manaslu 2020

MANASLU 2020…

Objectif 8000, l’ascension du Manaslu.
Pour beaucoup d’amateurs de la Haute Altitude, ce chiffre mythique de 8000 m est un bel objectif, le rêve de toute une vie d’alpiniste.
Au Népal, le Manaslu permet de vivre cette aventure avec le plus de chance de réussite possible.
Sa difficulté technique, permet de se concentrer exclusivement sur toutes les composantes de la vie en altitude.
Mais, il ne faudrait pas pour autant minimiser la démesure et les efforts nécessaire pour atteindre son sommet. Ni oublier la beauté d’un trek au Népal et l’ambiance fantastique des plus hautes montagnes du monde.

Manaslu 2020,
Dates & inscription

  • Du samedi 18 Avril 2020 au lundi 1 Juin 2020
  • Le week end de préparation aura lieu le dernier we de Janvier 2020 à La Grave.

Pour s’inscrire
Il faut s’adresser directement à Expeditions Unlimited, du groupe Secret Planet, basé à Lyon.
Tel : +33 (0)4 78 37 88 88

Le budget
21 000 €, aérien international inclus.

Manaslu 2020, Stratégie de déplacement.

Je vous propose une combinaison entre deux technique, « en dent-de-scie » et en « progression douce », mais résolument en continue. Car il me semble judicieux de prévoir une ascension en deux parties, avec un temps de repos au camp de base.
En 2020, il s’agira donc d’aller installer le camp « Minus 1 », puis le Camp 1, d’y dormir une ou deux nuits et de faire le transport du matériel au camp 2.
Puis de redescendre au Camp de Base .
Après un ou deux jours de repos au camp de base, ce sera le départ définitif pour ce grand voyage vers le sommet du Manaslu, en rejoignant directement le Camp 1 classique, où nous attendent nos tentes.
Le lendemain nous permettra de rassembler équipe et matériel.
Il est ainsi possible de construire un planning prévisionnel qui donne une vision plus précise de cette ascension en « progression douce ».

Manaslu 2020… la difficulté de l’ascension

C’est une ascension exclusivement en neige, se déroulant dans un terrain glaciaire grandiose où alterne passages tourmentés et zones plus faciles. Deux passages sont un peu plus difficiles, mais systématiquement équipés de cordes fixes. Nous aurons donc le choix de notre déplacement, avec ou sans.
La partie finale est plutôt simple sauf les derniers 50 m. (Mais sont-ils réellement gravis par tous les « summiters » déclarés ? !).
A nous de faire le plus tranquillement possible cet effort, en étant le mieux possible au Camp 4, en forme et en bonne santé.

La cotation peut s’évaluer à VII/AD- en neige (en cotations himalayennes). Ce qui est déjà important !

Les cordes fixes
Trois sections sont classiquement équipées de cordes fixes, entre 5700 et 6100 puis entre 7100 et 7400 + la dernière partie sommitale..
La grande majorité des alpinistes évoluent sans être encordé sur la montagne. Mais il est possible de faire l’ascension en étant encordé. Le ridicule ne tue pas encore, par contre les crevasses, oui…
Nous serons donc toujours encordés !

Et nous utiliserons ces cordes fixes à minima.

Oxygène
Nous n’utiliserons pas d’oxygène pour la progression. Et ce n’est pas (non plus) un service qui est proposé.
Par contre, nous disposerons d’une bouteille d’oxygène à usage médical. En clair, elle sert uniquement en cas de problème, pour descendre (et surtout pas pour continuer à monter !)

Niveau des participants :

Une très bonne condition physique.
Une pratique de l’alpinisme à un niveau PD/AD dans les Alpes, pour être à l’aise dans des pentes de neige à 40°/45°
Une expérience des expéditions, et si possible sur un grand sommet de plus de 7000 m..
Une bonne dose de patience, de tolérance et d’humour…

L’idée est de redonner au choix d’un sommet sa véritable dimension, celle qui motive le départ : le voyage et surtout la vie en altitude. C’est un alpinisme en conscience qui sous-tend toute la démarche des expéditions en Slow Attitude, privilégiant l’immersion en altitude plutôt qu’une incursion la plus limitée et rapide possible.
Fruit d’une réflexion sur la manière d’optimiser la période d’acclimatation pour gravir les plus hautes montagnes de la Terre, la progression par paliers (popularisée malicieusement comme stratégie de l’escargot) s’organise à partir d’une prise d’altitude et des efforts raisonnés. Il s’agit alors de substituer l’usage pré-établi des allers-retours camps d’altitude – camp de base, par une progression continue.

