• expéditions 2019

    Les chroniques de l’Himlung

    Mi AVRIL 2019… Le voyage commence…
    Et un nouveau chapitre qui s’ouvre, pour cet Himlung 2019.
    L’objectif de ces chroniques est d’éclairer le fonctionnement d’une expédition, de raconter des histoires de l’intérieur, à la fois pour une meilleur compréhension sur cette envie de sommet, cette attirance pour la haute altitude, et pour vous permettre de mieux choisir une prochaine expédition ou (pourquoi pas) d’organiser votre propre ascension.

    Bonne lecture et bon voyage en notre compagnie…
    Bien sûr, pas de rendez-vous précis, et une longue coupure car nous n’aurons pas d’Internet au camp de base, ni durant l’ascension.
    Les chroniques seront ajoutées au fil du temps.


    Voici la huitième chronique de l’Himlung
    « De l’usage du temps… 1er épisode, entre météo et créneau de sommet »

    Dimanche 12 Mai
    Quelques cm de neige ont radicalement changé l’ambiance du camp de base. L’orage, d’une rare violence, est arrivé en début de soirée du 11 mai, illuminant la tente mess et nous faisant sursauter  a chaque coups de tonnerre.
    L’occasion d’apprendre qu’éclair se dit THOK ou CHATTANG et tonnerre, GARANGURUNG ou DUKEK en langage Bothe ou Nepali. Car nous sommes une agence multi ethnique…
    L’orage est un phénomène rare en Himalaya durant les périodes des expéditions du printemps ou de l’automne. On le retrouve plutôt en été durant la mousson. Celui-ci se prolongera tard dans la nuit et le spectacle pyrotechnique de Dame Nature fut particulièrement exceptionnel. Surtout depuis le confort d’un camp de base…

    « Être au bon endroit au bon moment », à cet endroit précis où se télescope la temporalité et les éléments naturels. Grâce aux prévisions météo de Yann Giezendanner, nous avons évacué la montagne au bon moment. J’imagine avec angoisse toute notre équipe au camp 3 dans le vent et les éclairs, en pleine tempête ! L’expérience de l’altitude aurait pris alors une autre consistance entre épreuve et survie.

    Les prévisions météo sont essentiels en Himalaya et pour nos activités en montagne, et pas forcément pour rester au bistrot.
    Mes rendez-vous par téléphone et SMS avec Yann sont des moments clefs de la gestion du temps, de ce temps disponible sur la montagne et souvent compté. Nous avions 4 jours depuis le camp 3 à 6300 m, d’où le sommet était possible, tous plus ou moins en forme à ce camp. Par contre la météo annoncée ne nous autorise qu’un petit créneau de deux jours, mais toujours avec un vent important entre 50/60 kl/h puis le lendemain 45 kl/h. Ce qui représente la limite supérieure « acceptable » avec des conditions de progression difficiles et surtout très froides.

    Comme souvent, la notion de « tous ensemble au sommet » est d’une extrême complexité.
    Certains ont réussi l’Himlung, d’autres le Ana Peak et le Karma Himal, et d’autres encore sont montés le plus haut possible.
    De mon côté, je n’ai pas réussi à valider la pertinence d’un camp au Lung La ni à réaliser l’Arête Sud-Ouest de l’Himlung ou le Gyarbu Himal.

    Au final, nous voici tous en bonne santé au camp de base, pour « Être au bon endroit au bon moment ».

    Mais le voyage n’est pas terminé…
    Une partie du groupe, les Lamo Kuta (les longues jambes) alias Fiona, Nico et Bernard, vont rejoindre la vallée de Manang en traversant les alpages de Phu à Naar et 3 cols à plus de 5000 m, pendant que les Sanu Kuta resteront un peu à Phu pour profiter de l’ambiance du village avant de descendre la vallée comme prévu avec l’ensemble de l’équipe népalaise et les muletiers.

    Et tout le monde se retrouvera à Koto pour le dernier trajet vers Kathmandu le 16 mai.
    A tout bientôt pour l’épisode 2 de l’usage du temps…


    Voici la septième chronique de l’Himlung
    « En Slow Attitude vers le camp 3… »

    Le 8 Mai…
    Nous voici au camp 3, à 6300m, confortablement installé dans nos tentes d’altitude Black Beard. L’Himlung est presque à portée de main…

    Tous atteindre le camp 3, le plus en forme possible, avec nourriture et équipement était un objectif important de l’expédition, préalable indispensable à la partie finale de l’ascension.

