• Mustang Himal 2014, le compte rendu

    Le voyage s’annonçait exceptionnel.

    – Un petit groupe de montagnards expérimentés, dont des habitués du Mustang, avec Etienne Principaud, passionné d’iconographie bouddhiste et avec qui je prépare un topo des sentiers  du Mustang.
    – Une connaissance exhaustive des lieux qui permet un itinéraire de trek optimisé ainsi qu’une partie exploratoire enthousiasmante.
    – Une équipe locale sur-dimensionnée et particulièrement compétente, sous la direction de Bishal Rai.
    – Un vol pour Jomosom sans histoire, pour une arrivée avant 8 h aux portes du Mustang.
    -Et surtout une durée très longue et inhabituelle pour le Mustang (plus de 23 jours à la place des 11 jours des itinéraires classiques des agences… Un luxe immense !), qui permet de s’immerger réellement dans ce lieu unique. 

    L'équipe de ce Mustang 2014. Mais ou est donc passé Françoise ?

    L’équipe de ce Mustang 2014. Mais ou est donc passé Françoise ?

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    Bishal, Dhane et Jangbu. Une équipe multi éthnique, Rai, Magyar et Sherpa.

    Bishal, Dhane et Jangbu. Une équipe multi éthnique, Rai, Magyar et Sherpa.

    La route… Un changement définitif.

    La piste carrossable de Jomosom à Lo Manthang est maintenant ouverte à la circulation et cela change tout, définitivement. Pas de nostalgie dans mon propos, juste un constat et la surprise que cela a aussi un impact sur mes propres émotions et mes manières de faire, d’envisager et de vivre cette réalité.
    Avant, il était obligatoire de marcher au moins 4 à 5 jours pour rejoindre Lo Manthang, la ville mythique. Maintenant, un seul jour de transport suffit.
    Marcher est donc devenu un choix.
    Un choix qui nécessite du temps, alors que le temps est devenu une denrée rare et chère. Comment vont évoluez les prochains voyage au Mustang des agences ?
    Pour ce printemps, bien sûr, nous allons éviter la très facilement la route car nous connaissons le Mustang comme notre poche. Nous allons aussi inaugurer quelques nouveaux itinéraires très originaux pour compléter le prochain topo et réaliser quelques uns des plus beaux itinéraires du Mustang, (mon top 10 personnel), et en particulier la visite de la grotte de Konchok Ling ou «la randonnée jubilatoire des crêtes de Dhakmar».

    Un trek «à la carte»…

    La partie trek de notre voyage, de Jomoson au Longyok Tso au Nord de Lo Manthang est représentative de notre désir, avec Etienne, d’optimiser notre connaissance des itinéraires de randonnée au Mustang. L’objectif est de pouvoir réellement comparer, choisir le meilleur parcours et bien sûr le partager grâce à ce site ou dans un topo des sentiers du Mustang.
    Cette volonté d’innovation m’a conduit parfois à proposer plusieurs itinéraires le même jour et donc de fonctionner en petits groupes séparés. Ce qui ne simplifie pas l’organisation mais surtout nécessite pour chacun de faire un choix.

    Voici le résultat de nos pérégrinations…, le Top Ten des randonnées du Mustang.
    Une belle manière de mettre en lumière certains itinéraires inédits et peut être de bousculer un peu les habitudes de mes collègues accompagnateurs népalais.
    Dans cette liste, quel est votre choix personnel des plus belles randonnées du Mustang… ?

    Nous avons donc évité de marcher sur la route entre Jomosom à Tangbe en la parcourant en véhicule 4 x 4. De là, après le repas de midi, Bishal a continué avec les véhicules pour installer le camp à Chhusang et nous avons fait un détour par Tetang en suivant d’abord le sentier d’irrigation de Tangbe (superbe plan d’eau/réservoir au-dessus du village) pour déboucher à un petit col au-dessus de Tetang. Un arrêt thé chez l’habitant a été un grand moment et c’est aussi une manière de soutenir, valoriser l’accueil des touristes dans ce village un peu à l’écart.

    Le lendemain, première séparation, Etienne va conduire un petit groupe à la découverte du « dernier sentier » que nous étudions depuis plusieurs années.
    De Chhusang à Geling par la rive gauche de la Mustang Khola et en aval de la crête du sentier classique Tangye/Tetang, c’est un sentier de chèvres qui conduit à des alpages encore utilisés aujourd’hui (certainement en été). A noter pour d’éventuels répétiteurs, l’absence d’eau sur ce parcours. Une page plus précise sera peut-être écrite par Etienne, avec l’aide de Sonia et Jean Paul. Ils ont réussi à trouver le sentier et à le parcourir en une grande journée avec une arrivée un peu tardive à Geling et une traversée de la Mustang Khola un peu rock & roll.
    De notre côté, nous effectuerons avec le reste du groupe ce qui est l’option optimisée du parcours en rive droite.  On évite Chaile en suivant la Ghyakar Khola pour emprunter l’ancien sentier du village de Ghyakar; encore un détour qui vaut la peine, avec un repas de midi préparé chez l’habitant. Entre Ghyakar et Samar, le sentier passe par un tunnel surprenant. C’est aussi une petite journée pour bien vivre une montée en altitude importante depuis le départ de Pokhara, la veille au matin.

    Samar/Geling est classique, par le bas bien sûr, avec la visite de l’ermitage de Chungsi, et une petite variante de descente directe sur Geling depuis le Syangboche La, dénichée par l’autre groupe venu à notre rencontre. Le détour par le point de vue de l’ACAP est intéressant avec une belle vue sur les gorges de la rivière, comme le choix d’un hébergement au village de Geling plutôt que dans les hameaux du haut (Tamagaon).

