ski de randonnée nordique en Norvège

« NORGE i hvitt… » La Norvège dans le blanc !

Dernière journée au refuge de Leirvassbu. 

Le ciel est blanc et se dilue dans le paysage. Il ne neige plus et la visibilité est correcte. Nous avions rêvé d’une petite bosse dans le beau temps annoncé pour clore notre itinérance norvégienne par quelques virages.

Mais skier dans le jour blanc est un exercice complexe que nous avons beaucoup pratiqué durant une douzaine de journées de mauvais temps et nous préférons descendre directement la vallée de Spiterstulen et ses 15 km.

A mi-chemin, le soleil est de retour et il fait super beau. Les hauts sommets du Jotunheimen sont magnifiques et la fin de la descente est un pur plaisir.

C’est certain, nous reviendrons !

Traversée de la Norvège en ski de randonnée nordique
Troisième saison
... Encore des progrès à faire !

SRN en Norvège
Notre dernière vision du massif du Jotunheimen !
SRN en Norvège
Au départ de Leirvassbu...
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Première descente... Rin n'est simple quand le relief disparait.
SRN en Norvège
SRN en Norvège
SRN en Norvège
Spiterstulen... C'est la fin du voyage. Demain nous prendrons directement un taxi pour Lom, puis un bus pour Oslo.
SRN en Norvège
Une rapide CSV avec le gribouillon de notre itinéraire initial.

La genèse du projet et une idée de l'itinéraire

Voici le compte-rendu de notre troisième saison de Ski de Randonnée Nordique en Norvège

Ces carnets de voyage tiennent une place particulière dans notre projet d’itinérance, ils permettent de prolonger le voyage, d’en discuter les détails, de mettre en forme les expériences vécues, et surtout de réfléchir à notre pratique. 
On retrouve donc la genèse de ce voyage dans le compte rendu 2025

Nous avons aussi préparé ce voyage en skiant dans les Alpes durant le début de l’hiver, avec un particulier un apprentissage du Télémark avec Lionel Condemine. La traversée du Plateau d’Emparis a été une belle expérience et le refuge du Pic du Mas de la Grave est devenu l’un de nos lieux de pratique à deux pas des Hières. 
Les échanges avec Benoit, Gérard, ou Bernard, encadrants CAF de SRN ,nous ont également beaucoup éclairé dans notre pratique.
 Un grand merci à tous…

ski de randonnée nordique
Un livre inspirant...
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À la gare routière d'Oslo...

Au départ à Skarvheim

Ski de randonnée nordique en Norvège
Au bord d'une route, un arrêt de bus. Le refuge du DNT est à deux pas. Et il y a de la neige !
Skarvheim, un premier refuge du DNT très confortable et pratique pour débuter notre randonnée

De Skarvheim à Sulebu, 24 km

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Au début tout va bien, le nouveau tracé est facile à suivre et surtout il fait beau !
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Mais tout change très vite, nous voici dans le blanc...
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Sulebu, un petit refuge du DNT toujours aussi confortable...

Des CSV quasi quotidiennes !

Même à deux, le jeu de Faire Ensemble, de s’impliquer chacun dans la préparation et dans la conduite de la journée, de donner de la place à une représentation graphique de l’itinéraire, a de l’importance. 

Et peut être encore plus à deux.

La CSV fait maintenant partie de notre routine quotidienne, une forme de bonne pratique qui en a surpris quelques-uns dans les refuges gardés. 
La feuille blanche et les petits feutres sont au rendez-vous du gribouillon du soir, parfois rudimentaire ou plus compliqué. 
Difficile pour nous de faire sans.

 Et je suis plutôt content quand d’autres encadrants de SRN nous racontent leur intérêt pour cette démarche collaborative. Un article sur CSV-News devrait bientôt être mis en ligne et la CSV est également abordée durant le nouveau stage d’initiateur SRN de la FFCAM.

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Le mauvais temps en Norvège... Forcément à prendre au sérieux !

De Sulebu à Slettningsbu, 24 km

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Un peu de lumière et une piste bien tracée.
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Et aussi un peu de descente... Maitrise du chasse neige indispensable !

