C’est une question qui nous a beaucoup accompagné. Comment réduire le poids du sac à dos, pour une itinérance au long cours de refuge en refuge, en Norvège ?
Depuis deux ans, nous avons adopté le style norvégien, en transportant chacun un sac de couchage (plutôt gros), un matelas et un Windsac pour 2. Actuellement nos sacs à dos pèsent entre 12 et 13 kg. Au fil des jours, c’est un poids conséquent à transporter, qui modifie forcément l’équilibre, la qualité des descentes et la durée des étapes.
- Comment réduire le poids de ce sac pour gagner en plaisir durant les journées sur les skis, tout en restant cohérent pour la sécurité ?
- Comment se rapprocher de 10 kg max pour une itinérance de 15 jours de refuge en refuge ?
Nous avons fait l’inventaire minutieux de toutes nos affaires transportées, sans réussir à réduire, à éliminer des éléments. Il reste donc la question du duvet et du matelas. En observant les groupes sur le terrain, on reconnait facilement les skieurs qui transportent duvet et matelas à leur sac volumineux. Certains ne portent pas de gros sac.
En questionnant les guides norvégiens, la réponse est toute en nuances. « A chacun de décider… »
« Pour les traversées de refuge en refuge, les participants ne portent que leurs affaires personnelles, et pas de sac de couchage. Par contre, le guide prend un Windsack, un petit matelas (1/2), un petit sac de couchage et pas de réchaud. »
- Concrètement, à quoi sert ce matériel de sécurité ?
- Est-il individuel ou collectif ?
- Dans quelles situations peut-on avoir besoin d’utiliser ce matériel de sécurité ?
- En cas d’incapacité à rejoindre le refuge ?
- À cause d’une personne blessée ?
- D’une erreur de navigation ?
- Ou de conditions météo trop difficiles ?
La situation est différente si les refuges sont gardés ou non, et s’il y a du réseau téléphonique. S’il faut attendre l’arrivée des secours quelques heures, beaucoup plus longtemps ou carrément passer la nuit sur place.
1… Si c’est un accident :
Se blesser dans une descente, tomber dans un trou ou d’une corniche.
L’enjeu principal est de prévenir les secours avec un moyen adapté (smartphone, téléphone satellite, Inreach Garmin). Puis tout va dépendre des moyens mis en place pour le secours (skidoo, hélicoptère, caravane terrestre). Le matériel collectif obligatoire est donc a minima : un windsack, une pelle (par personne ?) un matelas et un petit duvet (un réchaud ?).
En prévention : la gestion des contacts avec les secours demande un minima de préparation et de temps, pour récupérer les n° nécessaires et bien comprendre l’organisation des secours locaux. Ces informations sur un massif peuvent d’ailleurs très bien se partager entre les groupes et s’actualiser au fil du temps.
2… En cas d’impossibilité de terminer l’étape :
A priori, il s’agit principalement de difficultés liées aux conditions météo (neige et vent, jour blanc). La navigation sans visibilité ne devrait aujourd’hui pas poser trop de problème avec les applications cartographique et le GPS, la redondance des outils étant une règle de bon sens et dans une démarche CSV de Faire Ensemble, chacun dispose de son propre outil de navigation et sait s’en servir. Le balisage hivernal des itinéraires de SRN facilite énormément les déplacements sans visibilité (attention néanmoins aux dates de piquetage !).
En prévention : un suivi quotidien des prévisions météo devrait limiter l’engagement, mais c’est surtout la préparation et le calibrage de l’itinéraire envisagé, avec des jours de sécurité, qui réduira la probabilité de ce type de problème. Une CSV bien réalisée avec l’ensemble du groupe est également une bonne pratique de prévention. Savoir s’abriter, construire un abri dans la neige sont des compétences utiles pour des activités hivernales, même si elles servent rarement. Sans matériel, la nuit sera forcément longue et difficile, mais sans être dramatique.
Pour autant, quelle est la probabilité aujourd’hui de ne pas réussir à rejoindre le refuge du soir ? Peut-être quasi nulle… !
Il sera toujours préférable d’arriver même très très tard au refuge, plutôt que de passer une nuit dans un trou à neige et il est donc utile de ne pas oublier sa frontale.
En conclusion…
- Faut-il se charger d’un matériel qui a si peu de « chance » de servir, pendant tout le temps du circuit et au prix d’un effort non négligeable ? Et surtout lequel ?
- Qu’allons-nous décider pour notre prochain raid de la traversée du Sylan ?