    Pour l’étape Geling/Ghami la majorité des groupes suit encore la piste en traversant le Nyi La, alors qu’existent trois itinéraires alternatifs.
    Nous allons inaugurer le troisième que j’avais partiellement parcouru avec Chhotemba lors du premier Bhrikuti en 2010. Un superbe sentier en balcon avec des vues inédites sur les plateaux désertiques de la rive gauche, complété par une portion hors-sentier pour franchissant deux cols à 3915 et 2982 m avant de descendre sur Ghami. .

    L’étape Ghami/Tsarang peut sembler relativement courte mais je souhaitais prendre un peu de temps à Dhakmar pour me balader au plus près des falaises rouges en montant au chörten édifié juste au niveau des grottes. C’est une initiative des jeunes du Youth Club de Dhakmar qui ont retaillé un sentier au-dessus du village destiné aux touristes, moyennant une redevance minime. Un court détour qui vous conduira au cœur d’un univers rouge sang !
    Il faudrait juste que les jeunes en fassent la promotion ou proposent au moins une information par des pancartes judicieusement situées.
    Puis, après un thé à Riverside Lodge, nous avons parcouru : « la déambulation jubilatoire des crêtes de Dhakmar », un sentier découvert l’année précédente lors de Mustang – Phu. C’est aussi l’un des sentiers du Top Ten !
    A mi-parcours, la descente directe depuis le sommet 4009 m est une belle manière de rejoindre Tsarang sans passer par le Tsarang La et en écourtant ainsi un peu le trajet. Le tour complet vaut aussi la peine.

    Etienne, au coeur de Ridzum gonpo...

    Etienne, au coeur de Ridzum gonpo…

    Etienne et Françoise, de leur côté, avec Dorje, iront se perdre vers l’ancien village d’Akiama, graviront ce que nous appelons la montagne bleue de Ghami à 3907 m avant de nous retrouver à Tsarang, la deuxième ville de l’Upper Mustang riche d’un beau monastère Sakya.

    Depuis Tsarang, la pire faute de goût serait d’utiliser la piste pour rejoindre directement Lo Manthang ! Nous avons donc suivi un très bel itinéraire par les crêtes de Dhi, à la fois panoramique et très bien tracé. Les amateurs d’«un peu plus», on continué tout droit, par notre itinéraire de 2013 de Mustang – Phu pour atteindre Mardzong par le plateau à 4170 m puis Lo par l’Est. Un beau parcours, mais aussi beaucoup plus long.

    Et nous voici à Lo…

    Dans les territoires du Nord, nous allons obligatoirement à Konchok Ling. C’est la randonnée n° 1 de notre Top Ten. Cette année, une partie du groupe traversera sur Samdzong. J’étais un peu inquiet pour la descente, car le sentier, que j’avais parcouru il y a quelques années à la montée, est quasi inexistant et parfois exposé. Mais tout s’est bien passé avec un parcours hors sentier permettant de descendre la vallée de la Naktu Toppu Khola avant de remonter au Samdzong La pour revenir à Bharcha.

    Conclusion: malgré tout, pour son esthétique incroyable, l’aller-retour à Konchok Ling reste l’itinéraire à privilégier. Même pour aller à Samdzong, dont le col classique (Samdzong la) constitue le meilleur accès.

    Une porte très symbolique et la plus belle randonnée du Mustang : Konchok Ling.

    Une porte très symbolique et la plus belle randonnée du Mustang : Konchok Ling.

    Puis, avec Bishal, nos avons organisé une mini expédition à la grotte peinte la plus difficile d’accès : Rindzing Ling (la grotte au Garuda), théâtre d’un conflit local entre deux Youth Club pour savoir quel village allait l’aménager. Car visiter Rindzing Ling nécessite de porter deux grandes échelles pour accéder à l’entrée.
    Mais comme notre temps est un peu compté, ce sera un peu un cadeau pour Etienne & Françoise (accompagné de Michel) qui nous rejoindrons dans deux jours.
    De mon côté, je rejoindrais directement le camp de Longkyok avec toute l’équipe. Pas de souci, je visiterai Rindzing Ling une autre fois.

    Notre journée de montée au Lungyok Tso, l’entrée de la vallée la plus au Nord des Mustang Himal fut mémorable car personne ne connaissait l’endroit où je voulais installer notre camp, ni l’équipe de montagne, ni celle de cuisine, ni Jilke le muletier et encore moins les porteurs. Et chacun avait son rythme particulier !

    Le camp de base du Mansail.

    Mais notre présence, avec une équipe népalaise de trek et des mules n’est pas passée inaperçue ! Au petit matin, alors que nous nous apprêtions à partir pour une première reconnaissance et un dépôt de matériel plus haut dans la vallée, une dizaine de népalais à la mine plutôt patibulaire déboulent dans notre camp. Ils nous « invitent » à ne pas bouger !
    La discussion s’engage en anglais grâce à un jeune du village de Nyamdo, car c’est bien d’une délégation du village dont il s’agit.

    • « Pourquoi sommes-nous ici, alors que c’est interdit ? 
    • Que venons nous faire dans le haut de la vallée ? ».