De Slettningsbu à Tyinstølen, 10 km

Une étape très courte, mais une descente vraiment pas simple dans le jour blanc !

Un petit point carto... Merci Norgeskart.
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Et le paysage est toujours aussi blanc...
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Un tout petit chalet rien que pour nous !

De Tyinstølen à Fondsbu, 17 km

Le mauvais temps nous a rattrapé à l’entrée du Jotunheimen.

Le fort vent du Sud nous pousse dans le dos, mais sur le lac le jour blanc n’a pas beaucoup de conséquences. Il suffit d’avancer et de suivre les piquets. Pas de doute, un lac c’est plat ! 

« Au moins, ça descend pas ! »

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Un changement d'itinéraire se prépare !!!
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Pas beaucoup de nuances de blanc... Mais il suffit de rentrer dans une forme de méditation contemplative et le temps passe doucement.
À l'arrivée à Fondsbu, le vent forcit. L'ambiance change un peu...

À Fondsbu par une journée de mauvais temps

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Une très bonne adresse et un patronne mythique !
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Un accès très facilité et une entrée idéale dans le massif, directement depuis Oslo en bus en une journée. D'ailleurs la plupart des clients arrivent en chenillette.
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Toujours aussi bien...
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Juste profiter du temps qui passe... Et se dire qu'on est vraiment bien à l'intérieur.
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Et prendre le temps de bien préparer le lendemain.

Vers Yksendalsbu, 22 km

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Un départ encore un peu dans le blanc. Nous avons maintenant l'habitude !
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Une équipe norvégienne nous dépasse et nous dépose proprement. Et toute l'équipe restera ensemble très groupée. Impressionnant.
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Immense...
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Et une arrivée très norvégienne au refuge.
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Encore un superbe refuge non gardé...

Retour à Fondsbu, 23 km

J’espérais trouver un itinéraire alternatif pour revenir à Fondsbu. 

Un itinéraire hors trace dans de larges vallonnements avec quelques montées et une longue descente sur le refuge. La cartographie avait été préparée avec soin, sur la carte comme sur l’appli. Mais au petit matin c’est la météo qui a de nouveau décidé pour nous. Quand la visibilité se dégrade, les itinéraires piquetés sont les bienvenus. Et la descente sera au final de longues traversées dans le jour blanc.

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Une préparation de carte à l'ancienne. Avec un crayon en surlignant les courbes de niveau. Et bien sûr, une application carto sur le terrain.
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Juste un peu de lumière le matin...
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Remonter une longue vallée, et souvent être seul au monde...
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Retour dans le blanc... En fin d'après midi !

De Fondsbu à Gjendebu, 19 km

Certainement la plus belle journée de notre itinérance. Du blanc puis du bleu, une chute à cause d’une petite corniche et quelques beaux virages avant une arrivée spectaculaire au lac de Gjende.

SRN en Norvège
SRN en Norvège
SRN en Norvège
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Les seuls virages en 2 semaines de raid ! Quel plaisir de pouvoir enfin glisser...
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Quelle descente... !
Enfin, une après-midi de carte postale. Le refuge n'est plus très loin.

De Gjendebu à Olavsbu, 17 km

Le blanc va nous accompagner encore toute la journée.

Au début, la vallée est large et régulière. Nous l’avons descendu hier. Puis sur le plateau la visibilité diminue de plus en plus. Les distances s’allongent, les heures passent lentement et le fil des piquets s’estompe quelques dizaines de mètres devant nous.

Notre perception du balisage hivernal norvégien a bien changé. Nous en mesurons tout l’intérêt quand le mauvais temps s’installe, même si cela bouscule notre culture et notre rapport à la montagne, notre sentiment personnel d’autonomie. Maintenant, nous apprécions les brindilles dans le blanc et profitons du hors piste quand il fait beau.

Ski de randonnée nordique en Norvège
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Olavsbu, par une journée de mauvais temps

« Incredible Norway hytta »

Au milieu de nulle part, perdus dans une grande vallée enneigée, il faut imaginer deux bâtiments pouvant accueillir plus de 50 personnes en mode non gardé. La porte s’ouvre avec la clef unique du DNT, et le sas d’entrée est déjà une vraie pièce.
 Je vous invite à Olavsbu Hytta dans le massif du Jotumheimen.