Une méthode d’ascension qui impacte directement sur :

• – la notion de camp de base, puisqu’il ne devient plus qu’un lieu de passage.

• – le temps de vie en altitude, avec un séjour prolongé et une multiplication des camps,

• – le vécu de l’ascension qui s’apparente à un véritable voyage en altitude,

• – la qualité du quotidien où l’attention de chaque instant temporise l’obsession du sommet,

• – l’intensité du relationnel par une cohésion renforcée du groupe dans chacun de ses déplacements.

Cette mise hors du monde est un inestimable privilège.
Pour encore mieux apprécier, au-delà de la maîtrise des moyens mis en œuvre pour gravir une montagne, notre motivation première : être en montagne et y vivre bien. 

Progression continue et Slow Attitude…

Il s’agit de construire une progression raisonnée sans effort inconsidéré, en augmentant le nombre de camps. Le déplacement est continu, avec un seul jeu de tentes, qu’il faut démonter et remonter à chaque camp avec de court aller-retour entre chaque camp .
Le camp de base est « rustique » et d’utilisation très limitée: les quelques premiers jours puis pour la sécurité en cas de descente d’un des membres du groupe.
Paradoxalement, la durée de l’ascension est légèrement inférieure à celle d’une ascension en « technique himalayenne ».

De retour dans la vallée, avec un camp confortable.

Les camps :

L’emplacement des camps, en « technique himalayenne »…
L’ascension du Manaslu se fait actuellement et majoritairement avec 4 camps qui sont complètement pré équipés par les porteurs d’altitude avant l’ascension.
Le camp de base est le plus souvent très confortable (transfert par hélicoptère, groupe électrogène, tentes chauffées, ordinateurs, internet, PC de communications).
Et un équipent complet de la montagne en corde fixe.

Les camps classiques :
CB : 4850
C1 : 5700 (+ 850)
C2 : 6300, (+ 600)
C3 : 6700, (+ 400)
C4 : 7400, (+ 700)
Summit : 8156, (+ 756)

manaslu 2020

Les camps en progression continue :
CB 4850 m
Minus 1 : 5360, (+ 510)
C2 : 5700, (+ 340), c’est le camp 1 classique
C4 : 6450, (+ 330), légèrement au-dessus du camp 2 classique
C5 : 6780 (+ 330), c’est le camp 3 classique
C6 : 7110 (+ 330), juste avant la partie plus raide
C7 : 7450 (+ 340), c’est le camp 4 classique.

Chef d’expé et « Base Camp Manager »… ?

Cette expédition correspond pour moi à un changement de statut.
 De guide de haute montagne à chef d’expé, gestionnaire de l’équipe de guides népalais.
J’aimerais vivre mon rôle avec une attention particulière à la gestion du groupe, sans forcément vouloir aller au sommet. Sans pression de réussite personnelle.
Une manière de dire qu’il y a bien un pilote dans l’avion, avant l’expé, pendant la marche d’approche et sur la montagne.
En particulier, toute la marche d’approche est un moment fondamental pour construire les fondations d’une bonne acclimatation avec des rendez-vous réguliers pour progressivement apprendre à bien vivre l’altitude. Et justement, nous traverserons un premier col à plus de 5000 m avant de rejoindre notre camp de base.
Par ce nouveau statut, un peu moins aux avant-postes, il me faudra laisser plus de place à mes compagnons népalais, pour leur laisser expérimenter et vivre le rôle de guide jusqu’au sommet, et aussi pour rester disponible et transmettre le mieux possible mon expérience.
Concrètement, je prendrais en charge toute la première partie de l’expédition, la préparation, la marche d’approche et la montée jusqu’au Camp 2. J’irais certainement jusqu’au camp 3 pour éventuellement saluer le Manaslu North ou un autre sommet au dessus du camp 1.

La partie finale de l’expédition sera prise en charge par l’équipe de guide népalais dont je validerais les déplacements (que nous aurons décidé ensemble…).

L’objectif principal reste toujours de n’avoir aucun accident, ni dommage corporel. Et de savoir renoncer au bon moment quand c’est nécessaire.
Ce sera certainement l’une de mes dernières expériences en très haute altitude.

La prochaine fois, mes compagnons népalais prendront totalement en charge cette aventure partagée.

Manaslu 2020… Sur la montagne.