    J’explique le plus tranquillement possible que nous avons un permis d’expédition en règle, que nous ne sommes donc pas des trekkeurs et que nous avons le droit de séjourner au Nord de Lo. J’explique aussi que le gouvernement va ouvrir de nouveaux sommets dans ce massif, que d’autres groupes d’alpinistes viendront forcément et que nous faisons un premier travail de reconnaissance pour déterminer l’emplacement des camps de base et surtout pour prendre des photos et inaugurer un nouvel itinéraire de trek, en réponse à l’arrivée de la route à Lo Manthang. Doucement l’atmosphère se détend. Les véritables présentations commencent alors, avec quelques solides poignées de mains.
    Je sors même les cartes au 1/50 000 pour mieux expliquer notre projet. Petit conciliabule en tibétain et la sanction tombe. Nous avons le droit de continuer notre chemin, de prendre des photos et de franchir les cols. Mais absolument pas de gravir des sommets. Pas de souci, je continue d’expliquer que notre objectif principal reste de faire un travail de reconnaissance pour créer un nouvel itinéraire de trek entre ces vallées suspendues. Ce qui d’ailleurs est parfaitement exact.
    Quelques promesses et poignées de mains plus tard, tout les villageois quittent le camp et reprennent le chemin de la vallée d’où ils sont venus. Le soulagement et l’euphorie sont palpables au sein de notre petit groupe, l’expédition peut se poursuivre et nous allons pouvoir pénétrer à l’intérieur du massif et peut être réaliser notre traversée.

    Le début d ela montée au camp de base, malgré un itinéraire optimisé, le parcours est un peu éprouvant.

    Le début d ela montée au camp de base, malgré un itinéraire optimisé, le parcours est un peu éprouvant. Michel et Elisabet

    Le lendemain, nous serons au camp de base du Mansail.

    L'ambiance très minérale du camp de base du Mansail. certainement bien différente en automne.

    L’ambiance très minérale du camp de base du Mansail. Certainement bien différente en automne.

    La face Sud du Mansail. Du beau caillou.

    La face Sud du Mansail. Du beau caillou.

    Sonia et Jean-Paul vers le Pema Himal. Une cordée qui fonctionne plutôt bien.

    Sonia et Jean-Paul vers le Pema Himal. Une cordée qui fonctionne plutôt bien.

    Tibet side, pour d'autres sommets à partir du camp d'altitude du Mansail.

    Tibet side, pour d’autres sommets à partir d’un camp d’altitude. Le Mansail est à l’extrême gauche, mais non visible sur la photo..

    Les trois sommets à gravir depuis le Mansail Base Camp.  a gauche le Dong Mar., le plus beau.

    Les trois sommets à gravir depuis le Mansail Base Camp. A gauche le Dong Mar., le plus beau.

    Première vision du Mansail.

    Notre première excursion vers le Mansail avait pour objectifs tout d’abord de visiter la partie Nord du massif pour se rendre compte des possibilités d’ascension, de la difficultés des différents itinéraires mais aussi de définir le meilleur accès au glacier pour traverser notre prochain col, le Nyamdo La.
    Naturellement, nous prenons la rive gauche de la vallée pour accéder au Nyamdo Glacier par des pentes d’éboulis. La remontée du glacier est ensuite très facile jusqu’au col.
    J’espérais traverser en versant Nord pour rejoindre le Mansail Pass, mais la descente sur l’autre versant n’est pas évidente et nous nous contenterons de l’ascension du sommet XXX m, baptisé Pema Himal, en nous arrêtant 10 m sous la pyramide sommitale constituée de gros blocs de granit.

    Nous avons ainsi respecté notre contrat pour ce premier jour et cette vallée… Aucun sommet ne sera gravi !

    Pour la descente, nous traversons complètement le glacier pour changer de rive et ainsi faire une trace pour faciliter la montée des porteurs le lendemain. Tout va bien, cet accès au glacier par la rive droite est aussi le plus agréable.

    Sur le glacier de Nyamdo. Une ambiance très surprenante pour le Mustang. On portait se croire en Oberland !

    Sur le glacier de Nyamdo. Une ambiance très surprenante pour le Mustang. On pourait se croire en Oberland !

    Le haut de la première vallée avec les différents sommets qu'il est possible de gravir.

    Le haut de la première vallée avec les différents sommets qu’il est possible de gravir.

    La première pente du glacier est enneigée. Mais nous avons pris la précaution de faire de belles traces bien régulières dans la neige très molle la veille. Les porteurs, juste avec un bâtons filent devant comme des avions !

    La première pente du glacier est enneigée. Mais nous avons pris la précaution de faire de belles traces bien régulières dans la neige très molles de la veille. Les porteurs, juste avec un bâtons, filent devant comme des avions !

    La suite de la montée, sur un glacier plat, ne leurs pose pas beaucoup de souci.

    La suite de la montée, sur un glacier plat, ne leurs pose pas beaucoup de souci.

    Nous sommes repassé devant pour rassuré tout le monde. Quelle belle ambiance glaciaire !

    Nous sommes repassé devant pour rassurer tout le monde. Quelle belle ambiance glaciaire !

    La descente du Nyamdo La et l'emplacement de Beach Camp.

    La descente du Nyamdo La et l’emplacement de Beach Camp.

    Michel et Jacky descendent en crampons la dernière pente du glacier. Tout va bien...

    Michel et Jacky descendent en crampons la dernière pente du glacier. Tout va bien…

    L’organisation de la traversée se met doucement en place.

    Les «Special Porters» de la Trisuli nous accompagneront jusqu’au col puis le plus bas possible sur l’autre versant, avant de revenir au camp de base du Mansail et descendre au camp de Longyok Tso avec toute l’équipe de cuisine. De notre côté, nous continuerons la traversée avec une équipe réduite de quatre népalais, (Jangbu, Dhane, Dorje et Urpa) en optimisant nos déplacement et le portage au fur et à mesure du terrain rencontré.
    Au camp, notre équipe aussi s’organise.