La salle de séjour est largement plus confortable que la plupart de nos refuges. Il y a un poêle (parfois même plusieurs) et surtout du bois à profusion. Et même un coin salon avec canapés confortables et des livres (malheureusement en norvégien).
 La cuisine, avec du gaz, est équipée « comme à la maison » et plusieurs groupes peuvent faire à manger simultanément sans stress, avec plein de matériel pour faire le ménage.
 Pour le couchage, les chambres sont de 2,4 ou 6 personnes avec couettes et oreillers.
 Devant une telle qualité de séjour, quel plaisir de randonner à ski en Norvège. Et tout le monde fait le maximum pour que les lieux restent propres.

On peut questionner notre réalité dans les Alpes pour les refuges non gardés … Mais que pouvons nous faire chez nous ?

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A Olavsbu. Un refuge exceptionnel en mode non gardé. Une réalité inimaginable chez nous !

D'Olavsbu à Leirvassbu

Au sujet de la réservation des refuges en Norvège.

  • Nous ne savons toujours pas quoi faire pour la réservation des refuges non gardés du DNT. 
  • Faut-il les réserver à l’avance, ne pas les réserver du tout et gérer sur place une surfréquentation éventuelle ?

Cette année, nous avons un peu moins réservé les refuges non gardés et pas du tout les grands refuges gardés de la fin de l’itinéraire. Et forcément, nous avons modifié notre itinérance. 

Au final, à deux personnes et hors vacances de Pâques, ne pas réserver ne pose pas de problème et simplifie la gestion des déplacements au jour le jour. Nous pouvons ainsi nous adapter aux conditions météo et à nos envies, en restant le plus souple possible. Avec un groupe plus important, la situation est forcément différente, mais ce n’est pas prévu pour l’instant.

 Même si l’engagement à deux reste plus important.

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Le gros matériel de protection est de sortie aujourd'hui. Goretex et masque de ski. Heureusement la journée n'est pas très longue avec juste deux cols à traverser...
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Et forcément, les Trolls font aussi partie du voyage !

Une question majeur, le poids du sac à dos

C’est une question qui nous a beaucoup accompagné. Comment réduire le poids du sac à dos, pour une itinérance au long cours de refuge en refuge, en Norvège ?

 Depuis deux ans, nous avons adopté le style norvégien, en transportant chacun un sac de couchage (plutôt gros), un matelas et un Windsac pour 2. Actuellement nos sacs à dos pèsent entre 12 et 13 kg. Au fil des jours, c’est un poids conséquent à transporter, qui modifie forcément l’équilibre, la qualité des descentes et la durée des étapes.

  • Comment réduire le poids de ce sac pour gagner en plaisir durant les journées sur les skis, tout en restant cohérent pour la sécurité ?
  • Comment se rapprocher de 10 kg max pour une itinérance de 15 jours de refuge en refuge ?

Nous avons fait l’inventaire minutieux de toutes nos affaires transportées, sans réussir à réduire, à éliminer des éléments. Il reste donc la question du duvet et du matelas. En observant les groupes sur le terrain, on reconnait facilement les skieurs qui transportent duvet et matelas à leur sac volumineux. Certains ne portent pas de gros sac.

En questionnant les guides norvégiens, la réponse est toute en nuances. « A chacun de décider… »

« Pour les traversées de refuge en refuge, les participants ne portent que leurs affaires personnelles, et pas de sac de couchage. Par contre, le guide prend un Windsack, un petit matelas (1/2), un petit sac de couchage et pas de réchaud. »

  • Concrètement, à quoi sert ce matériel de sécurité ? 
  • Est-il individuel ou collectif ?
  • Dans quelles situations peut-on avoir besoin d’utiliser ce matériel de sécurité ?
  • En cas d’incapacité à rejoindre le refuge ? 
  • À cause d’une personne blessée ? 
  • D’une erreur de navigation ? 
  • Ou de conditions météo trop difficiles ?

