guide au Népal

Le logo de l’assemblée générale de l’UIAGM à Kathmandu. Un signe fort !

Voici un texte un peu brut de forme pour poser quelques idées et réalités sur le monde des expéditions au Népal.

Le monde change…
De transformations silencieuses en mutations brutales.
Comme nous, parfois.


Guide au Népal… ?

Au Népal, forcément, le monde des expéditions évolue et tout va très vite.
Trop vite peu-être ?

  • Il y a la montée en puissance des acteurs locaux du tourisme, les agences de trek népalaises avec les poids lourds de la profession qui se sont spécialisés dans l’organisation d’expéditions sur les plus hauts sommets, principalement l’Everest et les 8000. 
  • Il y a aussi toute la multitude de petites agences qui se battent pour récupérer les miettes de ce business lucratif, pour certaine en se spécialisant dans une nationalité spécifique de clientèle ou en devenant partenaire privilégié d’un TO étranger.

Grâce à Internet, tout le monde à accès au marché mondial et la législation népalaise a évolué en faveur des petites structures. L’offre est devenue pléthorique et la compétition est féroce. Et plus de la moitié (ou même les 2/3) des expéditions sont maintenant organisé directement par ces agences, même et surtout à l’Everest.

Sur la montagne, et au camp de base, la nature et la « qualité » des services ont explosés, au point de devenir extravagants (tout comme les tarifs pratiquées). pourtant, la compétence de l’encadrement reste un problème peu abordée et peu visible, surtout pour gérer une activité à risque d’une telle complexité. 

Heureusement, la mise en place d’une formation de guide de haute montagne népalais aux standards internationaux UIAGM donne une base de référence pour l’ensemble de la profession.
Mais, même si ces guides népalais UIAGM deviennent de plus en plus présent et visible par les actions de la NNMGA (leur organisation professionnelle), ils ne sont qu’une petite cinquantaine et n’ont pas encore le poids politique nécéssaire pour négocier avec les agences et pour imposer, par exemple, des standards d’encadrements pertinents.

Nous sommes donc dans un entre-deux où cohabite sur le terrain, quelques guides diplômés UIAGM étrangers, indépendants ou employés par les TO de leur pays (de moins en moins nombreux), un petit groupe de guides népalais diplômés UIAGM (une trentaine…) et une masse largement majoritaire de guide de haute montagne « de facto », autoproclamé, aux compétence variables et floues. Mais pour certains, très dynamiques et compétents, formés au contact des guides UIAGM étrangers, dans les stages NMA et sur le terrain.
Pour l’instant cette cohabitation est relativement calme, sans conflit apparent.

Le changement est donc en marche.

A la fois avec la quasi disparition des guides UIAGM étrangers, l’augmentation du nombre des guides népalais diplômés et la dynamique des agences népalaises. Difficile d’estimer le temps nécessaire pour que la situation bascule définitivement aux standards occidentaux (une génération, 5 à 10 ans, beaucoup plus ?).
La question se pose pour les TO français sur la manière de vivre cette transition, de la rendre visible et acceptable pour leurs clients.

Impossible de remplacer du jour au lendemain, tous les guides français par des guides népalais diplômés, comme ce qui avait été fait de manière brutale par les TO avec les accompagnateurs de moyenne montagne.

Actuellement, on observe une différenciation entre sommets de trekking (Island Peak et Mera, qui représente l’offre la plus importante) encadré par des guides népalais (le plus souvent non diplômé UIAGM) et les grands sommets (principalement les 7000) encadré par des guides français UIAGM…, malgré une exigence de compétence quasi identique.
En France, il n’existe pas des guides pour les grandes courses et d’autres moins formés et moins chers pour les courses faciles.


Guide au Népal
Il existe une voie du milieu…

Elle consiste pour les agences ou TO français à accompagner ce changement dans le temps et sur le terrain, en favorisant une collaboration entre guide UIAGM et guide de facto, en utilisant les guides français puis les guides UIAGM népalais dans le cadre de véritable équipe d’encadrement (aux statuts, compétences et taches bien définis)***. Cette notion d’équipe d’encadrement est fondamentale puisqu’il s’agit d’encadrer un groupe en montagne.
Mais qui propose cette alternative au silence… ?

L’objectif est à la fois de prendre en compte la réalité (il y a carence de guide népalais diplômés), d’informer correctement les clients, et de soutenir la formation des jeunes guides locaux pour qu’ils aient plus de compétences et qu’ils puissent accéder aux stages qualifiants et réussir leur diplômes de guide UIAGM.