    Françoise éprouve des difficultés en altitude et décide de redescendre. Etienne l’accompagnera en imaginant déjà quelques détours culturels. Elisabeth, souffre d’un début de toux et préfère aussi redescendre, laissant Michel prendre des photos de la traversée.
    Nous serons donc deux petites équipes réparties en deux tentes: Michel, Jean-Paul et Charly, Sonia et moi. Avec quatre jours d’autonomie. Le lendemain, tout s’enchaîne à merveille, le sentier pour le glacier est connu et les traces faites par Sonia dans la pente de neige sont idéales.

    Les porteurs sont loin devant nous et au col le spectacle est exceptionnel. Les langues de glace étincelantes construisent un paysage unique dans ce paysage minéral. Les porteurs sont aux anges, c’est la première fois qu’ils parcourent un glacier. J’ai promis de les libérer le plus tôt possible pour qu’ils puissent rejoindre le Longyok Tso, si possible dans la journée. Leur charge a aussi été réduite au maximum, entre 15 et 18 kg ! Nous descendons directement, en laissant le soin à Jangbu d’attendre Charly et Michel et de les prendre en charge. Le glacier est en pente douce et sans crevasses, avec très peu de neige. La descente est donc très facile pour tous, même sans crampons, dans une ambiance joyeuse et décontractée. Puis, doucement la pente se creuse et il n’est plus possible de continuer sans crampons, le risque de glissade est trop important.

    Changement d’organisation…

    Nous répartissons les charges entre Urpa, Dhane et Dorje, et le reste dans deux grands sacs de trek, faciles à manoeuvrer, en descente, sur la neige glacée, servent de pulkas improvisées que nous tirons, Dhane et moi jusqu’à la langue terminale du glacier.
    Tout va bien, le terrain n’est vraiment pas compliqué et à midi toute l’équipe est en bas. Jangbu et nos compagnons arrivent bientôt sans problème particulier.
    Il ne reste plus qu’à nous rapprocher du glacier suivant, pour installer le camp. Ce sera le «Sonia Beach Camp», tellement la plage de sable où nous dressons nos tentes est confortable. il y a même un petit lac à côté pour se rafraîchir les pieds !
    Nous avons bien observé la suite de notre itinéraire, qui confirme ma préparation sur Google Earth.

    Le camp de base du Mansail à 5600 m. Plutôt confortable !

    Le camp de base du Mansail à 5600 m. Plutôt confortable !

    Il n’y a qu’un seul passage, relativement facile et en neige. Les crampons et la corde sont nécessaires mais il n’y a aucune difficulté pour notre équipe. Urpa, qui met des crampons pour la première fois, aura simplement une charge plus légère et il sera encordé avec Dorje. Pour le portage, l’équipe népalaise fera deux voyages, pendant que nous nous occuperons des deux pulkas pour la descente du glacier.

    De nouveau tout se passe le mieux possible.

    Début de journée tranquille, avec Michel nous allons traverser le Col du Replat. Comme dans les Alpes, en une petite cordée de deux.

    Début de journée tranquille, avec Michel nous allons traverser le Col du Replat. Comme dans les Alpes, en une petite cordée de deux.

    Depuis le col du Replat, une vue sur la tête Est du Replat, à deux pas...

    Depuis le col du Replat, une vue sur la tête Est du Replat, à deux pas…

    Au sommet de la Tête du Replat. Michel, Sonia, Jean Paul et Charly.

    Au sommet de la Tête du Replat. Michel, Sonia, Jean Paul et Charly.

    L’arrivée au Col du Replat est un beau moment d’alpinisme qui sera complété par la traversée de la Tête Est du Replat. Voici un sommet vierge très facilement gravi et rapidement baptisé.
    Mais c’est avant tout le passage clef de la traversée du Mustang Himal.
    Demain, il nous sera facile de redescendre dans la vallée. Pendant que notre petite bande de népalais dévale la pente vers Beach Camp pour récupérer leurs affaires, nous tirons allègrement nos deux sacs sur l’autre versant. L’exercice est un peu plus difficile que la veille car le glacier s’étire en longueur avec une dernière pente un peu plus raide à descendre.
    En début d’après midi, nous voici a notre nouveau camp, « Clear Water Camp ». Un petit torrent d’eau claire et des lacs en font de nouveau un lieu idéal. Nous avons tout le temps pour nous reposer et préparer la journée du lendemain.

    Une manière originale de porter nos affaires...

    Une manière originale de porter nos affaires…

    Clear Water Camp, du haut. Une photo prise le lendemain, lors de l'ascension du Dhane Himal.

    Clear Water Camp, du haut. Une photo prise le lendemain, lors de l’ascension du Dhane Himal.

    Un temps de repos très agréable à plus de 5800 m !

    Un temps de repos très agréable à plus de 5800 m !

    Jangbu et Dhane termine la  longueur un peu raide de la langue glaciaire. la suite est beaucoup plus simple.

    Jangbu et Dhane termine la longueur un peu raide de la langue glaciaire. la suite est beaucoup plus simple.

    Avec Charly, pas loin du sommet du Dhane Himal. Il fait un temps de rêve et les Dieux continuent d'être avec nous !

    Avec Charly, pas loin du sommet du Dhane Himal. Il fait un temps de rêve et les Dieux continuent d’être avec nous !

    Charly...  Et hop un petit sommet vierge dans la poche...

    Charly…
    Et hop un petit sommet vierge dans la poche…

    Dhane Magyar, sur le sommet qui porte désormais son nom. Un très beau moment.