La situation est différente si les refuges sont gardés ou non, et s’il y a du réseau téléphonique. S’il faut attendre l’arrivée des secours quelques heures, beaucoup plus longtemps ou carrément passer la nuit sur place.

1… Si c’est un accident :

Se blesser dans une descente, tomber dans un trou ou d’une corniche.

L’enjeu principal est de prévenir les secours avec un moyen adapté (smartphone, téléphone satellite, Inreach Garmin). Puis tout va dépendre des moyens mis en place pour le secours (skidoo, hélicoptère, caravane terrestre). Le matériel collectif obligatoire est donc a minima : un windsack, une pelle (par personne ?) un matelas et un petit duvet (un réchaud ?).

En prévention : la gestion des contacts avec les secours demande un minima de préparation et de temps, pour récupérer les n° nécessaires et bien comprendre l’organisation des secours locaux. Ces informations sur un massif peuvent d’ailleurs très bien se partager entre les groupes et s’actualiser au fil du temps.

2… En cas d’impossibilité de terminer l’étape :

A priori, il s’agit principalement de difficultés liées aux conditions météo (neige et vent, jour blanc). La navigation sans visibilité ne devrait aujourd’hui pas poser trop de problème avec les applications cartographique et le GPS, la redondance des outils étant une règle de bon sens et dans une démarche CSV de Faire Ensemble, chacun dispose de son propre outil de navigation et sait s’en servir. Le balisage hivernal des itinéraires de SRN facilite énormément les déplacements sans visibilité (attention néanmoins aux dates de piquetage !).

En prévention : un suivi quotidien des prévisions météo devrait limiter l’engagement, mais c’est surtout la préparation et le calibrage de l’itinéraire envisagé, avec des jours de sécurité, qui réduira la probabilité de ce type de problème. Une CSV bien réalisée avec l’ensemble du groupe est également une bonne pratique de prévention. Savoir s’abriter, construire un abri dans la neige sont des compétences utiles pour des activités hivernales, même si elles servent rarement. Sans matériel, la nuit sera forcément longue et difficile, mais sans être dramatique.

Pour autant, quelle est la probabilité aujourd’hui de ne pas réussir à rejoindre le refuge du soir ? Peut-être quasi nulle… !

Il sera toujours préférable d’arriver même très très tard au refuge, plutôt que de passer une nuit dans un trou à neige et il est donc utile de ne pas oublier sa frontale.

En conclusion…

  • Faut-il se charger d’un matériel qui a si peu de « chance » de servir, pendant tout le temps du circuit et au prix d’un effort non négligeable ? Et surtout lequel ?
  • Qu’allons-nous décider pour notre prochain raid de la traversée du Sylan ?

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Il faut parfois savoir attendre et rester bien sagement à l'intérieur !

Et déjà le projet pour 2027 se prépare !

Avec toujours cette idée directrice d’une traversée de la Norvège. « Norge pa lang »

Notre progression vers le nord continue et notre point de départ se déplace donc d’Oslo à Trondheim.

Initialement, nous avions imaginé le massif de Trollheimen. Mais il nous semble trop aléatoire pour l’enneigement et nous allons nous rapprocher de l’intérieur du pays vers le massif transfrontalier de SylanNous allons donc découvrir les refuges suédois du STF en jouant à « saute frontières ».

Avec encore quelques questions :

  • Comment rejoindre l’hôtel de Fjallnas en Suède depuis Trondheiim ?
  • Quel est la longueur des étapes en Suède ?
  • Et surtout quelle application carto suédoise utilisée ?

Et des objectifs de progrès durant l’hiver 2027 pour mieux nous préparer.

  1. Diminuer le poids de nos sacs à dos.
  2. Faire des progrès techniques pour mieux avancer sur le plat et donc prendre des cours de ski de fond classique à La Féclaz (plutôt pour Paulo).
  3. Améliorer notre technique de ski à la descente, faire quelques virages Télémark avec Lionel, et skier sur les pistes bleues aux Saisies (plutôt pour Isa)

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