Pour l’agence népalaise (prestataire) :

  • la première étape consiste à former une équipe d’encadrant professionnel, investit dans ce processus de formation.
  • De leurs proposer une situation stable économiquement et structurellement (pour moi…, c’est le sens de la création d’Himalayen Travellers et d’une coopération avec Tamera).
  • D’organiser des expéditions encadrées et dirigées par un guide UIAGM français (encore 4 ou 5 ans…) pour consolider et valider les compétences de l’équipe d’encadrement.
  • Puis de diminuer progressivement la présence du guide français.

Il est également nécessaire de simplifier les contraintes à résoudre pour le guide Népalais, concrètement en diminuant la taille du groupe et/ou en augmentant le ratio d’encadrement  (par exemple, 6 personnes par groupe et « 1 pour 1 »).

*** En aparté, la posture du SNGM (ou de l’UIAGM ?) de vouloir proposer un modèle unique sur le modèle alpin, d’un guide avec son client, est particulièrement en dehors des réalités, à la fois économiques ou de sécurité.


Guide au Népal… Une évolution perso (avant la retraite)

L’exemple de la prochaine expédition au Manaslu en 2020…

De guide UIAGM occidental à…  Chef d’expé « Base Camp Manager »… ?

Cette expédition au Manaslu correspond pour moi à un changement de statut.
De guide de haute montagne à chef d’expé, gestionnaire de l’équipe de guides népalais.
J’aimerais vivre ce rôle avec une attention particulière au management de l’équipe népalaise et aux alpinistes occidentaux, sans forcément vouloir aller au sommet. Sans pression de réussite personnelle. Ni être obligé de faire…
Une manière de dire qu’il y a bien un pilote dans l’avion, avant l’expé, pendant la marche d’approche et sur la montagne. mais que les guides de haute montagne sur la montagne sont les Népalais de l’équipe.

En particulier, mon rôle est particulièrement important durant toute la marche d’approche.
C’est une période fondamentale pour construire les fondations d’une bonne acclimatation, avec des rendez-vous réguliers pour progressivement apprendre à bien vivre l’altitude.
Et ça, les népalais ne savent pas encore faire !

Car justement, nous traverserons un premier col à plus de 5000 m avant de rejoindre notre camp de base.
Par ce nouveau statut, un peu moins aux avant-postes, il me faudra laisser plus de place à mes compagnons népalais, pour qu’ils expérimentent et vivent le rôle de guide de haute montagne jusqu’au sommet. je pourrais ainsi rester plus disponible et transmettre le mieux possible mon expérience.
Concrètement, je prendrais en charge toute la première partie de l’expédition, la préparation, la marche d’approche et la montée jusqu’au Camp 2. J’irais certainement jusqu’au camp 3 pour éventuellement saluer le Manaslu North ou un autre sommet au-dessus du camp 1.
La partie finale de l’expédition sera prise en charge par l’équipe de guides népalais dont je surveillerais les déplacements.

L’objectif principal reste toujours de n’avoir aucun accident, ni dommage corporel, pour quiconque. Et de savoir renoncer au bon moment quand c’est nécessaire.

Ce sera certainement l’une de mes dernières aventures en très haute altitude, à plus de 7500 m.
La prochaine fois, mes compagnons népalais prendront totalement en charge cette aventure partagée.

Guide au Népal… D’autres pages sur le sujet :


Et n’hésitez surtout pas si vous avez des commentaires…

Paulo_un automne au Népal et avec tous mes voeux de réussite pour mes collègues Népalais
Le 9 septembre 2018


guide au Népal

About the NNMGA Guide

La NNMGA

There are two types of guide in NNMGA.

1.       NNMGA International Guide (IFMGA)

The first one is International Mountain guide (IFMGA Guide NO SKI) who has successfully completed their Mountain Guide Exam conducted by NNMGA which is only international standard mountain guide education module (certified by IFMGA). They are certified as Level 4 (The highest rank of skill testing) by Nation Skill Testing Board (NSTB www.nstb.org.np), under Council for Technical Education and Vocational Training (CTEVT), Ministry of Education of Nepal. They are eligible to guide in all mountains around the globe.

2.       NNMGA National Guide (Aspirant Guide)

NNMGA National Guide (Aspirant Guide) is those mountain guides who are aspiring, eligible candidate for International mountain guide in short future (after practice on same status for 2 years) and under the state of sharpen their skill with full of practice for such course. They are certified as Level 3 (The higher rank of skill testing) National Skill Testing Board (NSTB www.nstb.org.np), under Council for Technical Education and Vocational Training (CTEVT), Ministry of Education of Nepal. They are eligible as local mountain guide (as per traditional Mountain guide) to involve in climbing and mountaineering expedition at any mountains across Nepal. They could be a NNMGA International Guide (IFMGA) after successfull practice of 2 years on the minimum requirements of exercise as signified by NNMGA and could eligible to participate on final guide exam.