    Dhane Magyar, sur le sommet qui porte désormais son nom. Un très beau moment.

    Un nouveau programme s’organise…

    Depuis ce camp, nous allons réaliser un sommet en aller-retour (baptisé Dhane Himal xxx m) avec Jangbu et Dhane pendant que Urpa et Dorje vont faire un premier portage vers la vallée et repérer le chemin de descente.
    Puis le lendemain, nous allons encore nous séparer, les uns pour gravir le Jangbu Peak xxx m et les autres pour rejoindre directement le camp de Sambrub Ling, par la vallée et faire la liaison avec l’équipe des porteurs du bas.
    Malgré une neige par endroits un peu profonde et une pente qui se redresse, le Dhane Himal sera gravi sans problème en trois petites cordées (Jangbu et Dhane, Sonia et Jean-Paul, et Charly et moi). Michel, un peu fatigué, a préféré se reposer au camp. Du sommet, la vue vers le massif de Ghami laisse entrevoir une multitude de sommets enneigés, tous vierges.

    L’après-midi est particulièrement décontractée et nous en profitons pour faire, avec les népalais, un atelier d’escalade de glace sur le mur un peu raide du glacier.

    Dhane et Jangbu au sommet du Dhane Himal. Une très belle journée de partage.

    Dhane et Jangbu au sommet du Dhane Himal. Une très belle journée de partage.

    Un beau lieu pour une école de glace bien raide...

    Un beau lieu pour une école de glace bien raide…

    Dorje Bothe, qui reviens d'une expié à l'Everest et presque en vacance...

    Dorje Bothe, qui revient d’une expé à l’Everest et presque en vacance…

    Et deux styles bien différents ! 

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    C’est la première fois qu’ils font du piolet traction et c’est vraiment un bon moment passé ensemble. Quelle rigolade quand Dorje, alors qu’il grimpe avec un seul engin, commence à se tailler une prise de main pour passer un petit mur plus raide !
    Le lendemain, Charly et Michel descendent directement avec Urpa et Dorje pendant que Sonia, Jean-Paul, Jangbu  Dhane et moi inaugurons la suite de la traversée avec un nouveau sommet, le Jangbu Peak, pour traverser un col vers une nouvelle vallée au-dessus du petit lac de Gyaka Tal. Mais, après le sommet, la pente menant au dernier col est trop en glace et je préfère descendre directement et rejoindre l’autre groupe, avec Etienne et Bishal, dans la vallée principale. Quelle n’est pas notre surprise de rencontrer l’équipe de porteurs de la vallée qui monte à toute allure récupérer nos affaires déposées à mi chemin.

    Depuis Clear Water Camp, le sommet du Jangbu Himal et la suite de notre traversée.

    Depuis Clear Water Camp, le sommet du Jangbu Himal et la suite de notre traversée.

    Le dernier sommet de la traversée, qui reste encore à gravir.

    Le dernier sommet de la traversée, qui reste encore à gravir.

    Ce soir, nous serons de nouveau tous réunis à Samdrub Ling, avec tout le matériel !

    Charly, derrière son objectif  pour de belles photos...

    Charly, derrière son objectif pour de belles photos…

    Et les pensées se perdent en la plaine de Lo Manthang.

    Et les pensées se perdent en la plaine de Lo Manthang.

    A Samdrub Ling.

    Depuis la grotte de Samdrunb Ling, une vue de cette ancien monastère Kagyupa. La prochaine fois nous installerons le camp près de la rivière, sous un arbre centenaire et à l'abri du vent.

    Depuis la grotte de Samdrunb Ling, une vue de cette ancien monastère Kagyupa. La prochaine fois nous installerons le camp près de la rivière, sous un arbre centenaire et à l’abri du vent.

    Les peintures extérieures des grottes de méditation.

    Les peintures extérieures des grottes de méditation.

    Mais à Samdrub Ling, ce sont les Chörten qui sont le plus intéressant à visiter !

    Mais à Samdrub Ling, ce sont les Chörten qui sont le plus intéressant à visiter !

    Mais à l'intérieur la surprise est au rendez-vous.

    Mais à l’intérieur la surprise est au rendez-vous.

    Et dans les gravats, d'anciennes tanka centenaires moisissent doucement...

    Et dans les gravats, d’anciennes tanka centenaires moisissent doucement…

    Sur le chemin du retour.

    Entre Samdrub Ling et Lo Gekar nous nous arrêtons boire un thé chez des bergers tibétains. Dans une grande tente blanche, l’accueil est simple et cordial. Deux jeunes hommes arrivent à cheval et se restaurent d’un plat de pâtes. Ils viennent de Lo et sont en route pour le monastère de Lo Gekar pour célébrer Saga Dawa. Etudiants à Jomosom, ils sont en vacances et viennent de terminer leur examen de SLC. La discussion s’engage sur la coupe du monde et le dernier match qu’ils ont vu la veille à la télé. Mais, à leur grande surprise, nous serons incapable de citer les noms des joueurs de l’équipe de France, alors qu’ils en connaissent une bonne dizaine. Nous expliquons alors que c’est plutôt la montagne qui nous intéresse.
    La réaction tombe comme un couperet. « Au Mustang, il est interdit de gravir les montagnes…, cela fait fondre les glaciers ». L’argument d’un réchauffement climatique à l’échelle mondiale et d’une situation identique sur l’ensemble des montagnes et des glaciers de la terre ne reçoit pas beaucoup d’écho.
    Définitivement : « Les montagnes sont le domaine des dieux et les étrangers n’ont rien à faire là-haut. Ils font fondre les glaciers ».