    Le cadre est vraiment splendide, à la fois rassurant, nous sommes sur un grand replat et impressionnant, juste en face de l’Himlung, de l’Himjung et du Gyajikang, tous des 7000.
    La montée entre C1 et Camp 2 a été la plus exigeante, avec une première pente de cailloux peu agréable puis des passages sur un glacier tourmenté qui est heureusement devenu de plus en plus simple jusqu’au camp 3. Certains ce sont reposé au camp 2, d’autres auraient du le faire… Le déplacement au camp 3 c’est surtout fait en mode slow sur deux journées, pour ralentir notre progression, météo oblige.
    Quel confort et quel luxe d’être simplement là, à faire du camping sur un glacier himalayen.
    Il fait grand beau, exceptionnellement sans les précipitations habituelles de l’après-midi et le développement des cumulus, mais avec énormément d event en altitude (80 kl/h à 7000). La faute au cyclone Fanny qui stationne actuellement sur le golfe du Bengale.
    Nous avons 4 jours devant nous pour réaliser quelque chose.
    Mais quoi ?
    – Et surtout comment ?

    Tout dépendra du vent en altitude et de la forme physique des uns et des autres. Et nous sommes un groupe particulièrement hétérogène de ce point de vue.

    Rendez-vous vers le 14 Mai pour plus de détails…
    Chacun aura alors fait qu’il aura pu et aura vécu le mieux possible cette expérience de vie en altitude, sur ces montagnes hautes et blanches.
    Paulo_comme « at home »


    himlung 2019

    Voici la sixième chronique de l’Himlung
    « Le grand départ »

    Samedi 4 mai.
    Nous quittons définitivement notre camp de base du French Camp et toute l’équipe de cuisine pour nous installer au Camp 1. Nous partons vers le sommet avec 3 ou 4 camps d’altitude et en progression continue.
    C’est vraiment un grand départ…

    Nous retrouverons l’équipe népalaise dans 8 jours à notre retour du sommet. Ces deux derniers jours nous ont permit de transporter notre matériel à ce premier camp d’altitude tout en continuant notre acclimatation. Quelques légers maux de têtes ont fait leur apparition, puis se sont estompés. Le temps s’améliore doucement et même si le vent persiste en altitude, pour l’instant nous sommes concentré à rejoindre le camp 3 à 6300 m, surtout le plus sereinement possible. Le cadre est bien sûr superbe et en plus nous sommes seuls. L’équipe de Lionel est maintenant redescendu. Pour nous, l’objectif principal est de nous économiser au maximum, de ne pas faire d’efforts superflus. C’est l’exigence de la haute altitude. 

    himlung 2019
    La nourriture est particulièrement importante en altitude… Surtout pour le moral !
    Avec Nicolas, nous ne sommes pas franchement fan des lyophs.
    Et une petite fondue Francontoise à plus de 5000 m c’est tellement bon !

    Et voici un nouveau message sous forme d’anecdote qui illustre ce nouveau paradigme.
    C’est l’histoire de l’épée de Damocles, versus HAP/HAC…

    Premier préalable, il faut s’avoir qu’il est complètement absurde et déraisonnable de faire des efforts répétés dans un environnement hypnotique. C’est pourtant ce que nous avons choisi de faire de plus en plus haut, et avec de plus en plus d’efforts, en espérant y éprouver beaucoup de plaisir et d’émotions. Si possible en pleine conscience…

    Pour les voyageurs de l’altitude que nous sommes, Il nous faut nous imaginer avec une épée de Damocles suspendue au-dessus de nos tête. Cette épée est bien réelle car c’est tout simplement le risque d’un oeudème (cérébral ou pulmonaire) qui peut survenir et surtout qui est mortel.
    Heureusement, cette épée est suspendue au plafond (ou je ne sais quoi…) par une multitude de fils. Elle ne risque pas de nous tomber dessus, à moins de couper tous les fils.
    Et malheureusement, nous coupons un fil chaque fois qu’une de nos actions n’est pas juste et provoque une contrainte pour notre corps. Un sac trop lourd, un rythme de marche qui nous essouffle, une étape trop longue, une carence d’hydratation ou d’alimentation, un sommeil trop perturbé, un ennui de santé, un énervement et bien d’autres micros éléments de notre vie quotidienne en altitude.

