La Grave Territoire d'alpinisme UNESCO

Le Collectif La Grave Autrement est aussi sur les ondes !

L’information sur le collectif La Grave Autrement et sur le moratoire circule aussi par la radio, sur les ondes.

Voici un petit texte préparé pour une interview pour Passion Montagne, l’émission du dimanche matin de Jean-Michel Asselin pour Radio France Isère.

Et surtout le podcast de l’émission de Radio Zinzine… Avec les mots de Nasta, Aurélien, Thierry et Niels. 

La Grave Autrement... Podcast

Tout le monde, en Isère connait La Grave.

C’est un petit territoire de montagne, quelques villages, des montagnes et des glaciers, La Meije et un vieux téléphérique. C’est un lieu exceptionnel, on peut dire préservé ou plutôt à l’écart des grands courants d’aménagement. Ce qui bouscule ce territoire, c’est le projet de construction d’un nouveau tronçon du téléphérique, le T3.

Aujourd’hui, il y a 2 tronçons. De La Grave jusqu’à 3200 plus un téléski en hiver jusqu’à proximité du Dôme de la Lauze.

Il est question ici d’aménagement et de démocratie locale. 

Car le T3 a été inclus à la DSP sans véritable discussion, débat avec la population des deux villages concernés, La Grave et Villar d’Arène. Et on se retrouve actuellement avec un projet qui est présenté comme acté, financé (avec en passant, 30% d’argent public pour 12 M€) et (soit disant) indispensable à la survie économique du canton.

Ce qui a changé depuis 2016/2017, c’est que l’opérateur qui a repris le téléphérique est le même que celui de l’Alpes d’Huez et les 2 Alpes. Et, la SATA à également modifié ses statuts pour devenir un opérateur immobilier. Alors bien évidement, le projet d’une liaison L’Alpes d’Huez les Deux Alpes a refait surface. Et le chainon manquant de cette méga station dénommé Grand Oisans est tout simplement ce T3 de La Grave. Même si Élus et dirigeants de la SATG jurent qu’il n’y aura jamais de liaison.

Mais peut on avoir confiance aux politiques… ? Quand ils sont capable de valider un projet aussi caricatural, aussi obsolète de méga inter-connection de stations de ski. C’est juste incroyable.

 

Le risque pour l’identité, pour l’avenir du territoire de La Grave est trop grand.

 

Il y a l’hiver et l’été, et ce sont deux problématiques très différentes.

 

  • L’hiver, la liaison avec les 2 Alpes qui sera, de fait effective, et peut déséquilibrer la nature et le nombre des skieurs. Avec, en plus, une augmentation du prix des forfaits, qui également change la nature de la clientèle.
  • En été, ce choix du toujours plus haut génère forcément un tourisme de consommation. Et on sait que la logique de consommation et de profit n’a que faire de l’identité d’un territoire. C’est simplement un tourisme de passage qui n’apporte que très peu aux lieux.

 

Au niveau du territoire.

 

  • Il y a un risque de projet immobilier sur les villages actuels, car c’est le modèle économique du financement des équipements lourds.
  • Aussi, une perte d’autonomie de la municipalité qui se retrouve pieds et points liés par son aménageur.
  • et une pression sur les finances locales, pour une toute petite communauté qui se retrouvera de facto endetté, sans possibilité de projet autre.

 

 

 

De manière plus large.

 

  • C’est surtout une atteinte irréversible à un patrimoine alpin, par cette gare d’arrivée sur un sommet  des Écrins qui en dénature radicalement le sens. Cette notion de patrimoniale n’est pas excessive car c’est vraiment un lieu exceptionnel, le plus simple pour accéder à un glacier et faire les premiers pas en alpinisme.
  • Il y a aussi ce rapport a un glacier de la Girose, une entité qui va probablement disparaitre. Qu’en faisons nous ? On l’aménage encore et toujours plus, ou au contraire on en prend soin, il devient un marqueur de l’évolution des glaciers.
  • Pour dire aussi que les valeurs du Parc, dont la Grave est une commune adhérente ne s’arrête pas pile à sa limite.

 

 

 

Il ne s’agit pas pour le Collectif La Grave Autrement d’’être contre le téléphérique mais de valoriser l’existant plutôt que de construire un troisième tronçon. En demandant un moratoire pour prendre le temps de réfléchir tous ensemble, pour proposer d’autres pistes de développement, peut être complémentaire à l’économie touristique.

C’est donc avant tout une question de démocratie locale, pour pouvoir débattre quel tourisme est souhaitable à La Grave aujourd’hui et pour demain. 

  • Faire venir encore plus de monde avec un aménagement lourd qui modifie irrémédiablement les lieux et les choix futurs 
  • ou, au contraire, construire une transition vers un tourisme et une économie plus qualitative, plus respectueuse de l’environnement.

Paulo Grobel, à la mi Octobre 2020

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