    J’essaye d’en savoir plus.
    « Et si nous organisions une puja (bénédiction) au monastère de Lo Gekar ou de Tsarang pour demander l’autorisation aux dieux, serait-il alors possible de gravir les montagnes ? »
    Surpris par la question, ils ne savent quoi répondre.
    « Peut être, il faut demander aux anciens du village et aux lamas ».
    L’échange nous laisse perplexe pour l’avenir des expéditions sur les sommets entre Ghami et Nyamdo, en rive droite de la Mustang Khola.

    Dans un premier temps, il sera certainement judicieux d’éviter la période des cultures, d’avril à début octobre, en choisissant l’automne pour les premières expéditions. Il faudra essayer le plus possible d’y impliquer des acteurs locaux.

    Mais chez nous, il n’y a pas si longtemps, les croyances populaires étaient similaires et la religion tenait une grande place dans le quotidien des paysans de nos montagnes.

    « Une catastrophe naturelle, un torrent qui déborde, une tempête de vent qui arrache les plus beaux épicéas, une épidémie dans le troupeau… Et c’est l’ensemble des consorts* qui se retrouve ruiné en une seule saison d’alpage
    Pour se préserver d’une telle calamité, une seule possibilité : le recours à la bonté divine.
    Chaque année le prêtre apporte, par l’intermédiaire d’une bénédiction, la protection divine souhaitée par les habitants pour leurs biens et leurs troupeaux.
    Dans le courant de juillet, le curé ou son vicaire fait plusieurs tournées dans la paroisse et visite successivement tous les hameaux et les divers groupes de chalets. (…) Il bénit le sel, puis l’eau et fait l’eau bénite. (…) Il bénit la salle et l’étable. Le sel est ensuite donné à manger aux bêtes; mais on en garde toujours un peu pour leur en donner en cas de maladie. Souvent les gens dissimulent sur la table, derrière les bols, un petit écheveau de laine qui profite de la bénédiction. Lorsque les bêtes sont malades on leur attache aux cornes un peu de cette laine. (…) Le curé bénit les montagnes en officiant devant une grande croix en bois plantée dans le voisinage…, » écrit en 2013 – Joëlle Dartigue-Paccalet dans son livre sur l’histoire de la vallée de Chamonix, «De Blaitière au Plan de l’Aiguille, un alpage à Chamonix-Mont Blanc», aux Editions «Les consorts de la Montagne de Blaitière.

    *consorts : association regroupant les propriétaires et ayant droit des terres d’alpage.

    Le retour par la rive gauche de la Mustang Khola.

    Pour le retour, mon projet initial était de rentrer par les hautes vallées de l’Ouest du mustang qui conduisent au Dolpo et rejoignent le village de Chharka (celui du film «Himalaya»). C’est l’itinéraire que nous avions emprunté dans l’autre sens avec Jocelyn Chavy et un petit groupe lors de l’ascension de l’Araniko Chuli en XXX.
    Au départ de Kathmandu, un fonctionnaire du ministère m’avait signifié qu’il nous était absolument interdit de rentrer au Dolpo. Ce qui n’était vas vraiment gênant car l’itinéraire envisagé remonte une vallée avant le village et surtout nous sommes très loin des points de contrôle. Mais c’est surtout l’interdiction de traverser le Kekyap La, formulée par les gens de Tsarang et Tingar qui m’a fait changer de projet. Pour faire bouger cette ligne, il faudra certainement du temps et de la persuasion. Peut-être dans un premier temps, ouvrir la voie en dehors des période des cultures pour diminuer les pressions de ces règles locales (donc en automne, après les moissons).
    J’ai modifié l’itinéraire pour prendre aussi en compte l’étât de santé de certains de mes compagnons de voyage…

    J’ai donc choisi de rentrer par le chemin classique en rive gauche de la Mustang Khola qui permet de réaliser deux des plus belles randonnées du Mustang.

    • Avec au passage, une visite à Gar Gompa et à l’emplacement du nouveau village de Dhye.
    • Puis, à Tangye, à la recherche d’un nouveau Kabum, Chöten Chhemu.
    • Et enfin, Muktinath et le petit village de Lupra et son monastère Bön.

    En prime, ce planning nous a offert une journée de repos à Samdrub Ling, pour explorer un peu les environs, vers l’ancienne grotte de méditation, mais aussi vers d’autres habitations cachées dans la falaise. Samdrubling était visiblement un lieu important, il y a bien longtemps.

    A Tangye, notre visite du nouveau Kabum a pris des allures d’expédition car les habitants ne souhaitaient pas divulgué son emplacement. Nous sommes donc parti en fin d’après midi, le plus discrètement possible avec des vagues indications. nous avons embarqué avec nous toutes l’équipe népalaise et même Jilke, le muletier. La montée dans un raide éboulis fut un peu laborieuse surtout sans s’avoir où nous allions vraiment. A ma grande surprise, nous avons trouvé la grotte en question avec son chörten. Mais surtout, par un pas d’escalade, nous arrivons à rentrer dans la grotte.
    Le chörten est très beau mais visiblement de facture assez récente et de style très différent de celui de Luri et plutôt classique.
    Il nous reste maintenant à en connaitre l’origine et la signification puis à continuer nos recherches pour trouver un autre Kabum situé très haut dan la montagne d’en face (d’après les informations glanées auprès d’un ancien du village).
    Intox ou réalité ?

    C'est trop bien, nous avons trouvez l'entrée de la grotte du Chörten Chhemu !

    C’est trop bien, nous avons trouvez l’entrée de la grotte du Chörten Chhemu !