    Forcément, nous coupons des fils, mais l’objectif est quand même d’en couper le moins possible et surtout de ne pas couper le dernier.
    Sinon… !

    Et aussi, quand nous faisons très attention, avec des temps de repos par exemple, nous pouvons même en ajouter des nouveaux ou les consolider. C’est peut être cela l’acclimatation ?
    Cette histoire qui maintenant fait partie de notre corpus collectif peut même nous permettre de prévenir et d’aider un de nos compagnons de voyage qui s’agite trop. Mais la réalité nous montre aussi que c’est bien difficile!

    Pour nos amis népalais, j’ai dans ma besace une autre histoire, qui illustre différemment ce propos.
    C’est l’histoire de « Hold Buffallo et de son fils… »

    Mais c’est un autre conte pour enfants, que je vais raconter ce soir. Je suis déjà  certain que Kumari va pouffer de rire.…

    Rendez-vous au camp 3. 
    Beaucoup de choses ce seront passées et le sommet sera juste au dessus de nous.

    A bientôt et prenez aussi soin de vous.

    Bien à l’abri d’une moraine, le French Camp. Indispensable pour ne pas traverser le glacier en de multiple aller-retour.

    Voici la cinquième chronique de l’Himlung
    « Nous voici à Phu, au dernier village de notre marche d’approche. »

    Une petite journée nous sépare encore de notre camp de base à environ 4850 m, plus haut que le Mont Blanc. 
    Tout va bien, tout le monde est en forme et en bonne santé. Il fait grand beau et les températures sont plutôt douces. Pourtant, le printemps n’a pas encore commencé à Phu. Personnes dans les champs, les gens sont encore en alpages, tranquillement chez eux ou à Kathmandu. 
    Aujourd’hui, c’est une journée à la carte, nous dormirons au même endroit. Le réveil a été matinal et ce sera donc une acclimatation active avec pour certains une randonnée vers le petit sommet qui domine le village Gurusangbo à 4746 m. La vue y est particulièrement belle sur les montagnes de la vallée et bien sûr l’Himlung. 
    D’autres vont rester à proximité du village, monter au monastère ou se reposer. De mon côté, j’attend le soleil en écrivant cette chronique, puis j’irais prendre un thé chez Karma au village, rencontrer le vice président et discuter avec Lakpa des démarches pour faire autoriser le Nemju, un beau sommet de 6000, le « Hausberg » de Phu.

    Notre marche d’approche depuis Koto a été idéale, nous avons pris le temps d’un détour au village de Naar, pour dormir à plus de 4000 puis redescendre à Kyang avant de rejoindre Phu, pour une journée complémentaire d’acclimatation. Difficile de faire mieux, de prendre plus de temps. Il existe toujours une tension pour arriver le plus rapidement possible au camp de base, ne pas perdre de temps, être efficace et dans l’effort. Pour certain, c’est vraiment difficile de mettre ainsi le sommet à distance.

    Cette marche d’approche est aussi culturelle, ce qui ne gâche rien à l’histoire. Je me transforme en guide touristique pour visiter un monastère, expliquer l’iconographie ou l’histoire du Bouddhisme. Et le détour à Naar permet de voir une réalité bien différente de celle de Phu et aussi imaginer un jour gravir le Kang Garu, un sommet de « presque 7000 » particulièrement esthétique.

    À Phu, nous sommes maintenant à 4000 m et nous n’allons pas redescendre en-dessous durant toute la durée de notre séjour. Nous sommes dans un environnement hypoxique et surtout nous allons continuer à monter. Mais, faire des efforts en altitude n’est pas particulièrement raisonnable…
    Nous avons donc rendez-vous cet après-midi, à l’heure du thé pour un petit briefing sur l’altitude.

    Le troisième message pour facilité notre acclimatation est de porter attention à la qualité de notre marche.

