’impose pour bien comprendre de quoi il s’agit.
Prenez le temps de parcourir ces deux pages de mon ancien site qui sont aussi des compils de mon expérience himalayenne.

La stratégie de l’escargot.
De la Slow Attitude à la progression douce.

Il m’est impossible de faire autrement, tellement je suis persuadé de la pertinence de cette stratégie de déplacement  dans le cadre de mon métier de guide de haute montagne en Himalaya.
Bien évidemment, la progression douce ne résout pas, comme par magie, toutes les problématiques de la haute altitude. Mais au moins, elle les rends plus douces à vivre…

Pour les amateurs d’Himalaya, que j’accompagne si haut, et qui doivent concilier vie familiale, affective et professionnelle avec le projet d’ascension d’un grand sommet, il n’est souvent pas possible de s’investir dans une pratique sportive de type « Ultra » (et peut-être n’est ce pas non plus pertinent ?).

La progression douce offre une alternative moins sportive et plus sensible, en valorisant une immersion plutôt que des incursions rapides en haute altitude, en limitant le plus possible les efforts superflus.
Mais la vie en altitude reste rude, malgré toutes nos attentions pour la rendre la plus agréable et vivable possible.
Bien sûr, il faut améliorer ce concept de « Slow Expedition » pour encore mieux vivre l’altitude, pour pouvoir mieux en « profiter » et en particulier dans le domaine de l’alimentation.

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Un vraie challenge…

Dans les Alpes, le ski de randonnée est l’une des plus belles manières de parcourir la montage. Ce sont des paysages sublimés par l’hiver, de l’énergie mais aussi de la douceur, une forme de méditation active, des problématiques passionnantes de prise de décision, d’évaluation des risques et de dynamique de groupe…, et bien sûr, ce plaisir immense d’être en montagne.

Le raid à ski apporte une dimension supplémentaire d’itinérance, de vagabondages, de voyage. Il autorise un détour vers la durée, 4 jours, une semaine, la clef d’une immersion radicale en montagne et en hiver. La neige et le blanc règne en maitre et installe une coupure radicale avec le monde d’en bas.

En ski de randonnée et en raid, la notion de groupe constitue une aventure humaine rarement banale et parfois très complexe quand la sécurité est en jeu.
Et tout naturellement, l’envie de vouloir associé Himalaya et ski de randonnée devient de plus en plus impérieuse pour moi.

Pierre Neyret a réussi à relier les deux sur les grands glacier du Pakistan avec beaucoup de talent, mais qu’en est-il au Népal ?

Le challenge est prodigieusement intéressant et original car il nous faudra inventer beaucoup de choses. Mais ce qui est certain, c’est que le ski facilite grandement nos déplacement dans la neige et le rythme doux de la montée se conjugue admirablement bien avec les contraintes de l’altitude.

Faire du ski de randonnée en Himalaya transcende radicalement l’Himalayisme en y apportant plus de sérénité lors des montées, et (parfois !) un plaisir immense à la descente, avec une liberté rarement goûté dans ces immensités enneigées.
Par contre, le support d’une équipe népalaise est quasi impossible et nous oblige a reconsidérer totalement notre organisation et nos manières de faire. Être autonome en Himalaya pour un voyage en altitude de plus de 10 jours devient alors un véritable challenge. Mais l’idée d’une équipe mixte (des alpinistes et des skieurs) facilitera peut-être cette réalité.


 

@ bientôt
Paulo_depuis Kathmandu et qui rêve de ski.
Un 20 Novembre 2015
Puis une mise à jour le 29 Janvier 2016

 

39 Partages

3 réflexions sur “SKI d’Himalaya, un premier 7000 au Népal”

  1. Anny Mouthier Loyrion

    salut Paulo ! ça fait rêver…je me dis que les skis seraient peut être un moyen d’atteindre cette altitude et ce sommet est si beau, bon octobre /novembre 2016 je serais encore au boulot mais certainement plus en 2017 l’année suivante , donc je vais suivre le récit de cette expé et si tu as d’autres projets à skis en himalaya, on verra !
    je ne connais pas le Népal et je penses que tu es la bonne personne pour le faire découvrir
    sinon, on grimpe encore au soleil, la neige est là mais timide, l’été prochain nous retournons au Ladakh avec deux copains
    Guy écrit et lit toujours, nos fistons vont bien et la vie est douce dans Belledonne
    je t’embrasse , prend soin de toi
    anny

  2. paulo.grobel@orange.fr

    Un échange de mail avec Eric…

    voici un début de réponse à tes questions…
    1…, «si on ne pouvait pas faire à ski (?) , pourra-t-on basculer sur le groupe à pied ?»
    Oui bien sûr, car l’objectif reste le sommet. les skis ne sont qu’un des moyens pour y parvenir.
    Et l’aléas de la saison existe comme chez nous les débuts d’hiver sans neige. Ou un incident technique, bris d’un ski ou d’une fixation. Ou même des conditions de neige trop catastrophiques.
    Bref, il faut s’attendre à tout et être capable de s’adapter.

    2…, « faut-il prévoir des chaussures pour cela ou de toute façon il en faut ?»
    Non, il me semble que l’on devrait pouvoir faire avec nos chaussures de ski de rando, surtout dans la neige.
    Par contre, il faut de bonne chaussure de montagne pour faire la première partie, à priori avant le glacier jusqu’au camp 1.
    Et plus concrètement, je ne sais pas trop s’il faut prendre également tes Spantic, ça fait un peu beaucoup de poids en plus. A réfléchir et à re discuter ensemble…

    @ bientôt

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