    Les peintures du Chörten n'ont pas la qualité ni le style de ceux de Luri ou Tashi Kabum. mais le plaisir de toute l'équipe de népalais fait plaisir à voir !!!

    Les peintures du Chörten n’ont pas la qualité ni le style de ceux de Luri ou Tashi Kabum. Mais le plaisir de toute l’équipe de népalais fait plaisir à voir !!!

    Pour le trajet de Tangye à Tetang, j’ai préféré couper l’étape à Pa, un alpage après le premier col. Cela nous à permis de profiter au mieux de ce superbe parcours très panoramique. Le voyage touche aussi à sa fin et nous sommes tous un peu fatigués.
    L’emplacement de camping est relativement exigu si plusieurs équipes font étape au même endroit, mais c’est surtout l’eau qui peut devenir un problème si la source de Pa se tarit de plus en plus.
    Il faudrait alors utiliser le parcours du haut, avec un camp à XXX Khola. Puis, choisir entre continuer le sentier à flan vers le Gyu La et Jhong ou revenir vers la Khali Gandaki et Chhusang.

    Mais l’étape Tangye Tetang est vraiment longue, et trop belle pour être réaliser en courant.

    Encore quelques cols, avant une descente sublime sur Tetang. Elisabeth et Michel.

    Encore quelques cols, avant une descente sublime sur Tetang.
    Elisabeth et Michel.

    Presque la fin du voyage...

    Presque la fin du voyage…

    Jhong nous a permit de vivre une belle expérience, avec la procession d’un mariage dans le village. Puis une dernière journée de marche pour traverser un col et rejoindre Lupra et Jomoson.

    A Patan…

    Dans le dernier n° «Special Nepal» de trekmag, un article proposait un trek urbain (et une vision différente du tourisme à Kathmandu) avec une alternative d’hébergement pour valoriser une immersion dans une autre ville, un autre quartier, plutôt que de rester scotché à Tamel.
    Nous sommes donc resté deux nuits à Newa Chen, une superbe demeure Newar, pour profiter le mieux possible de la ville.
    Une très bonne idée que je vous invite à essayer…


    Quelques détails techniques… Les nouveaux sommets autorisés.

    Jusqu’à l’automne 2014, il était impossible aux trekkeurs ou aux alpinistes de se rendre dans le massif du Mustang Himal,. L’ouverture de quatre sommets par le ministère du tourisme népalais, a radicalement changé cette situation.

    • Mansail 6242/6235 m,
    • Mansail South 6251/6248 m,
    • Mustang Himal 6195
    • Ghyun Himal 6099/6110 m

    Cependant, les montagnes choisies ne sont pas les plus intéressantes pour les alpinistes. Par exemple, le plus beau sommet de la chaîne, bien visible de Lo Manthang, le Dong Mar, n’est pas autorisé. Du point de vue du gouvernement népalais, il était en fait plus important de consolider une présence sur les sommets frontaliers avec la Chine. Ce choix de sommets, illustre une profonde méconnaissance des multiples réalités de l’alpinisme, des aspirations et des besoins des occidentaux, mais aussi des enjeux économiques pour les agences népalaises. Les différents massifs du Népal sont la plupart du temps totalement inconnus des fonctionnaires des ministères en charge du tourisme et l’histoire de l’alpinisme en Himalaya n’est bien sûr jamais pris en compte. Car bien évidement ces petits sommets si proches de Lo ont pour certains déjà été gravis.

    Le Mansail South, un autre beau sommet avec plusieurs voies possible. Vierge bien entendues

    Le Mansail South, un autre beau sommet avec plusieurs voies possible. Vierges bien entendues

    Un sommet sans nom, que nous avons baptisé Dhane Himal...

    Un sommet sans nom, que nous avons baptisé Dhane Himal…

    "Son Himal", le sommet de Sonia... Qui restera vierge encore quelque temps.  A réaliser depuis Clear Water Camp.

    « Son Himal », le sommet de Sonia… Qui restera vierge encore quelque temps.
    A réaliser depuis Clear Water Camp.

    Un peu d’histoire…

    • Il faut savoir que ce n’est qu’à partir de 1949 que le Népal a été officiellement ouvert aux étrangers.
    • En 1950, Bill Tilman arrive au Mustang depuis Phu en traversant le Mustang La (rebaptisé depuis Teri La). Il gravit un sommet au Nord de Lo puis retourne à Manang par le Thorong La.
    • En 1953, Herbert Tichy, un anthropologue autrichien, célèbre pour sa première ascension du Cho Oyu, traverse toute la partie Ouest du Népal. Au Mustang, il gravit un sommet au Nord de Lo qu’il appelle «Dong Mar», bonnet rouge en tibétain.
    • En 1963, Peter Aufschnaiter, un alpiniste autrichien compagnon de Harrer au Tibet, explore les sommets au Nord de Lo Manthang et visite les monastères de Chödzong et de Luri.
    • A partir de 1982, les première expéditions d’alpinistes entrent officiellement au Mustang et vont d’abord se concentrer sur le massif du Damodar Himal, une équipe japonaise gravissant le point culminant de ce massif : le Khumjungar Himal.

    Du côté de la législation.

    En 1992, le Mustang est enfin ouvert aux trekkeurs étrangers et une réglementation spécifique est mise en place. Elle a peu changé depuis.
    Pour les alpinistes, l’altitude modeste des nouveaux sommets autorisés, tous inférieurs à 6500 m, dispense de la présence (et du coût) d’un officier de liaison. Ce qui laisse aussi toute liberté pour envisager l’ascension d’autres sommets à partir du même camp de base ou pour réaliser la traversée complète du massif.