    Cette marche est pour des randonneurs ou des alpinistes devenu le plus souvent naturelle, mais aussi sans véritable conscience. Nous allons nous inspirer de la réflexion de la marche consciente (qui est proche aussi de la marche afghane).
    Nous parlerons de la respiration, du rythme, de nos pas… Tout ce qui permet d’augmenter la qualité de notre marche pour au final limiter au maximum nos efforts physiques et surtout comment developper plus de conscience dans nos gestes.
    Plus de plaisir aussi. 
    Et c’est vraiment une étape indispensable pour bien vivre l’altitude.

    8h30, le soleil illumine ma tente, il est temps d’aller déjeuner.
    Fiona vient de réaliser son premier vol en parapente !
    Rendez-vous dans 4 ou 5 jours pour la prochaine chronique à partir du French Camp pour «Le grand départ ».


    Voici la quatrième chronique de l’Himlung
    « La marche d’approche d’une expédition n’est pas un trek !?… »

    Nous venons de terminer la première étape de l’expé à Boudhanath. C’est un véritable sas entre notre vie occidental et le nouveau rythme que nous devons installer pour bien vivre la haute altitude.

    Et le premier message pour cet acclimatation est de porter attention à notre état de voyageur : notre santé, notre bien-être et les menus détails de la vie quotidienne. 

    Ne surtout pas vouloir courir partout, tout faire, tout voir… Mais au contraire se poser dans un coin de la place, se transformer en pierre et observer la vie qui passe.
    La réalité de Kathmandu est actuellement bousculé par de grands chantiers (alignement des avenues, adduction d’eau) qui ajoutent au capharnaüm ambiant, aux embouteillages, à la poussière ou à la boue. Ce qui rend la vie encore plus difficile, alors autant rester tranquillement au repos dans l’univers préservé du Grand Stupa.


    Nous voici en route vers le début du Tour des Annapurna que nous allons emprunter jusqu’à Koto, où la vallée de Phu rejoint la Marsyangdi, la rivière principale. Avec quelques nouvelles de ce début de parcours pour nos amis trekkeurs.

    Le grand chantier hydo-électrique chinois de Nagdi est maintenant terminé mais deux autres chantiers sont programmés sur la portion Danaqiu/Koto. En conséquence, la route c’est beaucoup améliorée, avec de grandes sections bétonnées. Ce qui est une très bonne nouvelle pour nous. Le temps de trajet en jeep depuis Besisahar s’en trouve diminué (3 h pour Syange et 3 h pour Koto) et il est même devenu beaucoup plus agréable.

    Pour les randonneurs, le départ à pied débute à Chamje. Après Tal, un nouveau sentier en rive gauche pour Dharapani à été ouvert. Puis, il est recommandé de faire le détour par Nache et même d’y dormir avant de continuer par un pont suspendu exceptionnel et un monastère très discret.

    Actuellement, le sentier que nous allons utiliser demain, pour Meta, Naar et Phu est de plus en plus fréquenté en mode Teashop trek par les trekkeurs, pour éviter le fond de vallée et la route. 
    Ce « Restrictif area » de Naar/Phu sera-t-il bientôt ouvert à tous, sans formalités ni permis spécial ?

    Trek ou marche d’approche… ?

    Une marche d’approche vers un sommet n’est pas un trek, même si c’est exactement le même itinéraire, avec les même étapes ! La différence réside dans le fait que la marche d’approche est d’abord le préliminaire à l’objectif principal : l’ascension d’un sommet…
    C’est donc beaucoup plus qu’un trek !!!!
    Et cela change tout.
    Il y a un « après » à cette marche et celle-ci est une véritable préparation à l’ascension et non pas une formalité ou pire une contrainte. C’est une période beaucoup plus importante qu’il n’y parait et, c’est souvent durant cette période que se joue la réussite ou l’échec d’une l’expédition. C’est le lieu de la mutation de l’alpiniste dans des Alpes en un Homo Himalayus en quête d’un sommet.