Pour moi, le temps du trek est un instant suspendu.
 Une transition entre un mode de vie sédentaire et le grand voyage en altitude qui se prépare. Nous sommes déjà parti, nous avons déjà commencé notre itinérance, mais cette itinérance est encore très confortable. Nous n’avons pas encore changé radicalement de monde.
C’est le moment où mon rythme se met en place : je me couche tôt, je me ménage des plages de calme pour lire et écrire, j’essaye de me mettre un peu en retrait pour mieux me retrouver.

Nous voici au camp de base…, la vie s’organise.
 Le premier jour sera une journée de préparatif pour l’ensemble des participants.
Ce n’est donc pas vraiment une journée de repos, même si nous ne bougeons pas, car il y a vraiment beaucoup de choses à préparer.
Cette première étape de l’expé consiste, pour chacun, à organiser le transport de ses affaires jusqu’au notre camp 2. Ce camp, juste avant un passage plus technique, constitue le point clef pour valider la suite de la progression.
Pour beaucoup, c’est le moment d’un nouvel apprentissage, plus difficile qu’il n’y parait : la gestion du poids du sac à dos et le choix des affaires à transporter en fonction des prochains portages.

Avec un message important : c’est le poids transporté (la charge utile) limité à 12/max 15 kg qui détermine le nombre de portages à effectuer, et non pas l’inverse. 

Et plus l’expédition a été préparé dans ses moindres détails pour la nourriture et le matériel, plus le portage en est simplifié. Pour cela, une expérience préalable bien construite est forcément un plus.
Un autre apprentissage est également nécessaire.

Comment bien vivre en altitude ?
Comment bien organiser notre vie en altitude dans la tente ?
Et surtout rester en bonne santé…

Très haut, au dessus du village de Sama se dresse la divinité que les habitants appellent Pungyen et que nous connaissons sous le nom nepali de Manaslu (la montagne de l’âme)* .
Des peintures sur les murs du temple du village représentent cette divinité guerrière, [dGra lha] portant un turban blanc, brandissant une épée, monté sur un cheval blanc et tenant dans sa main gauche le « précieux joyau ».
Il est invoqué et prié par la population, pour qu’il les protège des esprits maléfiques qui rodent aux abords du village. S’il est mécontent, il enverra tempêtes et avalanches détruirent les demeures et les champs des malheureux villageois.
Pungyen signifie littéralement « grand nombre (dPung) d’ornements (rgyan) ». Il ne faut pas comprendre cela seulement par : amoncellement de terres, de rocs et de séracs, mais surtout par amoncellement d’enseignements religieux, monde de richesses, lieu où vivent une multitude d’animaux.
Il faut regarder, au soleil levant, la lumière qui orne la montagne. Elle est le palais divin du Seigneur Pungyen, de sa femme et de son fils.

Cette montagne, le dieu local [yul lha] de Sama, a toujours été vénérée par les habitants qui lui rendent hommage en ces termes.

« Je m’incline devant le protecteur de notre terre,
le grandiose et enneigé mont Pungyen,
situé de façon propice à la frontière du Tibet et du Népal.
En accord avec les prophéties du seigneur Bouddha,
il a un jour surgi du sol, le roi de toutes les montagnes.
De l’extérieur la montagne ressemble à un chorten
fait de lumière se réfractant au travers d’un cristal de roche.
A l’intérieur réside le seigneur Pungyen et sa cour divine
se reflétant parfaitement comme à travers un miroir.
Depuis la demeure des divinités (lhas), dans les hauteurs
la montagne descend vers la terre comme un chöten.
Depuis le monde souterrain des nagas
la montagne se dresse haute dans le ciel, comme un joyau.
Le protecteur, le seigneur Pungyen, vit ici comme un roi dans le monde intermédiaire.
Je m’incline avec respect devant celui qui réside sur cette merveilleuse montagne. »


Paulo_le 18 Juin 2019
Depuis le Sud de La Corse…

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2 réflexions sur “MANASLU 2020…”

  1. Bonjour Paulo !

    A défaut de peut être pouvoir être à bord d’une jolie expé l’automne prochain, je coche avec un grand intérêt celle ci !

    Je trouve ça très chouette, de passer encore un peu plus le témoin aux Népalais pour l’encadrement in situ sur une expé pareille 😉

    A bientôt

  2. Bonjour Paulo,
    Cette expédition me fait rêver. Cette belle montagne un peu à part. L’approche en douceur qui permet autant de s’acclimater que de vivre pleinement l’immersion dans un endroit inconnu. l’esprit de partage et de découverte. L’organisation de l’ascension en elle même : tout y est !
    J’ai envoyé ma demande d’inscription en espérant de tout cœur en être.
    A bientôt
    Laurent

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