    Il serait d’ailleurs judicieux de convaincre le ministère que cette autorisation de grimper un sommet unique n’est pas pertinente pour les petits massifs comme le Mustang Himal. Un permis global pour l’ensemble d’un massif serait certainement plus cohérent et éviterait des transgressions toujours délicates.

    Pour les alpinistes.

    C’est donc un massif où il y a beaucoup de nouvelles ascensions à réaliser, dans un niveau de difficulté abordable, et qui peuvent facilement s’enchaîner. L’accès aux principaux camps de base est relativement simple en trois ou quatre jours depuis Lo Manthang. Généralement, une grande journée de marche où les sentiers disparaissent progressivement. Par contre, plus haut, ces vallées ne sont pas accessibles aux mules ou aux chevaux et il faut donc calibrer l’équipe népalaise en conséquence. Impliquer les locaux dans cette première partie du voyage, en établissant un camp dans leurs villages et en utilisant de la main d’œuvre locale, est certainement la meilleure manière de faire comprendre et accepter nos activités en ces hauts lieux, tout en leur apportant de réelles retombées économiques.

    D’un point de vue technique, le Mansail et le Mansail South sont situé dans une zone d’affleurements granitiques et ces sommets rocheux sont très différents des hautes montagnes de l’Himalaya qui sont généralement en neige et glace. Ce sont donc de très beaux objectifs pour de petites équipes de grimpeurs amateurs. Beaucoup d’autres sommets en neige relativement faciles (F) ou peu difficile (PD) sont plutôt adaptés à un public de randonneurs alpinistes, pour qui le fil rouge de la traversée des Mustang Himal me semble idéal pour un voyage exceptionnel au Mustang.

    Un petit sommet un peu pointu et qui semble être en beau granit !

    Un petit sommet un peu pointu et qui semble être en beau granit !

    Depuis le Pema Himal, le sommet du Mansail. Un camp d'altitude près du petit lac glaciaire est peut être préférable à un départ du camp de base. Ou encore, de l'autre coté du Manshail Pass pour être au soleil le matin.

    Depuis le Pema Himal, le sommet du Mansail. Un camp d’altitude près du petit lac glaciaire est peut être préférable à un départ du camp de base. Ou encore, de l’autre coté du Manshail Pass pour être au soleil le matin.

    Forcément une belle arête de rocher...

    Forcément une belle arête de rocher…

    Inauguré au printemps 2014, c’est un itinéraire hors norme qui traverse par le haut les trois vallées du massif, franchissant deux cols, le Nyamdo La et le Col du Replat.
    A partir du Mansail Base Camp, atteint en trois ou quatre jours depuis Lo, la durée du séjour en altitude peut être variable, de trois à huit jours, en fonction du nombre de sommets gravis et de la logistique.
    Depuis la troisième vallée de la Dhanggna Khola, il est même possible de compléter l’aventure avec un camp supplémentaire et quelques sommets en prime, pour conclure complètement cette traversée au lac de Gyako Tal, au-dessus de Tinkar. Initialement, nous espérions atteindre la vallée de la Ghyung khola pour un accès original à la haute vallée de Chharka au Dolpo et pour un retour direct sur Jomosom par Sangda. Ce dernier col, avec de nombreux éboulis mais relativement simple, ne nous a pas semblé ni très esthétique, ni très agréable.

    Le dernier col de la traversée, que nous n'avons pas réalisé.

    Le dernier col de la traversée, que nous n’avons pas réalisé.

    Dans la première vallée, à partir du camp de base du Mansail, trois sommets à gravir. A priori, seul le Dong x a été gravi.

    Dans la première vallée, à partir du camp de base du Mansail, les sommets à gravir.  Une vue depuis le début du glacier en route vers le Nyamdo La.

    Un sommet sans nom...

    Un sommet sans nom…

    D'autres sommts à gauche de la tête Est du Replat à partir de Beach Camp.  Le Son Himal...

    D’autres sommts à gauche de la Tête Est du Replat à partir de Beach Camp.
    Le Son Himal…

    En guise de conclusion.

    Il faut bien évidement promouvoir ce petit massif, si près de Lo Manthang. mais il faudrait surtout impliquer les Lobas dans l’organisation de nos voyages d’alpiniste. En partageant le mieux possible nos connaissances du milieu montagnard, le problème global du réchauffement planétaire et ses conséquences locales, la fonte accélérée des glaciers et risque de catastrophe naturelle par rupture brutale de la digue d’un lac glaciaire.
    Bien sûr, d’autres sommets seront gravis sans autorisation, mais il faut espérer qu’un jour la législation des expéditions va changer.
    Et peut être que cette traversée du Mustang Himal deviendra classique…

    Depuis le Jangbu Peak, la vue sur les montagnes de la vallée d eGhami laisse entrevoir une multitude d sommets vierges à plus de 6000. C'est quand qu'on y va ?

    Depuis le Jangbu Peak, la vue sur les montagnes de la vallée d eGhami laisse entrevoir une multitude d sommets vierges à plus de 6000. C’est quand qu’on y va ?

    L'équipe Népalaise, qui commence à savoir comment s'organiser en altitude...

    L’équipe Népalaise, qui commence à savoir comment s’organiser en altitude…

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    1. Wolfgang Vollmann
      Publié dans 22 mai 2015 le 10:39

      Très intéressant cette traversée; D’autant que je cherche un petit sommet vierge et inconnu, pou lui donner le nom de mon ami Pierre Vladimir Lobadowsky, francais enseveli et mort au jour du tremblement de terre le 25 avril 2015.
      Cordialement
      Wolfgang