    Pour nous, ce voyage à pied commence demain et nous sommes tous en bonne santé et en pleine forme. Nous avons retrouvé l’ensemble de l’équipe népalaise et tout le matériel a été préparé minutieusement pour être chargé sur les mules. Il nous faut maintenant prendre en compte plusieurs facteurs qui complexifient notre aventure partagée :

    • L’environnement hypoxique
    • La durée
    • La rusticité de notre mode de vie au quotidien
    • La promiscuité
    • La complexité des conditions météo ou de la montagne
    • L’environnement qui deviendra de plus en plus alpin.

    Et le deuxième message pour facilité cette acclimatation est donc de porter attention à notre état de randonneur : un sac minima avec simplement le nécessaire pour une journée, mais un équipement adéquat et surtout un rythme adapté à chacun. Personne n’a quelque chose à prouver à autrui. 
    La journée sera longue et le départ matinal. C’est d’ailleurs la plus longue journée de la marche d’approche.


    Et demain nous serons tous à Meta, loin de la route et du Tour des Annapurna. Définitivement sans connexion, à part notre téléphone satélitaire.

    Paulo_depuis Koto le 25 Avril


    Voici la troisième chronique de l’Himlung

    « Une aventure qui se termine bien… »

    Dernier jour à Kathmandu.
    J’essaye de ne pas trop m’inquiéter… Les bagages du dernier vol de la Turkish commence à arriver. C’est fou le nombre de valises ou de sacs que peut contenir un avion, quand vous en attendez un seul, en particulier.

    Hier, Bernard n’a pas récupéré son bagage de soute.

    C’est une situation plutôt rare mais qui provoque beaucoup de stress et complique sacrément la suite du voyage, et encore plus une expédition.
    Il a fallu d’abord comprendre la situation et trouver une trace du bagage manquant. Puis passer la soirée et la nuit le mieux possible en espérant que tout ira bien. Et enfin, le lendemain attendre de longues minutes devant le carrousel des bagages.
    Bingo… le voici. 
    Quel soulagement !!!

    Notre expé à l’Himlung peut se poursuivre tranquillement. Nous partirons bien demain, à l’aurore…

    Et voici quelques petits détails qui permettront de faciliter l’histoire si malheureusement elle vous arrive.

    1… Avant le départ

    • Faites une liste très précise de vos affaires que vous embarquez en soute.
    • Ne laisser ni médicaments importants, ni argent liquide dans le sac en soute.

    2… A l’enregistrement

    • Vérifier que le personnel au départ enregistre bien votre bagage pour la destination finale. 
    • Et surtout vous donne bien votre tag, à votre nom, pour votre bagage ! 
    • Ne l’égarer pas durant le voyage !

    3… A l’arrivée

    • Ayez à portée main un moyen de communication avec les personne qui vous attendent à l’extérieur de l’aéroport.

    4… au Népal

    Et surtout il faut prévoir une vraie journée de sécurité, à votre arrivée à Kathmandu. Alors que nous avons envie de limiter le plus possible le séjour à Kathmandu.

    Tout cela semble très simple et pourtant.
    Mais, pas de souci… ça va bien se passer.

    Et surtout bon voyage pour votre prochaine expédition !

    Paulo_le 23 Avril 2019


    Voici la deuxième chronique de l’Himlung

    « Dans les coulisses du ministère du tourisme »

    « Je souhaite faciliter dans mon service les formalités administratives pour les expéditions, pour rendre les choses plus fluide pour les étrangers. C’est vraiment ma priorité… ».

    Il y a de quoi être surpris quand ces propos sont prononcés par une jeune femme dans un ministère du Népal.
    Quelle révolution !
    Surtout quand Bishal, en charge du process administratif de nos permis d’expédition témoigne cette année de la même réalité.
    Tout est plus simple…

    Je ne peux qu’être admiratif devant le courage et l’énergie dépensée.

    Quel plaisir de prendre un café avec cette chef de service de haute caste qui prend le temps d’écouter un simple « quieré », un étranger. Je souhaitais pourtant aborder des sujets peu agréables. 


    1er sujet :
    La correction de la liste officielle des sommets autorisés.

    Ce document est la clef la plus importante pour l’organisation d’une expédition au Népal. Et, il comporte malheureusement encore beaucoup d’erreurs, en particulier pour les itinéraires d’accès aux montagnes, la « Caravan Route ». Et ce détail a beaucoup de conséquences, techniques mais aussi économiques.
    Par exemple, pour l’Himlung, cette « Caravan route » est indiquée uniquement par le versant de Phu, (celui que nous allons utiliser), alors qu’il existe bien sûr un autre versant à cette montagne, à l’Est depuis la vallée de Tilje (celle de la fin du tour du Manaslu).

    Concrètement, si vous souhaitez ouvrir un nouvel itinéraire sur ce versant…. Impossible, car même si le sommet est autorisé, il vous faut suivre la « Caravan Route » par Phu, et donc ce versant vous est inaccessible.
    Ce qui est difficilement compréhensible pour des alpinistes occidentaux.

    C’est pourtant la mésaventure qui est arrivée à 3 jeunes talentueux alpinistes autrichiens qui ont été contraint de ce rabattre sur une ouverture versant Phu, avec au final une très belle traversée sur l’Himjung voisin.

    Plus largement, la mise à jour de ce document est également très important dans la perspective d’une informatisation des formalités des permis d’ascension, comme c’est le cas pour les visas d’entrée au Népal ou les permis de trek.

    La réponse est relativement simple. La décision de corriger cette liste appartient au plus haut niveau de l’état népalais, « le Cabinet », l’équivalent de notre conseil des ministres. Ce qui rend les choses plus complexes et demande forcément beaucoup de temps.

    La perspective de l’événement national « 2020, année du tourisme au Népal » aura-t-elle un effet bénéfique ?


    J’avais également une deuxième requête.Connaitre la procédure pour proposer de nouveaux sommets à ajouter à cette liste.

    Il s’agit de sommets intéressants d’un point de vue alpinistique ou pour le développement économique d’une région comme le massif de Limi ou le Dolpo, mais à Phu également.
    Sa réponse est cohérente et beaucoup plus optimiste !

    « Le Népal étant devenu un état fédéral, c’est donc le niveau local (communauté de communes ou district) qui doit interpeller le niveau ministériel en adressant une demande directement aux services du Ministère du Tourisme. »

    Bien sûr, cela demande forcément de l’énergie, de la persévérance et du temps… Et un peu de soutien en interne pour faire avancer le dossier.

    Ma troisième proposition, beaucoup plus ambitieuse sera pour plus tard, « Tea time is finish… ». Nous en reparlerons bien-sûr.

    Avec Bishal, nous allons nous consacrer à promouvoir l’ouverture de quelques sommets, comme le Nemju dans la vallée de Phu, le Gyaekochen au Dolpo, le Futi Himal au Mustang ou le Nyalu Leck dans la vallée de Limi. Premier rendez-vous, le Chairman de Phu, vice président de « Naar Phu village commity ».
    Du job en perspective, mais pour l’instant place à l’Himlung.


    Je file à l’aéroport avec Dipeen récupérer mes voyageurs de l’altitude…, qui auront au final bien du retard.

    Paulo_Hôtel Mandala Bhoudhanath, 
    le 22 avril 2019

    Les chroniques de l'Himlung
    Notre nouvelle Hôtel à Boudhanath…
    Un peu plus de place pour tous nos bagages, mais sans la terrasse de Padma !

    Voici la première chronique de l’Himlung.

    Les différentes étapes d’une expédition sur un grand sommet.

    Une expédition se pense, se construit, se partage et se prépare très longtemps à l’avance.  
    Parfois plus de deux ans à l’avance…
    Et certaines de ces étapes sont particulièrement importantes.


    Environ deux mois avant le départ, la rencontre des alpinistes lors d’un week end dans les Alpes est capitale. C’est ce qu’à décrit Cécile dans un article pour Montagnes Magazine.


    Puis, me voici à Kathmandu pour la deuxième étape, la validation de l’organisation.

    J’arrive toujours 3 ou 4 jours avant le groupe pour valider la préparation concrète de l’expé et participer au briefing officiel au Ministère du Tourisme. 

    Sur la terrasse de Padma, en face de la coupole blanche du Stupa de Boudhanath, avec mes compagnons népalais il s’agit de vérifier que l’organisation matérielle est conforme à ce que nous avions imaginé ensemble à l’automne passée et à ce que j’ai présenté aux participants durant l’hiver. 

    Il y a Bishal Rai, chef de l’agence Himalayan Travellers, mais aussi sirdar de l’expédition et guide de trek, et Dipeen Bothe, « Nepali Mountain Guide » en charge de toute la partie ascension.

    Pour l’Himlung, cette réunion de travail est relativement simple car c’est une ascension classique que nous connaissons bien. Sauf que beaucoup de choses peuvent changer et, bien penser les aléas possible (probables) permet d’être plus serein.
    Cette expédition 2019 à l’Himlung n’échappe pas à cette règle.

    La nouvelle est tombée il y a 15 jours.

    Impossible de rejoindre le camp de base avec des mules comme cela avait été prévu et budgeté. Il a beaucoup neigé cet hiver au Népal et les sentiers d’accès à Phu ont été endommagé et ne sont pas praticables avec des animaux de bât. 

    Il faut tout transporter à dos d’homme ! 

    Bishal a donc tout organisé avec une contrainte supplémentaire : des charges calibrées absolument à 25 kg pour que les porteurs puissent rajouter leurs affaires pour une charge totale de moins de 30 kg (en sachant qu’il y a des hébergement et de la nourriture partout en chemin).

    Ce qui, à minima, double le budget transport de matériel. Et forcément la question de savoir qui va supporter ce coût se pose immédiatement. 

    Mais pour l’instant place à l’action. 
    Aujourd’hui, à trois jours du départ la situation a aussi radicalement changé ! 

    Purna et Durga, les muletiers de Tal avec qui nous travaillons depuis plus de 10 ans dans la vallée de Phu (mais aussi pour le Manaslu) rentrent d’un repérage jusqu’à Meta. Bonne nouvelle, c’est jouable avec des mules si toute l’équipe népalaise donne un coup de main à deux ou trois endroits encore trop compliqués et si nous acceptons l’éventualité de délais.

    Tout est beaucoup plus simple.

    Il reste à lister le matériel, calculer le nombre de cartouches de gaz et se mettre d’accord sur le fonctionnement et les déplacements de l’équipe des alpinistes népalais. Car en progression continue, c’est une compétence spécifique que peu d’agences maitrisent et c’est aussi un enjeu de formation continue pour nous. C’est surtout le travail de Dipeen, pour gérer son équipe et prévoir la nourriture d’altitude, avec une contrainte importante, qu’il y ait toujours une cordée de Nepali Leader avec nous à chaque camp avec des moyens de communication adéquats.

    Nous avons aussi décidé d’intégrer Kumari dans l’équipe des « Népali Leader » junior (et pas simplement en +). 


    Il y aura donc 7 personnes dans l’équipe des alpinistes népalais, d’ethnies très différentes :

    • 1 « Nepali Mountain Guide », Dipeen Bothe
    • 3 « Népal Leader » sénior , Dhan Magar, Kharma Sherpa, Darche Bothe
    • 3 « Népal Leader » junior , Sonam Sherpa, Anil Rai, Kumari Kulung

    En conclusion, le guide népalais est dégagé de la tache de portage et nous avons réussi à intégrer une femme dans notre équipe népalaise, en respectant aussi le ratio d’un népalais pour 2 occidentaux (le guide français UIAGM est compté dans l’équipe des voyageurs). 

    Les salaires de l’équipe népalaise constituent d’ailleurs la ligne budgétaire la plus importante d’une expédition (ce sera le sujet d’une prochaine chronique), mais cette équipe d’encadrement renforcée est aussi un critère de qualité bien réel.


    En fin de réunion, pour Dipeen, j’ai sorti une paire de Millet SHIVA de mon bagage, un nouveau modèle de chaussure destiné aux ascensions intermédiaires (les 7000). Ce sera un bon test in situ, puisque je vais utiliser le même modèle en altitude.

    Un jour plus tard…
    Il est temps maintenant de rejoindre Bishal à Bhrikuti Mandap, les bureaux du Ministère du Tourisme et de la Mountainering Section.

    Ce sera le sujet de la prochaine chronique… Les coulisses du Ministère.

    Bishal, au bureau de la maison de Kopan, l’office d’Himalayan Travellers

    Paulo, le 20 avril 2019

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